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Posts Tagged ‘éclair’

La stratégie de l’extase (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Nathalie Mounier
    
La stratégie de l’extase

Esprit, fais-toi mer pour franchir la mer, nature pour surmonter la nature,
Mortel et agonisant pour devancer la mort et l’agonie.
Embrasse le monde afin de traverser le monde, d’absorber en toi tout l’espace et son temps !
Ton cœur fait monde, esprit, sans rien en retenir,
Par la grâce du saut léger te voilà sauvé de toi-même.
Mais le don ne s’achève qu’en te livrant à ce monde triste avec joie,
En t’y abandonnant dès aujourd’hui au risque de ta perte totale.
Au cœur de l’orage il y aura peut être un instant de rencontre:
Un seul éclair suffit, avant la dispersion mortelle dans la nuit.

(Claude Vigée)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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CAIRNS (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
CAIRNS

À la croisée des vents,
il convient d’édifier pierre à pierre
son havre et sa maison de certitude.

Cairns : bouées de pierre
disposées tout au long des chemins d’éclairs et d’orages
pour orienter et pour aider les naufragés de l’altitude.

Une à une, sur le socle nu des saisons,
ces pierres déposées, distillées par le ciel,
comme les stalactites de l’azur.

Je suis seuil et je suis chemin.
Je suis pierre qui dit l’horizon.
Je suis l’enclos des pas nomades.

Je suis paume
où se lisent les lignes
de l’ailleurs.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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YGGDRASIL (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



    
YGGDRASIL*

Je suis né d’un songe de la terre
rêvant qu’elle s’unissait au ciel.

J’ai grandi dans l’ombre inquiète de racines
toujours assoiffées d’obscur.

Et j’ai fleuri dans l’allégresse de la sève
et l’offertoire des frondaisons.

Je suis l’axe du monde,
vivant défi des temps carbonifères.

L’alliance de l’ombre et de l’éclair,
le tremplin des orages,

l’esprit des sources
et des souffles.

Je suis le sommeil et l’éveil,
le silence et la symphonie.
Je suis l’oratoire des astres,
et mes feuillages s’impatientent
des apocalypses à venir.

J’abrite en mes branches
l’aspic et l’alouette,
l’ogre et l’océanide,
le singe et la sylphide,
le ver et la vestale.

J’abrite l’hier des fauves,
les présent des oiseaux
et le demain des hommes.

J’abrite le nid des anges
et les couvées du ciel.

Je suis l’axe du monde.

        
*Yggdrasil est le nom donné par les anciens Germains
au Frêne cosmique qui reliait le ciel et la terre.
Il abritait en ses racines les divinités du destin,
en ses branches toute l’humanité
et en son sommeil le palais des dieux.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Qui voit l’éclair (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Qui voit l’éclair voit l’instant
de son plus grand désir
l’écroulement du ciel qui le nie

(Jean Joubert)

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Près du rail (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    

Près du rail, où souvent passe comme un éclair
Le convoi furieux et son cheval de fer,
Tranquille, l’aiguilleur vit dans sa maisonnette.
Par la fenêtre, on voit l’intérieur honnête,
Tel que le voyageur fiévreux doit l’envier.
C’est la femme parfois qui se tient au levier,
Portant sur un seul bras son enfant qui l’embrasse.
Jetant un sifflement atroce, le train passe
Devant l’humble logis qui tressaille au fracas.
Et le petit enfant ne se dérange pas.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Instants inoubliables (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



instants inoubliables
que ceux où un oeil
plonge en lui-même
rejette ses brumes
saisit en un éclair
la totalité
de ce qu’il est

(Charles Juliet)

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Nous reverrons-nous un jour ? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


Accorde-nous de boire l’eau céleste
Aussi pure que les perles de crapaud
sous l’éclair de la lune

De surgir une fois encore du sol
Des chairs meurtries au gré de la tige
du bambou réduite aux os

De ne pas oublier le cou du cygne
Plus tendre qu’un rêve de paradis
au cœur de la foule en perdition

De perpétuer les mots non dits à jamais
Lèvres d’iris effleurées par la brise
émanant du volcan d’origine

« Nous reverrons-nous un jour ? » « Mais… »

(François Cheng)

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Le lézard (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Le lézard, s’il s’élance
sous la grande ardeur
d’entre les chaumes —

la voile, quand elle gonfle
et s’abîme au saut
du rocher —

le canon de midi
plus ténu que ton coeur
et le chronomètre s’il
se déclenche sans bruit —

alors? Lueur d’éclair

vainement vous transmue en chose
riche et singulière. Tout autre était ta marque.

***

Il ramarro, se scocca
sotto la grande fersa
dalle stoppie –

la vela, quando fiotta
e s’inabissa al salto
della rocca –

i1 cannone di mezzodi
più fioco del tuo cuore
e il cronometro se
scatta senza rumore –

e poi? Luce di lampo
invano puô mutarvi in alcunché
di ricco e strano. Altro era il tuo stampo.

(Eugenio Montale)

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Si un jour tes faims n’ont plus de mots (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Si un jour

tes faims n’ont plus de mots
campe dans la stupeur
de l’éclair

(Bernard Montini)

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