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Poésie

Posts Tagged ‘écho’

Chemin (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Chemin

Je saute dans la barque que m’offrent les mouvements rêveurs de la nostalgie
et je m’en vais vers mon enfance couronnée des gouttes de rosée de l’accueil.
Serait-ce donc une seconde aurore ?
Non.
C’est une veillée funèbre d’automne où un cercueil
— je sais qu’il est fait de souvenirs – me cherche comme une proie.

O forêts vierges de senteurs pures et d’yeux piqués
comme des étendards sur l’arête molle des insouciances,

O Eden où fleurit la neige de nos cris et de nos rires
et qui répètes dans ton soliloque désespéré les échos de noms doux comme des étoiles.

Je vous ai à peine traversés tant mes pieds étaient pleins d’air
et tant je réclamais le bâillon de l’adolescence !

(Lucien Becker)

Illustration: Lisa Lea Bemish

 

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L’HORLOGE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



L’HORLOGE

Au centre d’un pignon dans la cour taciturne,
Un cadran blasonnait la tristesse des murs
Et les Heures tombaient, à coups rythmés et sûrs,
Comme des gouttes d’eau qui tomberaient d’une urne.

Comme des gouttes d’eau, s’égrenant par instant
Sur un homme perdu dans une grotte obscure.
Pleurs du rocher qui font une humide piqûre
Et par une douleur marquent le cours du Temps.

Et toujours et toujours, au printemps, en automne,
A l’heure où tout s’éveille, à l’heure où tout se tait,
On entendait la voix du cadran qui chantait,
Inoubliablement plaintive et monotone.

Les sons tristes, épars, dans le silence noir
Semblaient répercutés au fond de cette cloche :
Appels de cor pleurant au loin sur une roche
Et bruits intermittents des forges dans le soir.

Et toujours et toujours dans la calme demeure
L’horloge diligente éparpillait son chant
Et les aiguilles d’or, se fuyant, se cherchant,
Semblaient s’ouvrir en croix surie tombeau de l’Heure !

Impassible cadran où tout le long du jour
Dans son arène vide allaient tourner nos rêves,
Cependant que la cloche en quelques notes brèves
Parlait de l’heure enfuie aux échos de la cour !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Laetitia Méral

 

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Saisons brouillées (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



 

Max Gasparini - (23)

Saisons brouillées

Quand naissent les fleurs au chant des oiseaux
Ton étrange voix gravement résonne,
Et comme aux échos des forêts d’automne
Un pressentiment court jusqu’en mes os.

Quand l’or des moissons mûrit sous la flamme,
Ton lointain sourire à peine tracé
Me pénètre ainsi qu’un brouillard glacé.
L’hiver boréal envahit mon âme.

Quand saignent au soir les bois dépouillés,
L’odeur de ta main laisse dans la mienne
L’odeur des printemps d’une étoile ancienne,
Et je sombre au fond d’espoirs oubliés.

Es-tu donc un monde au rebours du nôtre
Changeant et mortel, où je vis aussi ?
Soumis à lui seul, insensible ici,
Si je meurs dans l’un, survivrai-je en l’autre ?

Je regarderai dans tes yeux ouverts
Quand viendront le froid, la neige et la pluie.
La perdrai-je encor, mon âme éblouie,
Dans tes yeux brûlants comme les déserts ?

(Léon Dierx)

Illustration: Max Gasparini

 

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Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux (Christian Bachelin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux
D’une alouette sonnant les matines du soir
Simplement d’une abeille cognant sur la vitre
Si déjà la rumeur ne réveille l’écho
D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli
Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère
Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme
Toute ronde vêtue de clarté coutumière
Comme si par le charme ultime d’un regard
L’intemporel devait s’enraciner ici
A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays.

(Christian Bachelin)

Illustration: http://epire.fr/galerie3.html

 

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Visages (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2022




    

visages
visages
visages
tant de rivages
tant d’inconnu

en exil de quelles
histoires sous la peau
à fleur de sang à
fleur de souffle

de quels paysages
de quelles musiques oubliées ?

et sur la courbe
d’une joue s’attarde
l’écho d’une
lointaine enfance

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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BANQUES DU SOUVENIR (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



 

Adrian Borda 5984

BANQUES DU SOUVENIR

Elles reviennent encore
Mains de prèle et de lilas
Au bord de la prime aurore
Hanter les coeurs que voilà

Cécile de jusquiame
Arlette tout en velours
Yvonne profond sésame
Mélangeant la nuit au jour

Douces lèvres qui se fanent
Aux lisières d’autrefois
Comme les fleurs diaphanes
Se fanent au fond des bois

Femmes d’ombre et de rivière
Dont l’onde n’est que baisers
je remonte à la première
Par le fleuve du passé

Maria des anémones
Anne des saules pleureurs
Par delà les gués d’automne
L’amour est l’onde du coeur

Combien de chairs et d’amantes
Chantent l’écho du désir
J’ai mille femmes de rente
Aux banques du souvenir.

(Robert Goffin)

Illustration: Adrian Borda

 

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Non la faute n’est pas tienne (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



Non la faute n’est pas tienne fille aux ors blessés
Ni mienne: que pouvons-nous d’autre que pencher
Notre nuit et le bruissement de nos lèvres
Vers ce lieu sans lueur où douleur et joie
N’ont plus de nom ni d’univers fidèles.
C’est l’écho de nos coeurs qui tonne dans l’attente
Et nos corps sont dans l’air l’éclat des premiers jours.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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Mon cri se heurte à l’écho (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




Mon cri se heurte à l’écho
N’ira-t-il pas plus loin?
Finira-t-il par crever
Les miroirs et les murs?

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

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Dangereusement belle (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




Dangereusement belle
Un arc-en-ciel au bord des cils
Fontaine du regard où boivent les désirs
Boutons ouverts
Tes seins s’épanouissent
Tronc nu comme un arbuste qu’on effeuille
Ecoute l’oiseau du plaisir qui roucoule sur ta gorge
Et fière de ta beauté dont le miroir n’est que l’écho
Tu te mires en toi-même

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Odelette (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Odelette

Si j’ai parlé
De mon amour c’est à l’eau lente
Qui m’écoute quand je me penche
Sur elle ; si j’ai parlé
De mon amour, c’est au vent
Qui rit et chuchote entre les branches ;
Si j’ai parlé de mon amour, c’est à l’oiseau
Qui passe et chante

Avec le vent ;
Si j’ai parlé
C’est à l’écho.

Si j’ai aimé de grand amour,
Triste ou joyeux
Ce sont tes yeux ;
Si j’ai aimé de grand amour,
Ce fut ta bouche grave et douce,
Ce fut ta bouche ;
Si j’ai aimé de grand amour,
Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches:
Et c’est ton ombre que je cherche.

(Henri de Régnier)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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