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Posts Tagged ‘éclore’

Je pleure … de Beauté (Viviane-Josée Restieau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Je pleure … de Beauté
Tellement un Grand est Grand
Quand il est si simple
Il est particule d’Amour à la Source
Il n’a rien à dire
Il ressent, Il émet
Il unifie ceux qui sont prêts
Sans le savoir car
Le Grand ne le sait pas lui-même
Le silence déploie son souffle
Et le vent emporte son étincelle divine …
… Étincelle qui Elle-même
Viendra éclore l’Innocent
Le Grand sait qu’il ne sait pas,
Qu’il ne sait plus.
Il devient …
Il devient …
Il devient …
… l’Unité de l’Instant au cœur de la Vie
Il s’est quitté pour se répartir
Sans le savoir
Dans l’Infini Récepteur du Tout : …
… Battement du Cœur Universel.

(Viviane-Josée Restieau)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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LE BANC (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



LE BANC

Les myosotis bleus, blancs, roses,
sont mille fois plus séduisants
quand ils éclosent
dans le jardin de vos quinze ans.
Venez, rusées, venez, moqueuses,
poser vos robes sous mes yeux,
vos rubans de rire précieux,
volants, froufrous, jambes agiles
sur la fragilité du banc
bordé de bleu, bordé de blanc…

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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L’horloge (Louis Mercier)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



horloge

L’horloge

Elle a l’air vaguement humaine
Avec sa face d’émail blanc,
Et sa robe couleur de chêne
Où bat son coeur rythmique et lent.

Elle habite un coin solitaire
Où l’araignée a son réduit,
Et fait son oeuvre de mystère
Sans se hâter, le jour, la nuit :

Elle vit à l’écart, étrange
Et respectée ; on la défend
Du heurt des chaises qu’on dérange
Et des gambades des enfants.

L’horloge valétudinaire
Craint les caprices des saisons ;
Elle vibre aux coups de tonnerre,
Le vent lui donne le frisson.

Elle a peur du cahot des roues,
Des portes qu’on ferme trop fort ;
Les jours de pluie, elle s’enroue,
Et le gel des grands froids l’endort.

Un souffle, un rien la contrarie,
Souvent même, on ne sait pourquoi,
S’arrête la fragile vie
Dont palpite son coeur de bois.

*

Tout dort. Rompus de lassitude,
Les hommes sont ensevelis
Entre leurs draps de toile rude,
Dans les ténèbres des grands lits.

Les troupeaux gisent près des crèches ;
Les boeufs, dans la paille affaissés,
Rêvent des prés, de l’herbe fraîche,
Et des sillons qu’ils ont tracés.

Le chien dort, et le coq sonore
Se tient muet sur son perchoir,
Car le jour n’est pas près d’éclore
Et le côté de l’aube est noir.

Le sommeil tient aussi les choses :
Les outils qui vivent dehors,
Les meubles que les murs enclosent
Et la maison même, tout dort.

Seule, dans l’anxieux silence,
Seule vivante en l’ombre immense,
L’horloge obscure ne dort pas,
Comme un pas lent, mais jamais las,

Ou comme le pouls d’une artère,
Ou le battement d’un coeur sourd,
Elle fait son brait solitaire,
Toujours, toujours, toujours, toujours.

(Louis Mercier)

 

 

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Désir d’Amour (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
Désir d’Amour

JE voudrais te dire des choses
Que nulle oreille n’entendit
Et sur ton sein cueillir les roses
Que nul encore ne cueillit

Pour tes yeux pleins de lueurs chaudes
Pour ton corps aux parfums subtils
Je voudrais trouver dans mes rôdes
Parmi la nuit d’autres myrtils

Car je sais qu’aucun homme encore
N’a goûté ton hautain baiser
O ton baiser ! le faire éclore
Sur tes lèvres, ô me griser !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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PRÈS DE LA SOURCE (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Maximilian Pirner _-_potok_(1903) [800x600]

PRÈS DE LA SOURCE

Près de la source verdissant sous le soir rose,
Deux nymphes ont couché leurs formes ingénues ;
Leurs urnes sont encor si voisines des choses,
Que ces nymphes, naïvement, sont toutes nues.

