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LA FORME DES ÉCLAIRS (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

LA FORME DES ÉCLAIRS

Les éclairs n’ont pas de forme définie,
les éclairs fabriquent leur propre forme.

Les éclairs durent ce que peuvent durer
des yeux noyés dans l’eau d’un verre.

Les éclairs de tes yeux sont ceux que je préfère,
quand tu n’es pas présente et que tu feins d’être avec moi.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Vision et prière (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



 

Qui es-tu , toi
Qui nais dans
La chambre à côté
Si fort près de la mienne
Que je peux entendre la matrice
S’ouvrir et l’obscur soudain courir
Au-dessus du fantôme et de l’enfant délivré
Derrière le mur aussi fin qu’un os de roitelet?
Dans la chambre natale inconnue au feu
Et au voeu du Temps l’empreinte
Du coeur de l’homme ne
Répand nul baptême
L’obscur seul
Bénit le très
Sauvage
Fils.

Je dois reposer
Comme pierre
Contre le mur en os
De roitelet, écoutant le
Gémissement de la mère cachée
Et la tête d’ombre de la douleur
Projetant le futur comme une épine
Et les sages-femmes du miracle chantent
Jusqu’à ce que le turbulent nouveau-né
Me brûle de son nom et de sa flamme
Et que le mur ailé se déchire
Sous sa couronne torride et
Rejette l’obscur d’un
Coup de reins à
La lumière
Vive.

Quand
L’os d’oiseau
Se tordra et se
Brisera et quand la
Première aube en un flot
De colère essaimera les parages
De l’éternité de l’enfant qui éblouit
Le paradis et de la mère virginale
Eclaboussée qui le porta, avec un feu
De joie dans la bouche et sut le bercer
Comme une tempête, je fuirai à perte
De souffle en terreur soudaine et
En lumière de la chambre
Décapuchonnée hurlant
En vain dans le
Chaudron
De son
Baiser.

En
La vrille
Du soleil dans
Le cyclone écumant
De son aile, oui, j’étais
Perdu, oui, moi qui crie
Contre le trône détrempé de
L’homme dans sa fureur native
De ses flots et des éclairs de l’adoration
Dos tournée contre le noir silence mêlé
Des larmes, oui, j’étais perdu, moi
Qui parviens abasourdi
Au paradis et à son
Découvreur et le haut
Midi de sa blessure
Aveugle mon
Cri.


Couché sur l’autel
De sa poitrine
Flamboyante je m’éveillerai
Au Jugement divin des fonds sans
Cage de la mer au nuage montant de
La tombe qui s’exhale à la poussière
Qui s’élève et salue chaque grain
De sa flamme. Ô spirale de
L’ascension de l’urne-
Vautour du matin de
L’homme quand
La terre
Et

La
Mer
Génésique ont
Loué le soleil lui, le
Découvreur le juste
Adam nouveau-né chanta
L’origine elle-même! Oui, les
Enfants ont des ailes! Ô l’envol vers
La blessure des anciens enfants égarés
Dans les canyons de l’oubli! La foulée
Stellaire de ceux qui furent tués
Dans les batailles! Les saints
Nés de leurs propres
Visions! La maison où
Habite le monde!
La peine souffre
Ouverte et je
Meurs.

[…]

Le voeu et le feu de la prière me brûlent
Dans une soudaine bénédiction du soleil.
Au nom des damnés, je reviendrai
Et pourrai courir vers
La terre cachée mais le
Soleil, si fort,
Baptise le
Ciel. Je
Me
Trouve.
Ô laissez-le
M’ébouillanter,
Me noyer dans sa
Blessure-au-monde. Son
Eclair est une réponse à mon cri.
Ma voix brûle dans sa main.
Désormais je suis un égaré car il m’éblouit
Aussi. Le soleil rugit à la fin de ma prière.
(Dylan Thomas)

 

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« Pourquoi je Vous aime » (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017


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« Pourquoi je Vous aime », Monsieur?
Parce que –
Le Vent n’exige pas de réponse
De l’Herbe – Aussi lorsqu’Il passe
Ne peut-Elle rester en place.

