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Posts Tagged ‘échelle’

Je marque des points (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

De-Rouille-et-dOs-14042

Je marque des points

Je marque des points
pour le camp des vaincus
ceux qui ont toujours tort
de n’être qu’eux-mêmes
ceux qui rêvent de gloire
dans un hall.
Une bière forte
huit degrés six
sur l’échelle de l’hiver.

(Balbino)

Illustration

 

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Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.
Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.
Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,
puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

***

Amor, ahora nos vamos a la casa
donde la enredadera sube por las escalas :
antes que llegues tú llegó a tu dormitorio
el verano desnudo con pies de madreselva.
Nuestros besos errantes recorrieron el mundo :
Armenia, espesa gota de miel desenterrada,
Ceylán, paloma verde, y el Yang Tsé separando
con antigua paciencia los días de las noches.
Y ahora, bienamada, por el mar crepitante
volvemos como dos aves ciegas al muro,
al nido de la lejana primavera,
porque el amor no puede volar sin detenerse :
al muro o a las piedras del mar van nuestras vidas,
a nuestro territorio regresaron los besos.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Trouver des mots (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Louis Aragon
    
Trouver des mots à l’échelle du vent
Trouver des mots qui pratiquent des brèches
Dans le sommeil comme un soleil levant
Des mots qui soient à nos soifs une eau fraîche

Trouver des mots forts comme la folie
Trouver des mots couleur de tous les jours
Trouver des mots que personne n’oublie

(Louis Aragon)

 

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Leucanthemum (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

Leucanthemum

Lorsqu’une caravane de fourmis passe sous les touffes des marguerites,
les architectes s’arrêtent et laissent aller devant eux les ouvriers.
Ils les laissent monter sur des échelles de poils jusqu’à la moulure du calice,
empoigner les pucerons gorgés et les charger comme des sacs de farine sur leur dos.
Parfois, un bourdon s’écrase sur la plate-forme de la fleur
et déverse entre les pétales une tonne de pollen :
les ouvriers reviennent tout jaunes et retrouvent au sol les architectes
qui contemplent encore ces colonnes charnues portant les chapiteaux où s’appuie la voûte des nuages.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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SOIRS (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

SOIRS

La ceinture du soir se noue et se dénoue
Sous les frissons légers et paniques du vent,

La ceinture du soir se noue et se dénoue.

Le vent bleu de ce soir a des ruses d’enfant :
Il m’offre et me reprend l’appui frais de sa joue,

Car il sait les secrets de tes ruses d’enfant.

II

Les filles des faubourgs qui vont à la fontaine
Hument le soir biblique, un soir au goût de miel,

Les filles des faubourgs qui vont à la fontaine.

L’instant est pur comme un verset d’Ézéchiel :
Combien semble la vie une chose lointaine

Par ce soir pur comme un verset d’Ézéchiel !

III

Les sons nus d’une flûte aux jardins de l’été,
Ce soir ont remué l’odeur fraîche des feuilles ;

Les sons nus d’une flûte aux jardins de l’été.

Berger de tes désirs j’irai, si tu m’accueilles,
Gravir l’échelle d’or où l’amour est monté,

Car l’amour est deux fois l’amour quand tu m’accueilles.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

 

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Avec des paroles d’homme (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Avec des paroles d’homme

1

Ô forêt millénaire aux feuilles juvéniles,
Tu chuchotes la nuit de sauvages secrets.
C’est là que sont tapis, dans leurs plaisirs tranquilles,
D’odieux assassins. Et les voilà tout prêts

A tourner… retourner… dans un geste sauvage
Le dard de ton sourire en mon cœur pantelant.
Ailleurs, amours… beautés… offrent une autre image
Et font en fredonnant le berceau de l’enfant.

Ta blondeur est le ciel quand apparaît l’aurore.
Je la poursuis sans trêve en essoufflé dément.
L’homme bouleversé qu’un feu d’amour dévore
Fait des pas d’une lieue et touche au firmament.

Et son désir si vif, incandescente échelle,
Enjambe l’infini. Tel autre n’a pas su
Appliquer son échelle. Il titube, il chancelle.
Il n’atteint pas le ciel. Partout il a couru.

Le bronze de ton sein est une motte ronde.
Sens-tu l’odeur de germe où mainte déité
Veut rêver d’une terre infinie et profonde?
Je désire l’étreindre en sa féminité

Quand le déluge a fui, lorsque son corps immense
Halète… exhale. Et toi, étreins-moi, fais-moi roi!
Dans l’instant, j’étreindrai toute femme, je pense,
Toute fille. Et toutes à la fois. Grâce à toi.

2

Oh! la belle inconnue, authentique maîtresse!
Elle a le corps qui chante. En haut de notre cœur,
Elle trône, elle vit. A ce cœur plein d’ivresse,
Elle nous mène aussi, toute force et douceur.

Afin que nous osions gravir sa raide pente,
Son vaste amour s’étend le long d’un champ profond.
Alors, de temps à autre, une comète ardente
Dans notre âme vient choir, procédant de son front.

Son rire? Un océan, jaillissement limpide.
Et c’est ce triste éclat que… purificateurs,
Affamés, les rires d’autres femmes avides
S’empressent de rejoindre, ineffables fraîcheurs.

Toujours caresseront ses mains douces et pures,
Et de ses tendres yeux des perles jailliront.
De nos sourdes douleurs, éternelles blessures,
Des violes pour nous tout à coup écloront.

(Attila Jozsef)


Illustration: Alexandre Séon

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La poésie (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



Illustration: Roberto Juarroz

    

La poésie ouvre l’échelle du réel (espace, temps, esprit, être, non-être)
et change la vie, le langage, la vision ou l’expérience du monde,
la possibilité de chacun, sa disponibilité créatrice.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Та solitude (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Та solitude est un jardin de ruses et d’archets
Та solitude est un clocher de cendres et d’épées
Та solitude est une natte coupée aux jeunes statues
Та solitude est un oeil volé au cadran des gares
Ta solitude est une bannière de couleuvres et de corbeaux
Ta solitude est un visage d’enfant à tous les volets de l’échelle

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maintenant, mon Amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


 


Hannah Giffard  crowslookingup460

Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.

Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.

Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,

puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Hannah Giffard

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Détachons l’échelle (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




Illustration: Georgia O’Keeffe
    
Détachons l’échelle.
Détachons l’échelle de la poésie.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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