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Posts Tagged ‘échelle’

L’ÉCHELLE D’AMOUR (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



L’ÉCHELLE D’AMOUR
Sérénade.

Sur le balcon où tu te penches
Je veux monter … efforts perdus !
Il est trop haut, et tes mains blanches
N’atteignent pas mes bras tendus.

Pour déjouer ta duègne avare,
Jette un collier, un ruban d’or;
Ou des cordes de ta guitare
Tresse une échelle, … ou bien encor ..

Ote tes fleurs, défais ton peigne,
Penche sur moi tes cheveux longs,
Torrent de jais dont le flot baigne
Ta jambe ronde et tes talons.

Aidé par cette échelle étrange,
Légèrement je gravirai,
Et jusqu’au ciel, sans être un ange,
Dans les parfums je monterai.

(Théophile Gautier)

 

 

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L’ARAIGNÉE (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



L’ARAIGNÉE

Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Toile d’araignée
Émerveillement
Lourde de rosée
Dans le matin blanc !
Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie
Ô maison de fil
Escalier de soie!

Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise

Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)

Illustration

 

 

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Un papillon est un pastel (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



J’admire les papillons frêles
Dans les ronces du vieux castel;
Je ne touche point à leurs ailes.
Un papillon est un pastel.

Je suis un fou qui semble un sage.
J’emplis, assis sans le printemps,
Du grand trouble du paysage
Mes yeux vaguement éclatants.

O belle meunière de Chelles,
Le songeur te guette effaré
Quand tu montes à tes échelles,
Sûre de ton bas bien tiré.

(Victor Hugo)


Illustration

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Quand les vents sont contraires (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019




    
Quand les vents sont contraires,
appuie sur eux ton échelle et grimpe.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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Araignée grise (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)


Illustration

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Il y a une solitude dans la pauvreté (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



Illustration
    
Il y a une solitude dans la pauvreté,
mais une solitude qui rend son prix à chaque chose.

A un certain degré de richesse,
le ciel lui-même et la nuit pleine d’étoiles semblent des biens naturels.

Mais au bas de l’échelle,
le ciel reprend tout son sens: une grâce sans prix.

(Albert Camus)

 

Recueil: L’Envers et l’Endroit
Traduction:
Editions: Folio

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Echelle du sec au fluide (Roxana Páez)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018




    
Echelle du sec au fluide

Les lettres d’encre ne sont pas si différentes
de la fumée que dégage le lit de papier
dans le feu.

Et mon plaisir n’a pas de nom quand les paroles montent
pour se fondre dans la tourmente, au rythme aléatoire
des papillons en guenilles.

***

Escala de lo seco a lo fluido

Las letras de tinta no son muy distintas
del humo que suelta la cama de papel
en el fuego.

Y mi placer no tiene nombre cuando las palabras suben
a fundirse con la tormenta, en un ritmo aleatorio
de mariposas harapientas.

(Roxana Páez)

 

Recueil: Des brindilles à sa flambée
Traduction:
Editions: Reflet de lettres

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QUELQUE CHOSE DU DEDANS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 Alexander Anufriev  (11)

QUELQUE CHOSE DU DEDANS

Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l’âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d’une vie à une autre
passant ?

Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.

Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large si vide ?

Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d’espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu’à la moelle

ceux que nulle main n’a guidés
qui s’épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n’ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures…

Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu’il cesse de s’affoler
pour un souffle d’air
ou d’ange distrait ?

Qui ?

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Alexander Anufriev

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Je marque des points (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

De-Rouille-et-dOs-14042

Je marque des points

Je marque des points
pour le camp des vaincus
ceux qui ont toujours tort
de n’être qu’eux-mêmes
ceux qui rêvent de gloire
dans un hall.
Une bière forte
huit degrés six
sur l’échelle de l’hiver.

(Balbino)

Illustration

 

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Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.
Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.
Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,
puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

***

Amor, ahora nos vamos a la casa
donde la enredadera sube por las escalas :
antes que llegues tú llegó a tu dormitorio
el verano desnudo con pies de madreselva.
Nuestros besos errantes recorrieron el mundo :
Armenia, espesa gota de miel desenterrada,
Ceylán, paloma verde, y el Yang Tsé separando
con antigua paciencia los días de las noches.
Y ahora, bienamada, por el mar crepitante
volvemos como dos aves ciegas al muro,
al nido de la lejana primavera,
porque el amor no puede volar sin detenerse :
al muro o a las piedras del mar van nuestras vidas,
a nuestro territorio regresaron los besos.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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