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Posts Tagged ‘éclat de rire’

Les demoiselles du temps jadis (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019



Illustration: Jean Gabriel Goulinat
    
Les demoiselles du temps jadis

Gwendoline Mac Dougall Esperanza Griffi
et Jennifer Atkins chantant la nuit venue
oublierai-je vos rires lorsque vous nagiez nues
dans l’eau phosphorescente de la plage à minuit?

Où sont vos rires envolés? Où est Anna
qui de ses longs cheveux me caresse et me mord
promenant lentement sa bouche sur mon corps?
Qu’est devenu le beau plaisir qu’on se donna?

Quelque part très foin loin dans la galaxie
l’écho de l’écho d’un éclat de rire carillonne
Un rayon demi-mort s’éveille un peu frissonne
se souvenant peut-être d’avoir connu ailleurs

Jennifer Gwendoline Anna Esperanza
dont le nom aujourd’hui ne dit rien à personne

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mes Miroirs (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Mes Miroirs

Je n’ai qu’un geste à faire
Pour que les murs de ma chambre
Tous les murs de ma chambre
Se recouvrent de miroirs
Ils ne m’aiment pas les miroirs

Ils me guettent
Avec leurs yeux mille facettes
Leurs yeux fixes et froids de félin
Leurs reflets de caméléons
Et leurs langues de verre
Dures et glacées

Ils me renvoient mon image les miroirs
Comme une grimace
Comme une insulte
Comme on lance une pierre
Comme un griffe-visage

Je peux bien les frapper à mon tour
Les broyer en petits morceaux
Leur jeter des étoiles en pâture
Les provoquer les caresser
Les démonter pièce par pièce
Ils se reconstruisent d’eux-mêmes
Ils restent là au bord de mes plaies

Vous qui m’aimez
Ne me laissez pas seul
Face à mes miroirs
Quand tous les marteaux du monde
Quand tous les cailloux de la route
Ne briseraient pas
L’éclat de rire de leur verre

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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Eh bien oui le passé me pousse (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



 

Eh bien oui le passé me pousse
Et l’avenir me tire
Mais je veux que ma course
Ne soit de bout en bout qu’un bel éclat de rire

(Pierre-Albert Birot)

 

 

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Dans l’espace de tes seins (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



Douceur de l’eau
rage du vent

éclat de rire de l’étoile
matinée de beau soleil

il n’est rien que je ne rêve
il n’est rien que je ne crie

plus loin que les larmes la mort
plus haut que le fond du ciel

dans l’espace de tes seins.

(Georges Bataille)


Illustration: Francine Van Hove

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Si tu veux, m’amour (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Si tu veux, m’amour, ce soir
Nous nous en irons derrière
La maison, pour nous asseoir
Où commence la clairière.

Là, je veux, l’oreille au vent,
Te bien faire entendre comme
Les grands arbres en rêvant
Parlent tout haut dans leur somme.

Ainsi qu’un vague soupir,
Tu sentiras une à une
Leurs musiques s’assoupir
Sous les baisers de la lune.

Nous ne parlerons de rien;
Nous ferons un grand silence
Jusqu’à temps qu’ils dorment bien
Dans la nuit qui les balance.

Alors, folle, entre mes bras
Tu riras de ne rien dire,
Et tu les éveilleras
Avec cet éclat de rire.

(Jean Richepin)

 

 

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POUR LE MOMENT (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2016



POUR LE MOMENT

La vie est simple et gaie
Le soleil clair tinte avec un bruit doux
Le son des cloches s’est calmé
Ce matin la lumière traverse tout
Ma tête est une lampe rallumée
Et la chambre où j’habite est enfin éclairée

Un seul rayon suffit
Un seul éclat de rire
Ma joie qui secoue la maison
Retient ceux qui voudraient mourir
Par les notes de sa chanson

Je chante faux
Ah que c’est drôle
Ma bouche ouverte à tous les vents
Lance partout des notes folles
Qui sortent je ne sais comment
Pour voler vers d’autres oreilles

Entendez je ne suis pas fou
Je ris au bas de l’escalier
Devant la porte grande ouverte
Dans le soleil éparpillé
Au mur parmi la vigne verte
Et mes bras sont tendus vers vous

C’est aujourd’hui que je vous aime.

