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Posts Tagged ‘éclat’

Fantaisie érotique (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Fantaisie érotique

Un rêve de plaisir navigue dans mon crâne :
Une fille dansant sur un vieil air profane
Qui, langoureuse, enlève un par un ses habits
Avec des gestes lents, voluptueux et habi-
Les : d’abord, les boutons de nacre du corsage
Qui, en s’ouvrant, révèle un corps encore sage
Mais qui s’offre déjà dans l’éclat de sa chair
Alors que pointe un bout de sein du plus beau clair.

L’agrafe, qui retient la robe courte, comme
Une ancre de frégate à la voile bien blanche
S’ouvre pour montrer la courbe d’une hanche.
Je voguerai vers elle… et nous croquons la pomme,
Enlacés au milieu d’un immense verger.
Alors que je croyais sommeiller sur la grève
Et vivre sur le sable un si merveilleux rêve :
Tu étais ma fermière et j’étais ton berger.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: André Masson

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RENAISSANCES (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



RENAISSANCES

La terre garde encor la trace
De son dernier printemps flétri,
Qu’au souffle de l’avril qui passe
Toutes choses ont refleuri.
Mon âme garde encor la plaie
De ses derniers songes défunts,
Qu’au souffle d’avril qui l’égaie,
La bercent de nouveaux parfums.
O mon âme, jardin morose
Où pleurent d’éternels soucis,
Qui nous rendra l’éclat des roses
Et l’azur des cieux adoucis ?
Et quelles bouches enfantines.
Quelles candeurs aux chastes doigts,
Feront refleurir, dans tes ruines,
Le doux sourire d’autrefois ?

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Sur ses lèvres vibrent encore (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Sur ses lèvres vibrent encore tous les avrils
le tremblement des graminées dans le jour volubile
voyelles des sèves corps balbutiant
il se rebaptise au nom du printemps
Sous la peau s’éveille en épis d’eau vive
une enfance aux chevilles vertes aux épaules d’or
truites et cuisses roulent encore
avec les rires de rivières

Corps ruisselant
Corps délié dans la lumière
sphère éphémère éclats de ciel
il tient le monde entre les cils
rond comme une île

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration: Sabin Balasa

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Derrière la colline (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Derrière la colline la
Cloche d´un moine dans le vent.
Voile unique en avril ; retour, octobre peut-être
La barque s´efface, d´argent ; lente ;
Éclat du soleil sur le fleuve.

(Ezra Pound)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Credo (Denise Levertov)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2021




    
Credo

Je crois que la terre
existe, et
dans chaque infime atome
de sa poussière le saint
éclat de ta chandelle.
Toi
inconnu que je connais,
toi esprit,
qui donnes,
dans l’amour de créer, la
lettre bien faite,
le fer, l’acte, le rêve.
Poussière de la terre,
garde-toi de mon
incroyance. Glisse,
gris devenu or, dans la coulée de
la vision. Je crois et
je suspends ma foi avec
le doute. Je doute et
je suspends mon doute avec la foi. Sois
monde aimé, menacé.
Chaque infime
atome.
Mais pas la malade
luminescence chassée
de son intimité,
pas la serrure sacrée de sa cellule
forcée. Non,
l’éclat ordinaire
d’une simple poussière dans un ancien soleil.
Sois, pour que je puisse croire. Amen.

*

Credo

I believe the earth
exists, and
in each minim mote
of its dust the holy
glow of thy candle.
Thou
unknown I know,
thou spirit,
giver,
lover of making, of the
wrought letter,
wrought flower,
iron, deed, dream.
Dust of the earth,
help thou my
unbelief. Drift,
gray become gold, in the beam of
vision. I believe and
interrupt my belief with
doubt. I doubt and
interrupt my doubt with belief. Be,
belovéd, threatened world.
Each minim
mote.
Not the poisonous
luminescence forced
out of its privacy,
the sacred lock of its cell
broken. No,
the ordinary glow
of common dust in ancient sunlight.
Be, that I may believe. Amen.

(Denise Levertov)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Messe pour le Jour de St Thomas Didyme –
Traduction: Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Farina
Editions: Revue Po&sie N°30 (1984)

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L’anorexie de l’existence (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’anorexie de l’existence

Je n’ai pas faim, je n’ai pas mal, je ne sens pas mauvais
peut-être que je souffre au fond de moi sans le savoir
je fais semblant de rire
je ne désire pas l’impossible
ni le possible, les corps à moi interdits
ne rassasient pas mon regard.
Vers le ciel quelque fois
je regarde avec envie
à l’heure où le soleil perd son éclat
et où l’amant bleu se livre
à la séduction de la nuit.
Ma seule participation
au tourbillon du monde
est mon souffle bien réglé.
Mais je ressens aussi une autre
participation singulière
l’angoisse m’étreint soudain
à cause de la souffrance humaine.
Elle s’étend sur la terre
comme une nappe rituelle
qui trempée de sang
recouvre mythes et dieux
éternellement elle se régénère
et se confond avec la vie.
Oui, maintenant je voudrais pleurer
mais la source même de mes larmes
s’est tarie.

