Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘éclair’

AUTRE CHÂTEAU (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




AUTRE CHÂTEAU

Je ne suis pas, je ne suis pas de braise ardente,
je suis fait de linge et de rhumatismes,
de papiers déchirés, de rendez-vous manqués,
de modestes signes rupestres
sur ce qui fut pierres d’orgueil.

Que reste-t-il du château de la pluie,
de cette adolescence avec ses tristes rêves,
de cette intention entrouverte
d’être aile déployée, d’être un aigle en plein ciel,
une flamme héraldique?

Je ne suis pas, je ne suis pas l’éclair de feu
bleu, planté comme un javelot,
dans le coeur de quiconque échappe à l’amertume.

La vie n’est pas la pointe d’un couteau
ni le heurt d’une étoile,
elle est vieillissement dans une garde-robe,
soulier mille fois répété,
médaille qui se rouille
dans les ténèbres d’un écrin.

Je ne demande ni rose nouvelle ni douleurs,
ni indifférence, elle me consume,
chaque signe a été écrit,
le sel avec le vent effacent l’écriture
et l’âme est maintenant un tambour muet
au bord d’un fleuve, de ce fleuve
qui continuera de couler où il coulait.

(Pablo Neruda)

Illustration: Vincent Van Gogh

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le désir transparent (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
Le désir transparent que tout arrive dans l’éclair ;
la peur que les jambes cassent ;
l’idée d’une certaine perfection, même imparfaite, telle turquoise ;
la profondeur, toujours :
le ciel.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le bonheur (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



    

Le bonheur

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

(Jean Villard–Gilles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Telle que Viviane (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Telle que Viviane

LE blond zodiaque détruit
Ses énigmatiques algèbres,
Et les cygnes noirs de la nuit
Glissent sur un lac de ténèbres.

Tu me tends, d’un geste onduleux,
Tes mains où le lotus se fane.
A travers les feuillages bleus
Tu Souris, comme Viviane.

Je retrouve les chers poisons
Sous la langueur de ta parole,
Et les anciennes trahisons
Te nimbent, comme une auréole.

L’éclair des astres vient dorer
Le gris pervers de ta prunelle.
Ah ! comment ne point t’adorer
D’être perfide et d’être belle ?

(Renée Vivien)

Illustration: Gaston Bussière

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire (Pentti Vihtori Holappa)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire,
à cet éclair fulgurant où la perfection se matérialise,
où l’ère glaciaire abat son poing sur l’hémisphère.
J’écris l’apocalypse et je la vois se réaliser.
Dans ma poitrine, à l’endroit du cœur, quelque chose
bouge pourtant comme un colibri énervant ses ailes.
Je le nomme amitié, je l’appelle amour.
Il guette une branche où s’envoler.

(Pentti Vihtori Holappa)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

VIDONS NOS VERRES (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



trinquer

VIDONS NOS VERRES

Buvons ce soir tout notre soûl
Oublions demain devant la coupe
J’apprécie votre accueil si hospitalier
le gobelet rempli de votre amitié

Attention à ce que la nuit printanière soit courte
Les verres ne sont jamais trop pleins
Trinquons une fois encore
A notre vie qui passe comme l’éclair

(Wei Zhuang)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA JACTATION DE DIOGÈNE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
LA JACTATION DE DIOGÈNE

sous la pluie
Diogène le Cynique
finissait par perdre son assurance
non parce que le soleil
tel un prince déchu
tremblait de peur et se cachait
ni parce que les éclairs de sa tristesse
ne surprenaient
plus personne
mais parce que comme son tonneau
il restait enlisé lui aussi dans la boue
et dans la réplique toute faite
que même dans son sommeil
le lit continuait
à tourner sans repos
et qu’il ne cessait jamais
de bercer sa vie
à la mort

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Prisonnier de moi-même (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Prisonnier de moi-même
Entre ces murs de chair
Où la douleur promène
Ses couteaux, ses éclairs,
Prisonnier de tant d’ombres
Qui ne me font des signes
Que pour mieux me trahir,
Prisonnier dont la force
S’use cruellement
Aux grilles qu’elle plante,
Il serait vain d’attendre
De moi le mot de passe
Ou la lampe qui luit,
Poussée la porte basse,
O mes lointains amis,
Vous que j’ai tant aimés
Pour ces chants, cet été,
Ces routes de lumière
Dans mon sang répandus
Et ce pain partagé
Quand je n’en avais plus.

Cette grande distance
Entre nous maintenant,
Ah ! qu’elle ne s’étende
A perte d’horizons,
A perte d’espérance
Et que faible et sans joie,
Pour vous du moins, ma voix
Demeure d’un vivant.

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Salvador Dali

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme-chêne (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
L’homme-chêne

Le temps pourtant était innocent
des blessures infligées au corps
battu de tempêtes et battant;
il connaît l’issue du combat

et l’embellie qui succède au gris.
Lui connaît la pluie, le noir,
l’éclair qu’appelle déjà la nuit.
Tapis dans la symbolique de sa mort
l’homme encore tentait sa vie

pour la clarté du jour et le brin
de lumière qu’allumait l’arbre rouge.
L’homme-chêne attaché au piquet
et que déracinerait le ciel.
Il lui resterait une phrase,
un mot à trouver

avant de se taire, il le dirait.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’âne (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Edvard Munch
    
L’âne

Je marche sous le ciel de long en large
en prisonnier. L’aujourd’hui me visite
puis il s’en va pas à pas comme un âne
rue du néant.

Soleil du soir, derniers éclairs au loin,
les cheminées des toits, l’arbre et ses branches.
Si tu n’es pas là, à quoi la vie sert-elle ?
Mais ton amour, si loin soit-il.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :