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Posts Tagged ‘éclipser’

VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI

Voici s’ouvrir les fleurs de mai,
S’éployer librement les feuilles;
Dans chaque corolle une abeille
Et sur chaque branche un oiseau.

Le ruisseau chante avec bonheur,
Le soleil rayonne avec joie,
Je suis la seule à me languir
Et tout est ténèbre pour moi.

Ô de glace est mon coeur, de glace!
Il ne veut, ne peut s’exalter;
Il est sans sympathie aucune
Pour ce ciel baigné de clarté.

Ô défunte est ma joie, défunte!
Il me tarde d’être en repos
Et que la terre humide couvre
Cette poitrine désolée.

Fussé-je entièrement seule,
Peut-être serait-ee moins sombre :
Une fois tout espoir perdu,
Je n’aurais plus sujet de craindre.

Mais les yeux ravis qui m’entourent
Devront pleurer comme les miens,
Je devrai voir le même orage
Éclipser leur radieux matin.

Si le ciel déversait sur moi
Cette pluie de futurs malheurs
En épargnant leurs tendres âmes,
Je la souffrirais de bon coeur.

Hélas, comme l’éclair dessèche
Tant le vieil arbre que le jeune,
Eux et moi nous devrons subir
Un inéluctable destin.

***

MAY FLOWERS ARE OPENING

May flowers are opening
And leaves opening free;
There are bees in every blossom
And birds on every tree.

The sun is gladly shining,
The stream sings merrily,
And I only am pining
And all is dark to me.

D cold, cold is my heart!
It will not, cannot rise;
It feels no sympathy
With those refulgent skies.

Dead, dead is my joy,
I long to be at rest;
I wish the damp earth covered
This desolate breast.

If I were quite alone,
It might not be so drear,
When all hope was gone,
At least I could not fear.

But the glad eyes around me
Must weep as mine have done,
And I must see the same gloom
Eclipse their morning sun.

If heaven would rain on me
That future storm of care,
So their fond hearts were free
1’d be content to bear.

Alas! as lightning withers
The young and agèd tree,
Both they and 1 shall fall beneath
The fate we cannot flee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Debout, tu as longtemps éclipsé le monde (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Debout, tu as longtemps éclipsé le monde,
dieu volcanique des commencements,
et tu l’as entraîné avec toi sous terre.
Il n’y a plus que des fantômes d’arbres,
le décor de ta ville au bord de la mer,
des flocons de couleur. Les enfants seuls
croient encore assez au monde pour jouer.
Parmi les racines, ton masque de sang
est devenu un masque de cristal
où je te revois faible, endormi, suivant de loin
le lent travail, dans la lumière sépulcrale,
de ton visage qui se recompose

(Jean-Pierre Lemaire)

 

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Viens (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: René Magritte
    
Viens
Grand oiseau de silence
Dont l’aile ouverte éclipse l’aube
Viens
Des lointains où nos regards s’essoufflent
Viens
Du plus proche où tu te tiens
Ma belle énigme
Dans l’élégance du matin

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Si je chante c’est d’une voix sombrée (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Si je chante c’est d’une voix sombrée :
aucun motif, aucun ornement qui doive ici sa beauté à la lumière,
mais chacun, tirant son eclat de la nuit
et son rayonnement de la tristesse, aggravera sa misère…

Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre donc elle ne guérira pas
et que le temps lui-même ne pourra pas effacer.

De même que le croissant noir aveugle et ne se peut contempler sans dommages,
quiconque assistera en ces pages à l’éclipse de la beauté en sera à jamais assombri,
quiconque contemplera en ces phrases la face maudite de la beauté en sera à jamais affecté.

(Lydie Dattas)

 

 

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Tout ce qui dans vos chants console (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre
dont elle ne guérira pas et que le temps lui-même ne pourra effacer.

(Lydie Dattas)

 

 

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Tu deviens elle (Elsa Cross)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2015


presence

Des murmures,
un bruit de feuillage –
la présence invisible
s’éclipse comme un cerf
et tu ne l’attends pas là où elle apparaît.

Immense,
indéfinie,
tu deviens elle
et elle
entre et sort de toi comme un éclair.

(Elsa Cross)

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