Parce qu’Il sait – et
Pas Vous?
Et que Nous ne savons pas –
Nous suffit la Sagesse
Qu’il en soit ainsi –

L’Eclair – n’a jamais demandé à l’Oeil
Pourquoi il se clôt – en Sa Présence –
Parce qu’Il sait que l’Oeil ne peut parler –
Et qu’il est des raisons –
Hors Langage –
Que préfèrent les Gens plus Délicats –

Le Soleil levant – Monsieur – s’impose à Moi –
Parce qu’Il est le Soleil levant – et que je vois –
Voilà – pourquoi
Je T’Aime

(Emily Dickinson)

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Aujourd’hui (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



 

Aujourd’hui, je suis parvenu, d’un coup,
à une sensation absurde et juste :
j’ai pris conscience, en un éclair,
que je n’étais personne.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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Le bonheur (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

Le bonheur

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

(Jean Villard–Gilles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

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La foudre et le coeur (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017


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Mon coeur est à celui dont le coeur est à Dieu:
je ne peux pas aimer quelqu’un d’autre que Dieu.
Mon coeur a chancelé quand j’ai vu ton regard,
la terrible douceur qui vient de ton regard.
La foudre soulignait ce que disait le ciel:
le dieu dans la beauté nous parle un peu plus fort.
La beauté durcissait le feu de ton regard,
la foudre soutenait à peine ton regard,
la beauté reculait devant la vérité.
La foudre répétait sa menace admirable:
le tonnerre éclatait au centre de mon âme,
l’orage me jurait que tu étais vivant.
Mon âme a relevé le défi des étoiles:
le tonnerre a fini par entendre ma voix,
et mon amour profond comme le désespoir.
J’ai voulu que mon coeur devienne la beauté,
mon coeur est devenu l’éclair que je voyais.

(Lydie Dattas)

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Amour Noir (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017




Amour Noir

Je te préfère au bonheur
comme je préfère
le rouge au rose
les impasses aux ruelles
et le tango à la farandole.

Je te préfère à l’espoir
comme je préfère
l’éclair à l’arc-en-ciel,
le pavot à la marguerite,
et le bâton à la carotte.

Je te préfère à la raison
comme je préfère
l’adolescence à l’enfance,
Tantale à Sisyphe,
et le désespoir à la résignation.

Je te préfère à la vie
comme je préfère
le noir au gris,
la douleur à l’errance,
et les vacheries aux singeries.

(Marie-Anne Bruch)

son site laboucheaoreilles ici

Illustration: Alexandre Cabanel

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Les jours tombent du ciel (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Les jours tombent du ciel goutte à goutte et aucune lueur ne dévore mon front du rêve qu’on voit, au tournant de la route avec mille bulles d’or danser en rond.

Les jours se sont assis au creux de leurs fauteuils et, en riant, cassent leurs doigts secs, près du feu.

Et mon âme lourde s’affaisse sur mon œil gémit, dehors, au froid, sur l’épine d’un aveu, les étoiles si douces ont la fuite des passantes qu’on charge d’un poids trop
lourd d’amour.

Mes efforts s’abattent à gravir leurs sentes d’éclairs et je suis comme une eau qui court étreindre une herbe marchant sur son désir.

Les cieux sont tombés sur moi comme de grands oiseaux et les catafalques creusent leurs pleurs de cire.

Et pourtant une main illumine, là-haut, le ciel et sur sa peau fine coule un sourire qui désarme le bras glacé du désespoir.

(Lucien Becker)

Illustration: Oleg Korolev

 

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QUESTIONNEMENT (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



 Illustration: Pierre Bonnard

    

QUESTIONNEMENT

Comment est le corps?
Comment est le corps de la femme?
Où commence-t-il: ici, par terre
ou dans la chevelure, d’où il descend?

Comment est la jambe qui monte,
et qui va montant jusqu’où?
En l’apercevant dans un éclair,
ça fait mal dans la poitrine,
la terre tremble.

On dit que dans la femme
il est des endroits splendide
et que jamais ils ne se révèlent.
Des moelleurs girondes.

Comment font-elles quand elles sont nues,
dans la baignoire, en se lavant
pour ne pas se voir nues nues nues ?

Pourquoi dans la robe beaucoup d’autres robes
et des blancheurs et du linge empesé, jusqu’où ?
Quand est-ce que sans vêtement
elle est elle-même, seulement femme ?

Et comment fait-elle quand fait-elle
pour autant qu’elle fasse
ce que nous faisons tous malproprement?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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L’AMOUR ET SON TEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017




    
L’AMOUR ET SON TEMPS

L’amour est privilège de gens mûrs
étendus sur le plus étroit des lits,
qui se change en couche ample et verdoyante
frôlant le ciel du corps en chaque pore.

C’est cela, l’amour: le gain non prévu,
la prime souterraine et coruscante,
lecture d’un éclair énigmatique,
décodage après quoi plus rien n’existe

valant la peine et le prix du terrestre,
fors la minute dorée de la montre
minuscule vibrant au crépuscule.

L’amour est ce qui s’apprend en limite,
une fois archivé tout le savoir
hérité, reçu. L’amour tard commence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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