(Pierre Reverdy)

Illustration: Robert Doisneau

 

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LE JEU (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



 

LE JEU

Ne me dérangez pas je suis profondément occupé
Un enfant est en train de bâtir un village
C’est une ville, un comté
Et qui sait
Tantôt l’univers.

Il joue

Ces cubes de bois sont des maisons qu’il déplace et des châteaux
Cette planche fait signe d’un toit qui penche ça n’est pas mal à voir
Ce n’est pas peu de savoir où va tourner la route de cartes
Cela pourrait changer complètement le cours de la rivière
A cause du pont qui fait un si beau mirage dans l’eau du tapis
C’est facile d’avoir un grand arbre
Et de mettre au-dessous une montagne pour qu’il soit en haut.

Joie de jouer ! paradis des libertés !
Et surtout n’allez pas mettre un pied dans la chambre
On ne sait jamais ce qui peut être dans ce coin
Et si vous n’allez pas écraser la plus chère des fleurs invisibles

Voilà ma boîte à jouets
Pleine de mots pour faire de merveilleux enlacements
Les allier séparer marier,
Déroulements tantôt de danse
Et tout à l’heure le clair éclat du rire
Qu’on croyait perdu

Une tendre chiquenaude
Et l’étoile
Qui se balançait sans prendre garde
Au bout d’un fil trop ténu de lumière
Tombe dans l’eau et fait des ronds.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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Jardin d’ivresse (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



Jardin d’ivresse

Amour Feu, mon brasier, ma déchirure, tu viens
d’en haut, tu viens d’en bas, de partout à la fois.
Je suis l’incendie, je suis la joie qui me consume.

Quel est ce Feu, cette combustion extatique et
sans Fin, cette ivresse embrasée ?

Au couchant de ma vie, tu jaillis ma folle
incandescence et la mort à l’horizon comme un
cri d’Amour exhale son triomphe. Quelle est cette
fusée qui explose en plein coeur et me donne
une puissance exaltante et cachée ?

Quand la peur de mourir, calcinée jusqu’à la
moelle n’est plus qu’une gerbe d’étincelles
enivrée de soleil, dans quels rires, dans quelles
transes, dans quelles Amours inconnues puis-je
encore me consumer ? Quand la mort se profile
et devient fleur au jardin de ma passion qu’ai-je
encore à découvrir, à cueillir ou donner ?

Danser la mort, danser la vie à tous les instants,
c’est danser la naissance d’un million d’éclats de
rire.

(Marianne Dubois)

son site ici

Illustration: Josephine Wall

 

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Pour le moment (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016



Pour le moment

La vie est simple et gaie
Le soleil clair tinte avec un bruit doux
Le son des cloches s’est calmé
Ce matin la lumière traverse tout
Ma tête est une lampe rallumée
Et la chambre où j’habite est enfin éclairée

Un seul rayon suffit
Un seul éclat de rire
Ma joie qui secoue la maison
Retient ceux qui voudraient mourir
Par les notes de sa chanson

Je chante faux
Ah que c’est drôle
Ma bouche ouverte à tous les vents
Lance partout des notes folles
Qui sortent je ne sais comment
Pour voler vers d’autres oreilles

Entendez je ne suis pas fou
Je ris au bas de l’escalier
Devant la porte grande ouverte
Dans le soleil éparpillé
Au mur parmi la vigne verte
Et mes bras sont tendus vers vous

C’est aujourd’hui que je vous aime

(Pierre Reverdy)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Willy Ronis

 

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Un éclat de rire de jeune fille (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2015




Un éclat de rire de jeune fille retentit dans l’air du chemin.
Elle a ri des propos de quelqu’un que je ne vois pas.
Je me souviens sur-le-champ d’avoir entendu.
Mais si l’on me parle maintenant de l’éclat de rire d’une fille du chemin,
Je dirai : non, les montagnes, les terres sous le soleil, le soleil, ici la maison,
Et moi qui n’entends que le sourd bruissement du sang qui bat dans ma vie des deux côtés de ma tête.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Cali Rezo

 

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