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Poésie

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LA CITÉ ENDORMIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



LA CITÉ ENDORMIE

Avant le lever de rideau
Et l’éclairage de l’aube
Absence du machiniste
Dans la Cité endormie

La voûte noire enserre
Des gerbes de béton
Des tours ponts avenues
Des places et des jardins
Un fleuve et puis l’absence

Le plateau est désert
Les galeries sont muettes
Le parterre sombre et nu

Théâtre à l’abandon
Comédiens éphémères
Parodiant dans leur sommeil
Le funèbre dénouement.

(Andrée Chedid)


Illustration: Paul Delvaux

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LE RIDEAU (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



 

LE RIDEAU

Fermer les yeux c’est baisser le rideau
Pour aujourd’hui la comédie est terminée
Le public se lève et s’en va
Oui mais derrière le rideau
Ce qui se joue à l’imprévu
C’est Madame la Vie
Là mon cher on est tout seul
Pour s’applaudir
Ou se siffler
Mais quels décors
Et quels miraculeux éclairages
Là se voit et se dit ce qui ne sera jamais vu
Et jamais dit
Mais le public arrive
Brigadier frappe les trois coups
Il faut bien lever le rideau

(Pierre-Albert Birot)

 

 

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LE FOND DE LA PENSÉE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
LE FOND DE LA PENSÉE

Sur les cailloux
Au fil du sang
L’herbe le brin de paille
Et la main qui descend
Toute la vie
Au bord des sombres pâturages
Les yeux et l’horizon qui manquent d’éclairage
Le feuillet où j’inscris l’avenir de travers
Et si loin
Les hautes cheminées de la mer
Ce qui était mon bien ma raison de comprendre
Toutes mes fleurs
Tous mes oiseaux qu’on veut me prendre
Et jusqu’à cet amour tendrement obstiné
Amour de mon amour
Et des bêtes de lait
Toute la vie pour la plus folle
Pour une belle pour une seule parole.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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ROSES GUERRIERES (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



 

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ROSES GUERRIERES

Fêtes aux lanternes en acier
Qu’il est charmant cet éclairage
Feu d’artifice meurtrier
Mais on s’amuse avec courage

Deux fusants rose éclatement
Comme deux seins que l’on dégrafe
Tendent leurs bouts insolemment
Il sut aimer Quelle épitaphe

Un poète dans la forêt
Regarde avec indifférence
Son revolver au cran d’arrêt
Des roses mourir d’espérance

Roses d’un parc abandonné
Et qu’il cueillit à la fontaine
Au bout du sentier détourné
Où chaque soir il se promène

Il songe aux roses de Sâdi
Et soudain sa tête se penche
Car une rose lui redit
La molle courbe d’une hanche

L’air est plein d’un terrible alcool
Filtré des étoiles mi-closes
Les obus pleurent dans leur vol
La mort amoureuse des roses

Toi qui fis à l’amour des promesse tout bas
Et qui vis s’engager pour ta gloire un poète
O rose toujours fraîche ô rose toujours prête
Je t’offre le parfum horrible des combats

Toi qui sans défleurir sans mourir succombas
O rose toujours fraîche au vent qui la maltraite
Fleuris tous les espoirs d’une armée qui halète
Embaume tes amants masqués sur leurs grabats

Il pleut si doucement pendant la nuit si tendre
Tandis que monte en nous cet effluve fatal
Musicien masqué que nul ne peut entendre

Je joue un air d’amour aux cordes de cristal
De cette douce pluie où s’apaise mon mal
Et que les cieux sur nous font doucement descendre

(Guillaume Apollinaire)

 

 

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Sous cet éclairage ce que l’on retient (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



Sous cet éclairage ce que l’on retient
(non pas le plus volontiers, car cela s’impose en fait)
c’est la douceur de l’instant.

Grappe de raisin élevée dans la lumière.
Quelque chose de semblable.
Qui vient aux lèvres.

Prononcer le merci
à voix très basse,
ne rien effaroucher.

(Pierre-Albert Jourdan)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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