***

Η ανορεξία της ύπαρξης

Δεν πεινάω, δεν πονάω, δε βρωμάω
ίσως κάπου βαθιά να υποφέρω και να μην το ξέρω
κάνω πως γελάω
δεν επιθυμώ το αδύνατο
ούτε το δυνατό
τα απαγορευμένα για μένα σώματα
δε μου χορταίνουν τη ματιά.
Τον ουρανό καμιά φορά
κοιτάω με λαχτάρα
την ώρα που ο ήλιος σβήνει τη λάμψη του
κι ο γαλανός εραστής παραδίνεται
στη γοητεία της νύχτας.
Η μόνη μου συμμετοχή
στο στροβίλισμα του κόσμου
είναι η ανάσα μου που βγαίνει σταθερή.
Αλλά νιώθω και μια άλλη
παράξενη συμμετοχή∙
αγωνία με πιάνει ξαφνικά
για τον ανθρώπινο πόνο.
Απλώνεται πάνω στη γη
σαν τελετουργικό τραπεζομάντιλο
που μουσκεμένο στο αίμα
σκεπάζει μύθους και θεούς
αιώνια αναγεννιέται
και με τη ζωή ταυτίζεται.
Ναι, τώρα θέλω να κλάψω
αλλά στέρεψε ως και των δακρύων μου η πηγή.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du grec par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis.
Editions:

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Tout est très simple (Idea Vilariño)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: Catherine Besnard
    

Tout est très simple

Tout est très simple beaucoup
plus simple et pourtant
même comme ça il y a des moments
où c’est trop pour moi
où je ne comprends pas
et je ne sais pas si je dois rire aux éclats
ou si je dois pleurer de peur
ou rester là sans pleur
sans rire
en silence
assumant ma vie
mon chemin
mon temps

***

Todo es muy simple

Todo es muy simple mucho
más simple y sin embargo
aún así hay momentos
en que es demasiado para mí
en que no entiendo
y no sé si reírme a carcajadas
o si llorar de miedo
o estarme aquí sin llanto
sin risas
en silencio
asumiendo mi vida
mi tránsito
mi tiempo.

(Idea Vilariño)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Âme dans l’Ignorance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Âme dans l’Ignorance

Âme dans l’Ignorance, éveille-toi de sa stupeur.
Flammèche du feu-du-monde, étincelle de Divinité,
exalte ton mental et ton coeur dans la splendeur.
Soleil dans l’obscurité, recouvre ton éclat.
Une, universelle, embrassant la création,
cesse de tourner sur la roue avec l’inconsciente Nature,
sens-toi née de Dieu, connais-toi immortelle.
Hors du temps, recouvre ton existence éternelle.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Premier matin (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Premier matin
La nuit a été un échec
Mais pourquoi pas – ?
Dans le noir
L’aube pâle moussant à la fenêtre
A travers la croisée noire
Je n’ai pu être libre
Me libérer du passé; de ces autres –
Et notre amour a tourné au chaos,
A l’horreur
Tu t’es détournée pour me fuir
Maintenant, au matin
Assis sur le banc près du petit autel,
Nous regardons les parois montagneuses
Parois d’ombre bleue,
Et voyons tout près, à nos pieds dans la prairie
Les aigrettes de pissenlit par milliers
Bulles enchevêtrées dans l’herbe vert foncé
Immobiles sous l’éclat du soleil …
Cela suffit, tu es proche …
Les montagnes sont en équilibre
Les semences de pissenlit à demi enfouies dans l’herbe :
Toi et moi ensemble
Nous les portons, allègres et superbes
Sur notre amour
Fier et joyeux
Elles se dressent sur notre amour,
Tout part de nous,
Nous sommes la source.

***

First morning

The night was a failure
but why not–?

In the darkness
with the pale dawn seething at the window
through the black frame
I could not be free,
not free myself from the past, those others–
and our love was a confusion,
there was a horror,
you recoiled away from me.

Now, in the morning
As we sit in the sunshine on the seat by the little shrine,
And look at the mountain-walls,
Walls of blue shadow,
And see so near at our feet in the meadow
Myriads of dandelion pappus
Bubbles ravelled in the dark green grass
Held still beneath the sunshine–

It is enough, you are near–
The mountains are balanced,
The dandelion seeds stay half-submerged in the grass;
You and I together
We hold them proud and blithe
On our love.
They stand upright on our love,
Everything starts from us,
We are the source.

(David Herbert Lawrence)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Le phénix (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2020



    

Le phénix

Le phénix, venant d’Arabie,
Dans nos bois parut un beau jour :
Grand bruit chez les oiseaux ; leur troupe réunie
Vole pour lui faire sa cour.
Chacun l’observe, l’examine ;
Son plumage, sa voix, son chant mélodieux,
Tout est beauté, grâce divine,
Tout charme l’oreille et les yeux.
Pour la première fois on vit céder l’envie
Au besoin de louer et d’aimer son vainqueur.
Le rossignol disait : jamais tant de douceur
N’enchanta mon âme ravie.
Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs
N’ont eu cet éclat que j’admire ;
Il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétaient ces éloges flatteurs,
Vantaient le privilège unique
De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel,
Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique,
Se consume lui-même, et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle
Sans rien dire fit un soupir.
Son époux, la poussant de l’aile,
Lui demande d’où peut venir
Sa rêverie et sa tristesse :
De cet heureux oiseau désires-tu le sort ?
– Moi ! Mon ami, je le plains fort ;
Il est le seul de son espèce.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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