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Poésie

Posts Tagged ‘éclaté’

Indifférence (Marybé)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



L’ombre d’une indifférence gît au creux de tes yeux,
Heurte l’âme de mon visage défait
Et se perd dans les remous de mon sang qui se glace.
Ton indifférence cogne de plein fouet aux portes de ma chair
Qui n’ose plus rien que l’immobilité des silences.
Mon corps nu, abandonné dans le lit de l’attente
Risque des gestes inutiles, ridicules pantins
Qui s’agitent saccadés par une sourde douleur.
Mes mains furieusement caressent les débris de ton désir disparu,
Tendu vers un ailleurs sans regrets de tout ce qui fut nous.
Des éclats d’une lassitude pas à pas installée
Luisent au ciel des sentiers de nos nuits.
Sur ma bouche, les traces de nos baisers s’évaporent,
Sur mes lèvres muettes glisse le suc amer
D’un amour éclaté.

(Marybé)

Illustration

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LIENS (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

    

LIENS

Ces petits bouts de verre poli
ramassés sur les plages
roulés, usés au sable

Tessons d’humanité perdus aux vagues
bouteilles à la mer
messages éclatés

Espoirs possibles
entre déréliction-tendresse
cynisme-attachement

Les enfermer en nœuds précieux
autant de liens
pour les offrir

Un grain pour la folie
un grain pour le tragique
un dernier pour le rire

Afin d’attacher la mémoire
d’enchaîner la beauté
pour contrer l’impossible.

(Françoise Coulmin)

In Pendant qu’il est encore temps, recueil,
Le Temps des Cerises, Fr, 2011.
In Pennilesspress, revue en anglais, GB, 2007.

 

Recueil: FLORILÈGE, 30 ans de poésie : SANS ESPOIR JE CÈDE À L’ESPOIR (SEJCE)
Traduction:
Editions: La feuille de thé

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L’autre amour – le même amour – (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



L’autre amour – le même amour –
la terre, l’arbre, l’oiseau
(Source invisible de tourterelles)
et le réveil à l’aube des lavandes,
le ciel affable, la gloire partagée.

Par quel chemin gagner ce centre de clarté
que les femmes aussi désignent
chemin profond, descente verticale,
le feu est là comme un coeur éclaté.

L’autre amour – le même amour …
Je t’ai cherché sous d’improbables pierres
et je brûlais de mes basses blessures.

Toute blessure approche la clarté.

(Jean Joubert)

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L’HOMME EST ENCORE DEBOUT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

Olivier Valsecchi i4

L’HOMME EST ENCORE DEBOUT

Rivé à l’impossible
Pilonné de terre
Lardé par les brouillards
le soleil et les cris

Avec son recel d’âme
qu’il irrigue
ou qu’il brûle

L’homme est encore debout !

L’usure n’a pas de prise
sur l’espoir qui s’élance
hors de la moelle des âges
hors des dalles éclatées.

(Andrée Chedid)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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L’étang du vide (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



 

Lueur subite
L’aile de l’effraie
Frôlant le feuillage
Fait tomber
La dernière goutte de pluie
Dans l’étang
du vide éclaté

(François Cheng)

Illustration

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ART POÉTIQUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
ART POÉTIQUE

Quand ce sera la nuit
Et toi tout seul dans une limousine
Quelque part sur une route de forêt
Quand ce sera nuit noire
Ô mon poète aie garde d’allumer tes phares
Appuie de toutes tes forces sur le champignon de la beauté
Sans rien savoir
Et sans souci du flot battant ton pare-brise
Enfonce-toi comme un noyé dans la nuit rageuse qui grise

Tu as perdu la direction
Le Nord l’étoile les feux de position
Et tu sens soudain un grand choc
Tu es couché tout près de toi dans la verdure
Tu es comme mille petits trous de serrure
Qui regardent dans ta tête éclatée
Les éléments épars de la beauté

Et qui viendrait te chercher là
Quand tu disposes de toi-même
Secrètement pour un destin
Qui ne peut plus te laisser seul
N’appelle pas
Mais entends ce cortège innombrable de pas.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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S’agripper à la pomme quand tu parles d’une pomme (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



s’agripper à la pomme
quand tu parles d’une pomme.

Vérifier si le vers paisible (comme
un principe) ne t’a pas précédé.

Trouver une langue qui
suscitera un intérêt
et sans effort.

Montre tes mains vides
et enfouis-toi dans
le réel

où se trouve toujours une
chose simple, un objet
éclaté dans l’après-midi.

Chercher toujours à retenir quelque chose.

*******

le temps d’aller vers l’ouvert

le temps de se taire

le temps de prendre le souffle
de le perdre

dans les jours qui viennent

(avant que tout cela ne devienne
trop abstrait)

(Israël Eliraz)

Découvert chez Lara ici

Illustration: George Pyatigorets

 

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La mort (Philippe Granier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


>André Mantegna - Le Christ Mort, 1480-1490 La mort
absurde
(la mort)
comme un gel
comme une agate
éclatée
dans tes yeux la mort
changée en larme de sel
une vie s’est arrêtée
net
et au travers
je t’aime
plus de mots à trouver
que les sanglots
la nuit glacée
le silence
de nos bras
nos coeurs gros
la présence
ouvert et sans arme
je reste là
contre toi
comme un gaz
comme une braise
comme étonné dans l’air
les mots ne boivent pas les larmes

(Philippe Granier)

Illustration: Andrea Mantegna

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Surprise (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2017



Surprise

Je méditais; soudain le jardin se révèle
Et frappe d’un seul jet mon ardente prunelle.
Je le regarde avec un plaisir éclaté;
Rire, fraîcheur, candeur, idylle de l’été!
Tout m’émeut, tout me plaît, une extase me noie,
J’avance et je m’arrête; il semble que la joie
Etait sur cet arbuste et saute dans mon coeur!
Je suis pleine d’élan, d’amour, de bonne odeur,
Et l’azur à mon corps mêle si bien sa trame
Qu’il semble brusquement, à mon regard surpris,
Que ce n’est pas ce pré, mais mon oeil qui fleurit
Et que, si je voulais, sous ma paupière close
Je pourrais voir encor le soleil et la rose.

(Anna de Noailles)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

 

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JE TE NOMME… (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



JE TE NOMME…

Visage je te nomme
Pour rien pour le temps d’une promesse
Luisante ardoise sous la pluie
Pour la solitude d’une ville
Serrant sur son corsage les étendues de sable

Pour toi-même pour la pomme éclatée
Dans l’herbe où le vent cherche ses petits

Je te nomme pour la rosée amoureuse
Qui perle au bord des cils et se mêle à la cendre
Et pour les cris flottant au loin sur les marais
Et pour l’oiseau gorgé de silence et de nuit

Je te nomme pour toi pour celui que tu fus
Visage goutte d’eau par le ciel aspirée.

(René Guyomard)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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