Leurs yeux ont la pâleur tendre des asphodèles,
Leur regard simple est une fleur qui vient d’éclore,
Et leur rire est perlé comme un battement d’ailes
Sur le cristal brisé de la source sonore.

Les deux nymphes, mêlant leurs paroles légères
Aux murmures de l’eau qui glisse sous les rives,
Enlacent leurs beaux doigts aux palmes des fougères
Qui ondulent soudain sous ces clartés furtives.

Puis, quand la nuit noircit sur la source argentée,
Les nymphes, qui ont peur, frissonnent et se voilent…
Mais leurs yeux entr’ouverts près de l’eau pailletée
Brillent, presque mêlés aux reflets des étoiles.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Maximilian Pirner

 

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JE VOUDRAIS CISELER POUR TOI (Ruben Dario)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

Armand Point  l

JE VOUDRAIS CISELER POUR TOI
(Yo quisiera cincelarte)

Je voudrais ciseler pour toi
une rime
délicate et élégante
telle marguerite d’or,
ou couverte d’irisée
pierrerie,
ou tel joyau d’Orient
ou coupe florentine.

Je voudrais pouvoir te donner
une rime
tel le collier de Zobéide,
fait de perles d’Ormuz,
qui fleurent bon comme les roses
et qui brillent
comme la rosée sur les pétales
de la fleur qui vient d’éclore.

Je voudrais pouvoir te donner
une rime
qui exprimerait l’amertume
de mes peines profondes
dans l’or de la sertissure
des phrases cristallines.

Je voudrais pouvoir te donner
une rime
qui en toi ne provoquerait
ni indifférence ni rire,
mais que tu contemplerais
en ta pâle allégresse,
et qui après l’avoir lue
te laisserait pensive.

(Ruben Dario)

Illustration: Armand Point

 

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LES BOUTONS DE ROSE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



 

Illustration: Cornelis van Haarlem
    
LES BOUTONS DE ROSE

Je vois deux boutons de rose
Près d’éclore sur ton sein;
Mon Eglé, permets que j’ose
Les caresser de ma main.
Eh quoi ! ta vigueur s’oppose
A mon amoureux dessein !

Mais ta résistance est vaine !
Tu veux me favoriser !
Je veux, ma belle inhumaine,
Les couvrir d’un long baiser…
Rends-toi, je suis hors d’haleine,
L’amour doit m’autoriser !

Je suis heureux, je les touche.
Oh ! moment tant souhaité !
Je vais y coller ma bouche
En dépit de ta fierté…
Ciel ! une épingle farouche
Trouble mon activité !

De mon mal, tu ris, mutine !
Mais je ne m’en fâche pas…
Même accident, j’imagine,
Serait moins rare ici-bas,
Si la rose sans épine
N’offrait que peu d’appas !

(Anonyme)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
Une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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LES ADIEUX D’UNE FEMME DOUCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
LES ADIEUX D’UNE FEMME DOUCE

Par les champs onduleux aux subtiles senteurs
Emportant ses baisers, derviche, en terre nue,
Sage et triste fakir ta femme est devenue,
Foulant la violette et n’offrant plus de fleurs !

Que n’es-tu sous mes yeux ombre fière et brillante
Suivant ma trace douce et pleine de gaîté…
Le ciel brun s’est défait de son azur d’été
Et fantôme, à présent, ton éclat se lamente.

Autant que l’infini je suis calme pourtant;
Comme la feuille aussi sur la mer qui respire.
Je veux aborder l’homme en sachant lui sourire,
Mais nul à mes côtés ne peut être présent.

Oui, les murs de ma vie ont pleuré de tristesse
Sans avoir épousé le soleil plein d’ardeur.
Mais je ne pleurai pas quand m’atteignit au coeur
L’adieu que je dus faire à tout ce que je laisse.

Comme un parfum, qu’il soit léger, mon souvenir
Vers le ciel envolé. Pour toujours, qu’il s’y pose.
Maint bûcher de mon coeur éclose comme rose !
Et fume mon amour, dont j’eus tant à souffrir.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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