Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘éclipse’

Parole-Soleil (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    

Parole-Soleil

Broyés par la violence
Minés par la haine
Les corps se rompent
L’âme déserte
Le coeur se râpe

Pourtant d’éclipses en éclipses
rendant arme
Rendant grâce
Les hommes retracent parole d’amour

Parole d’héritage et d’avenir
Qu’aucune redite n’érode
Qu’aucun pillage ne décime

Fraîche parole
parmi nos loques
Parmi nos ombres :
Parole-Soleil !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Poèmes pour un texte 1970-1991
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis un aveugle qui découvre le monde en tâtonnant (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



 

Je suis un aveugle
qui découvre le monde en tâtonnant
je reconnais avec mes doigts
l’ossature de l’éclipse
le goût d’un miel sauvage et rude
qui tombe sur mes paupières
et ma poitrine
quand le soleil
ôte son voile près de mon visage
mais je cherche toujours l’odeur sombre
de sa racine déterrée
jardin de mystères encore enseveli
devenu mon écriture

(Luis Mizón)

Illustration: John Everett Millais

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
SANS LIEU

sans lieu
sans mémoire
les stèles du vide
le suaire du ciel
ce qui s’abat
sur le corps du monde

sans lieu
sans pourquoi
les hautes nuées
de sang sombre
l’abandon recroquevillé
dans la lumière

sans lieu
sans voix
par coulée
au plus bas
la nuit sortie au jour

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans boussole
l’abîme d’en-haut
la poudre d’ombre
la pulpe de l’ébloui

sans lieu
sans cesse
rompre la mort
avec ceux qui transparaissent
vers les lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À A… (René Char)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




À A…

Tu es mon amour depuis tant d’années,
Mon vertige devant tant d’attente,
Que rien ne peut vieillir, froidir ;
Même ce qui attendait notre mort,
Ou lentement sut nous combattre,
Même ce qui nous est étranger,
Et mes éclipses et mes retours.

Fermée comme un volet de buis,
Une extrême chance compacte
Est notre chaîne de montagnes,
Notre comprimante splendeur.

Je dis chance, ô ma martelée ;
Chacun de nous peut recevoir
La part de mystère de l’autre
Sans en répandre le secret ;
Et la douleur qui vient d’ailleurs
Trouve enfin sa séparation
Dans la chair de notre unité,
Trouve enfin sa route solaire
Au centre de notre nuée
Qu’elle déchire et recommence.

Je dis chance comme je le sens.
Tu as élevé le sommet
Que devra franchir mon attente
Quand demain disparaîtra.

(René Char)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LE PARADIS MON AMOUR (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    Illustration
    
LE PARADIS MON AMOUR

le paradis est un détail
l’état avant la chair

c’est quand un geai aux trois couleurs
abat ses cartes sur la neige

quand ce que tu ne cherches pas
se trouve dans la promesse
d’un saut de truite

ce regard entre deux mouettes
une seconde après l’éclipse

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PUITS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



 

Julia Perret   -fusion

LES PUITS

J’ai mis le grain d’encens sur l’enclume
Pour écouter la voix des puits

La voix qui porte les ravages
L’enfance d’un ruisseau
La terreur des éclipses
L’ivresse des migrations

Je suis le souvenir
Et je suis la menace

À chaque pierre j’ai jeté
Le nom d’un soleil.

