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Poésie

Posts Tagged ‘éclair’

Il faut si peu de choses (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



    

Il faut si peu de choses
pour qu’il y ait un signe :

éclair de soleil,
échappée de vent,
frisson d’herbe sur un tertre.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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La route communale (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021



La route communale

Le vieux cantonnier sur le bord de la route
Dont la moustache est grise
Et qui sait tant de choses
Il coupe son lard sur son pouce
Et mâche lentement son pain
En regardant rêveusement devant lui
Là-bas très loin la forêt
semble une bête qui dort
Et il vient dans le brouillard de l’été
Des visions qui ne sont pas
Tout à fait irréelles
Le vieux cantonnier referme son couteau
Dont la lame luit un moment
Et cela fait un bref éclair
Oui dure plus longtemps que son geste
Des oiseaux noirs s’envolent pesamment

(Robert Momeux)

Illustration: Paul Gavarni

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LA DIVINE COMÉDIE (extrait) (Dante Alighieri)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021




    
LA DIVINE COMÉDIE (extrait)

[…]
Le cercle qui en toi semblait conçu
Comme se réfléchit une lumière,
Mes yeux l’ayant contemplé un instant,
En son milieu, et de sa couleur même
M’apparut alors peint de notre image,
Et mon regard s’y plongea tout entier.
Et tel le géomètre qui s’attache
À mesurer le cercle, et cherche en vain
Dans sa pensée le principe qui manque,
Tel étais-je à la vision nouvelle :
Je voulais voir comment l’image au cercle
Se conjoignait et venait s’y inscrire,
Mais aussi haut ne volaient point mes ailes;
Quand mon esprit fut soudain foudroyé
Par un éclair qui combla mon attente.
Lors défaillit ma haute fantaisie,
Mais déjà entraînait mon vouloir, comme roue
Tournant d’un mouvement égal, l’amour
Qui mène le soleil et les autres étoiles.

La Divine Comédie,
Le Paradis, chant XXXIII. Trad. : Éditions Gallimard, 1999.

***

LA DIVINA COMMEDIA

[…]

Quella circulazion che si concetta
Pareva in te corne lume reflesso,
Da li occhi miei alquanto circunspetta,
Dentro da sé, del suo colore stesso,
Mi parve pinta de la nostra effige:
Per che’l mio viso in lei tutto era messo.
Qual è’ 1 geomètra che tutto s’ affige
Per misurar lo cerchio, e non ritrova,
Pensando, quel principio ond’ elli indige,
Tal era io a quella vista nova:
Veder voleva corne si convenne
L’imago al cerchio e corne vi s’indova;
Ma non eran da ciô le proprie penne:
Se non che la mia mente fu percossa
Da un fulgore in che sua voglia venne.
A l’alta fantasia qui mance, possa;
Ma già volgeva il mio disio e’l velle,
Si corne rota ch’igualmente è mossa,
L’amor che move il sole e l’ altre stelle.

(Dante Alighieri)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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L’ENGORGEMENT (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



L’ENGORGEMENT

L’engorgement de l’ombre
Ensable ton visage

Distance anéantie
La mer s’est retirée
Du pays que tu cherches
Plus bas que terre

Mais au fond de ce puits
D’où rien ne sort
La fleur des nerfs s’épanouit
Et ta chair qui se tend
Assemble éclair et foudre

Sur ta bouche j’épie
Leur long piétinement
Et ta voix se disjoint
Interrogeant la cendre

(Jean-Louis Depierris)

 

 

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LA DISTRIBUTION (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2021



Illustration: Nikiforos Vrettakos

    

LA DISTRIBUTION

Il est peu probable que l’on me demande
ce que j’ai fait de mon âme. Je dois
cependant une réponse avant de clore ce monologue
en vers.

Eh bien
mon âme, je l’ai découpée avec un ciseau douloureux en mille
petites feuilles, en mille petits bouts de papier, en mille éclairs
et la distribue aux passants.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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La stratégie de l’extase (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Nathalie Mounier
    
La stratégie de l’extase

Esprit, fais-toi mer pour franchir la mer, nature pour surmonter la nature,
Mortel et agonisant pour devancer la mort et l’agonie.
Embrasse le monde afin de traverser le monde, d’absorber en toi tout l’espace et son temps !
Ton cœur fait monde, esprit, sans rien en retenir,
Par la grâce du saut léger te voilà sauvé de toi-même.
Mais le don ne s’achève qu’en te livrant à ce monde triste avec joie,
En t’y abandonnant dès aujourd’hui au risque de ta perte totale.
Au cœur de l’orage il y aura peut être un instant de rencontre:
Un seul éclair suffit, avant la dispersion mortelle dans la nuit.

(Claude Vigée)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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CAIRNS (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
CAIRNS

À la croisée des vents,
il convient d’édifier pierre à pierre
son havre et sa maison de certitude.

Cairns : bouées de pierre
disposées tout au long des chemins d’éclairs et d’orages
pour orienter et pour aider les naufragés de l’altitude.

Une à une, sur le socle nu des saisons,
ces pierres déposées, distillées par le ciel,
comme les stalactites de l’azur.

Je suis seuil et je suis chemin.
Je suis pierre qui dit l’horizon.
Je suis l’enclos des pas nomades.

Je suis paume
où se lisent les lignes
de l’ailleurs.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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YGGDRASIL (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



    
YGGDRASIL*

Je suis né d’un songe de la terre
rêvant qu’elle s’unissait au ciel.

J’ai grandi dans l’ombre inquiète de racines
toujours assoiffées d’obscur.

Et j’ai fleuri dans l’allégresse de la sève
et l’offertoire des frondaisons.

Je suis l’axe du monde,
vivant défi des temps carbonifères.

L’alliance de l’ombre et de l’éclair,
le tremplin des orages,

l’esprit des sources
et des souffles.

Je suis le sommeil et l’éveil,
le silence et la symphonie.
Je suis l’oratoire des astres,
et mes feuillages s’impatientent
des apocalypses à venir.

J’abrite en mes branches
l’aspic et l’alouette,
l’ogre et l’océanide,
le singe et la sylphide,
le ver et la vestale.

J’abrite l’hier des fauves,
les présent des oiseaux
et le demain des hommes.

J’abrite le nid des anges
et les couvées du ciel.

Je suis l’axe du monde.

        
*Yggdrasil est le nom donné par les anciens Germains
au Frêne cosmique qui reliait le ciel et la terre.
Il abritait en ses racines les divinités du destin,
en ses branches toute l’humanité
et en son sommeil le palais des dieux.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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