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Poésie

Posts Tagged ‘éclair’

Retouche à la beauté (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

retouche à la beauté

l’arrêt
sous un diadème d’éclairs surpris

(Daniel Boulanger)

 

 

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LA ROSE DES MERS (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Christian Broutin 264

LA ROSE DES MERS

Pour avoir déchiffré les signes que l’orage
Suspendait à ces branches folles de l’éclair,
Nous devons arracher nos corps à cette chair
Et la jeter, muette, aux remous du naufrage.

Dans l’exil absolu de ce double rivage
Qui fige entre nous deux et la vague et la mer,
Notre île a dispersé sa forme, et son désert
N’est plus que flamme éteinte et long souffle sans âge.

Cieux promis à l’amour, frères d’une contrée
Tremblante au fond des yeux qui l’avaient ignorée,
Surprendrez-vous ici l’irréelle parole

Qui révèle aux vivants la sentence des morts ?
Elle tourne, silence, autour de ta corolle
Et cherche avec ta bouche un baiser sans remords.

(Louis Emié)

Illustration: Christian Broutin

 

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Sanguine (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017


princesse

La fermeture éclair a glissé sur tes reins
Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
Au beau milieu de l’ombre
A éclaté soudain
Et ta robe en tombant sur le parqué ciré
N’a pas fait plus de bruit
Qu’une écorce d’orange tombant sur un tapis
Mais sous nos pieds
Ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
Sanguine
Joli fruit
La pointe de ton sein
A tracé une nouvelle ligne de chance
Dans le creux de ma main
Sanguine
Joli fruit
Soleil de nuit

(Jacques Prévert)

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La plus haute pensée humaine (Jean-Paul Richter)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017




La plus haute pensée humaine

Nous sommes à genoux ici, sur cette petite terre, devant l’Immensité,
devant le monde incommensurable qui est au- dessus de nous,
devant le cercle lumineux de l’Espace.

Élève ton esprit, et pense ce que je vois.

Tu entends le vent d’orage qui chasse les nuages autour de la terre

Mais tu n’entends pas le vent d’orage qui chasse les terres autour du soleil,
ni le plus grand qui souffle derrière les soleils, et les mène autour
d’un Tout caché qui gît dans l’abîme avec des flammes solaires.

Quitte la terre, monte dans l’éther vide: plane alors, et vois la terre
devenir une montagne flottante, et joue autour du soleil avec
six autres poussières de soleil;

Des montagnes voyageuses, que suivent des collines, passent devant toi,
et montent et descendent devant la lumière solaire.

Puis regarde, tout autour de toi, la voûte sphérique, parcourue d’éclairs,
lointaine, faite de soleils cristallisés, à travers les fentes de laquelle la nuit infinie regarde,
et dans la nuit est suspendue la voûte étincelante.

Tu peux voler durant des siècles sans atteindre le dernier soleil
et parvenir, au- delà, à la grande nuit.

Tu fermes les yeux, et te lances en pensée par- delà l’abîme
et par delà tout ce qui est visible

Et, lorsque tu les rouvres, de nouveaux torrents, dont les vagues lumineuses sont des soleils,
dont les gouttes sombres sont des terres, t’environnent, montent et descendent,
et de nouvelles séries de soleils sont face à face, à l’orient et à l’occident,
et la roue de feu d’une nouvelle Voie Lactée tourne dans le fleuve du Temps.

(Jean-Paul Richter)

 

 

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DANS UN LENT IMPARFAIT (Sándor Csoóri)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



DANS UN LENT IMPARFAIT

Lentement, afin que rien ne casse,
lentement, afin que rien ne passe,
lentement, afin que le coeur s’use debout.

En rampant vaguement, comme un roi-des-chenilles vert,
comme la vermine des charrettes à bras
à travers le temps calciné ; —
la jambe appartient dès lors à l’anéantissement
et déjà la main elle aussi se dessèche.

Lentement, tout comme en l’homme disparaît l’oiseau,
la ville dans les villes,
mon corps dans le corps du monde ; —
dans un lent imparfait,
devant un éclair de magnésium qui tarde.

(Sándor Csoóri)

Illustration: Chloe Yzoard

 

 

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A une passante (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

(Baudelaire)


Illustration: Miriam Naïli

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Marine (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



L’Océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.

(Verlaine)

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A CORPS PERDU (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



A CORPS PERDU

Hurrah! Que notre nuit toujours recommencée
Soit comme une bataille aux aveuglants éclairs
Qui fasse évanouir le jour dans mes yeux clairs!
Et tant mieux si ma mort doit en être avancée !

Redouble de caresse et de rage insensée,
Jusqu’à vider mes os, jusqu’à rompre mes nerfs !
Dans des spasmes pareils au rut fauve des cerfs,
Fais saigner largement mon corps et ma pensée !

Tu peux m’ouvrir le ventre et me casser les reins.
Frappe! Je ne crains pas la mort. Ce que je crains,
C’est que ta soif d’aimer ne soit pas assouvie ;

Et je veux t’enivrer sans fin, jusqu’au moment
Où, les yeux effarés, tu briseras ma vie
Comme un ouvrier soûl brise son instrument,

(Jean Richepin)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

 

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En cette nuit d’angoisse et de suées, j’attends la mort (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



En cette nuit d’angoisse et de suées,
j’attends la mort, je n’ai pas peur, j’attends

Que mon âme se déchire sous les assauts du vent soufflant sur ma vie,
Ma respiration devient le sifflement ténu d’une forge rauque,
En cette nuit je vois la mort distinctement se profiler entre ténèbres et lumière,
Or je revois toute ma vie, ma pauvre vie, en un éclair,
Se débattant dans le tournoiement de mon corps qui poursuit sa lutte d’avance perdue,
En cette nuit quelques prières m’accompagnent comme des lambeaux d’espérances lancées aux spectres qui me cernent,
Et les amis ne sont pas là pour me tenir la main et me réconforter,

je suis seul, tout seul face à la mort,
Je l’attends, je n’ai pas peur, j’attends,

En cette nuit j’attends que me vienne Joëlle, ma fiancée de l’ancien temps, celle que j’aime encore aujourd’hui,
Je sens ses cheveux blonds s’incliner sur ma joue, ses yeux verts sont grands ouverts,
Alors et seulement alors je peux partir et m’éloigner du monde,
En cette nuit soudainement illuminée d’amour.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Ô ange de lumière (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Ô ange de lumière à l’irrêvée splendeur,fascinante beauté aux formes ravissantes,
admirable joyau de la création, étoile irradiée des érotiques feux,
diamant d’univers étincelant de grâce, très élégante femme aux généreux appâts,
non je ne trouve pas les mots qui conviendraient à définir ton charme ensorcelant d’amour,
ma lyre se taira pour mieux mettre en valeur les éclairs fulgurants de tes yeux envoûtants,
les accents de ta voix aux tendres inflexions et l’éclat de ton corps aux harmonies divines.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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