(Andrée Chedid)

Illustration: Julia Perret 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOYEZ POLIS (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



SOYEZ POLIS

I
Couronné d’étincelles
Un marchand de pierres à briquet
Elève la voix le soir
Dans les couloirs de la station Javel
Et ses grands écarts de langage
Déplaisent à la plupart des gens
Mais la brûlure de son regard
Les rappelle à de bons sentiments

Soyez polis
Crie l’homme
Soyez polis avec les aliments
Soyez polis avec les éléments avec les éléphants
Soyez polis avec les femmes
Et avec les enfants
Soyez polis
Avec les gars du bâtiment
Soyez polis
Avec le monde vivant

II
Il faut aussi être polis avec la terre
Et avec le soleil
Il faut les remercier le matin en se réveillant
Il faut les remercier
Pour la chaleur
Pour les arbres
Pour les fruits
Pour tout ce qui est bon à manger
Pour tout ce qui est beau à regarder
A toucher
Il faut les remercier
Il ne faut pas les embêter…les critiquer
Ils savent ce qu’ils ont à faire
Le soleil et la terre
Alors il faut les laisser faire
Ou bien ils sont capables de se fâcher
Et puis après
On est changé
En courge
En melon d’eau
Ou en pierre à briquet
Et on est bien avancé…
Le soleil est amoureux de la terre
La terre est amoureuse du soleil
Ça les regarde
C’est leur affaire
Et quand il y a des éclipses
Il n’est pas prudent ni discret de les regarder
Au travers de sales petits morceaux de verres fumés
Ils se disputent
c’est des histoires personnelles
Mieux vaut ne pas s’en mêler
Parce que si on s’en mêle on risque d’être changé
En pomme de terre gelée
Ou en fer à friser
Le soleil aime la terre
La terre aime le soleil
C’est comme ça
Le reste ne nous regarde pas
La terre aime le soleil
Et elle tourne
Pour se faire admirer
Et le soleil la trouve belle
Et il brille sur elle
Et quand il est fatigué
Il va se coucher
Et la lune se lève
La lune c’est l’ancienne amoureuse du soleil
Mais elle a été jalouse
Et elle a été punie
Elle est devenue toute froide
Et elle sort seulement la nuit
Il faut aussi être très poli avec la lune
Ou sans ça elle peut vous rendre un peu fou
et elle peut aussi
Si elle veut
Vous changer en bonhomme de neige
En réverbère
Ou en bougie
En somme pour résumer
Deux points ouvrez les guillemets :

 » Il faut que tout le monde soit poli avec le monde
ou alors il y a des guerres…
des épidémies des tremblements de terre des paquets de mer des coups de fusil…
Et de grosses méchantes fourmis rouges
qui viennent vous dévorer les pieds pendant qu’on dort la nuit. »

(Jacques Prévert)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ad formosissima formisissimarum (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Ad formosissima formisissimarum

Telle Aphrodite issue des écumeuses vagues,
ta beauté est pareille aux obscurs océans,
la courbe de tes seins épouse l’univers
et tes splendides hanches émergent de la nuit,
or la voûte nocturne accompagne tes pas,
les aubes te saluent très gracieusement,
tes yeux s’illuminent aux soleils du couchant
cependant que ta face éclipse bien des lunes,
que ton sourire efface la lueur des étoiles,
ô toi la plus belle d’entre toutes les femmes.

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Herbert Draper

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Derniers vers (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



jean-claude-demay-800x600

Derniers vers

Flamboyantes écumes éparses dans les ourses
La joie me revenait comme un arc-en-ciel
Les nuages pendus au fin fond des forêts
Et les rires fusaient au revers de ma bouche,
Maritimes effluves au ressac des liesses
Très ardents les soleils se heurtaient aux éclipses,
Et les infinis dansaient en mon être éperdu.

Saluant l’autre rive dans les brouillards mystiques
Je pensais à ces terres éternellement désertées
Cependant que soudain la lumière venait
À approcher mon âme oscillant aux abîmes
Et se dressant tout droit à l’horizon des vagues
Comme un vitrail de sang épanoui qu’on écorche
Dans la musique claire des astres dérivant
Qui tournoieraient longtemps avant que d’émerger.

Décembre 2011 (dicté à l’hôpital)

(Jean-Claude Demay)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

O amulette que nous portons (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2016



 

O amulette que nous portons
Amour
Par toi nous continuons à être
une fête de baisers et de couleurs
dans le cercle de l’éclipse

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Alex Alemany

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :