Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘éclabousser’

Atteindre l’inaccessible étoile (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler, d’une possible fièvre
Partir, où personne ne part
Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile
Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon coeur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux
Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile

(Jacques Brel)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 9 Comments »

Ils se sont assemblés (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



encrier [1280x768]

Ils se sont assemblés
De leurs petites vies qu’entend-on
leurs rires m’éclaboussent
Je passe
des mots poisseux s’attachent
et l’ennui m’asphyxie

On ne peut pas partir
On traîne tant de choses qu’on croit voir derrière soi
l’encrier bâille sur ma table
un bruit seul a glissé
contre le mur des espoirs rampent
Je me pétrifie

Où sauter
une crainte s’évapore
Le silence
puis une lettre s’insinue
Il faudrait arracher des nuages
S’en aller

(Philippe Soupault)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Les bassins aux fleurs de lotus (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



Les bassins aux fleurs de lotus

Tous les jours à la cueillette des lotus –
De l’île longue rentrer souvent le soir.
La rame évite les remous par peur
D’éclabousser le rouge habit des fleurs.

(Wang Wei)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

A la croisée (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

A la croisée

L’humidité se glisse dans la chambre, crispant les épaules
de la belle qui dort sourde à tout appel.
Ainsi se crispe la perdrix quand craquent les branches,
l’ange quand il voit le péché.
A la croisée le coton subtil frémit au rythme alterné des haleines.
L’écume de la soie pâle éclabousse, légère
chaises et miroir, issue vitrée par où les choses
sortent de toute impasse.

(Joseph Brodsky)

Illustration: Zinaida Serebryakova

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tamisées par des vitraux mouvants (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
Tamisées par des vitraux mouvants
sous les croisées d’ogives de la forêt
des gouttes de lumière éclaboussent
un bloc de pierre que du lierre enlace
au pied duquel sous un gazon moussu
piqueté de graciles champignons mauves
un entremêlement de filaments et de racines
tresse le noeud du grand mystère

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Douce symphonie (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle
    
Douce symphonie

Une écharpe d’iris fleurissait à mes yeux,
La beauté éphémère est une jeune nymphe
Éplorée, une fleur, c’est le sang et la lymphe
En exaltation — Un éclat radieux !

Les notes de la vie ont davantage hâlé
Le fil de nos carats, et des flots limpides
Resculptaient ta cambrure et l’été des sylphides
Auréolait ta grâce, un vertige épousé !

Mille pétales d’or éclaboussaient ton âme
Pérenne, une rivière en corps dénudé ! Femme
Vêtue en baiser d’Ô, un art si sensuel.

L’horizon extravague ainsi que mes pensées
Qui soufflent mes élans, des fougues aiguisées
Comme cette orchidée où brille l’arc-en-ciel

(James Denis)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

Recueil: Symphonie amoureuse
Editions: Books on Demand Editions

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Souffle rénové (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



Souffle rénové

bienheureux ceux qui verront Dieu
sur mes lèvres en délire
ce jour je renaîtrai
renversée sur les dalles de la mort

La rosée de l’aube luira sur mon visage
à l’approche du paysage éternel
la brillance de mon regard éclaboussera l’espace
les malaises d’argile s’estomperont
dans le cri ténu de mon dernier soupir
mêlé aux bruits de perles sur la montagne

(Gemma Tremblay)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POÈME (Sándor Bihari)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



paroles-e

POÈME

Dès le premier mot me battre à travers
le jardin et le vent confondus.

Entre notre faire éclaboussé de mort et de traîtrises,
entre nos âges, nos visages.

Pas à pas sur mes nerfs — comme, sur le cerveau,
l’écho de la peur qui résonne.
Allant à l’aube d’une unique parole habitable.

(Sándor Bihari)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Puis la nuit brusquement retire son échelle (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



 

Puis la nuit brusquement
retire son échelle
et comme s’il tombait de plus haut
le mot amour dans les vitrines
éclabousse comme du sang
le visage du matin
La nuit en province tombe dans les yeux bien avant l’âge
comme si la musique bleue autour du temps
devenait plus insupportable à cause de l’aventure
des branches des oiseaux saouls de vertige
– et leurs voiles tissés d’attentes de regrets
les veuves en garnissent le front ridé des fenêtres
dont les plis se resserrent encore au passage des filles peintes: trame
d’une vie jetée comme la nuit
dans un bas sans couture.

(Guy Goffette)

Illustration: C Robert Follett

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Toi rien que toi (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016


Toi rien que toi
Fermant tous mes chemins et scellant ma mémoire

Toi rien que toi
Et les yeux suppliants que tu as dans l’amour
Toi rien que toi
A m’attendre partout
A briser avant moi le pain dur de ma vie

Toi rien que toi
Je n’ai plus de maison
Je n’ai plus de sommeil
Je n’ai plus de raison

Toi rien que toi
Salive amère

Toi rien que toi
Mon remords et ma joie.

*

Je t’ai peu à peu dévêtue
De cette peau de rêves
De ces baisers cousus
Et soudain nue tu m’apparus
Plus rien de moi n’était à toi
Et tu t’enfonçais loin de moi
Mais ce que j’avais su te reprendre
Et qui peut-être était le meilleur de moi-même
Me collait aux doigts comme un fard
Dont je ne savais que faire
Tourné vers les beaux seins que j’aime.

*

J’ai beau faire tu es en moi
Battante
Comme un autre coeur que j’aurais
J’ai beau faire tu viens tu vas
Dans les couloirs feutrés où mon sang parle bas
J’ai beau faire je te sens là
Toujours
Caillot qui rôde
A la recherche du jour
Et mes mains malgré moi me prennent à la gorge
Pour te saisir et pour te tordre
Pour t’arracher de moi comme un clou comme un cri
Pavot éclaboussant les murs blancs de ma vie.

(Jean Rousselot)

Illustration: Ikenaga Yasunari

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :