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Poésie

Posts Tagged ‘éclose’

Sèves écloses (Gaëtane Drouin Salmon)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019



Sèves écloses

La beauté noie ses ailes
dans la rosée de l’aube

ouvert au mystère
mon oeil chavire
vers le soleil rouge

autour de l’arbre bleu qui doute et tremble
sur la magie de l’eau

nos bras épellent la tendresse
en des voyelles allongées

renaître aux sèves écloses

(Gaëtane Drouin Salmon)


Illustration

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D’un vanneur de blé aux vents (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Jean-François Millet  Vanneur

D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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Été: être pour quelques jours le contemporain des roses (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Été: être pour quelques jours
le contemporain des roses;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d’autres roses absente.

*

Seule, ô abondante fleur,
tu crées ton propre espace;
tu te mires dans une glace
d’odeur.

Ton parfum entoure comme d’autres pétales.
ton innombrable calice.
Je te retiens, tu t’étales –
prodigieuse actrice.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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Le papillon (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Ah les pauvres fleurs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Ah les pauvres fleurs dans les parterres des jardins ordonnés.
On dirait qu’elles ont peur de la police…
Mais si vraies qu’elles fleurissent de la même façon
Et ont le même coloris ancien
Qu’elles eurent en liberté sous le premier regard du premier homme
Qui les vit déjà écloses et les effleura délicatement
Pour les voir avec les doigts également.

(Fernando Pessoa)

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Ecole buissonnière (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Ecole buissonnière

Ma pensée est une églantine
Eclose trop tôt en avril,
Moqueuse au moucheron subtil
Ma pensée est une églantine ;
Si parfois tremble son pistil
Sa corolle s’ouvre mutine.
Ma pensée est une églantine
Eclose trop tôt en avril.

Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes,
Un peu rude au doux abandon
Ma pensée est comme un chardon ;
Tu viens le visiter, bourdon ?
Ma fleur plaît à beaucoup de bêtes.
Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes.

Ma pensée est une insensée
Qui s’égare dans les roseaux
Aux chants des eaux et des oiseaux,
Ma pensée est une insensée.
Les roseaux font de verts réseaux,
Lotus sans tige sur les eaux
Ma pensée est une insensée
Qui s’égare dans les roseaux.

Ma pensée est l’âcre poison
Qu’on boit à la dernière fête
Couleur, parfum et trahison,
Ma pensée est l’âcre poison,
Fleur frêle, pourprée et coquette
Qu’on trouve à l’arrière-saison
Ma pensée est l’âcre poison
Qu’on boit à la dernière fête.

Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid
Sans souci d’heure ni d’endroit
Ma pensée est un perce-neige.
Si son terrain est bien étroit
La feuille morte le protège,
Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid.

(Charles Cros)

Illustration

 

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L’onde tremble comme une moire (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Nicole Helbig ca0

L’onde tremble comme une moire
De ténèbre à travers la nuit,
L’onde profonde, sourde et noire,
Où tout à coup la lune luit.

Du fond des eaux la lune attire
De pâles, longues, frêles fleurs,
Qui montent, s’ouvrent et se mirent
Dans son impalpable splendeur.

Mystérieusement écloses,
Comme un mortel pressentiment,
Dans l’onde et la lune elles posent
Leurs longs et pâles flambeaux blancs.

Il semble, au delà de la vie,
Et cependant à mon côté,
Que quelque être étrange m’épie,
Invisible dans la clarté.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Aujourd’hui dans mon coeur (Ki no Tsurayuki)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Comme dans la plaine automnale
Se mêlent les mille couleurs
Des fleurs écloses,
Aujourd’hui dans mon coeur
Se mêlent mille soucis d’amour.

(Ki no Tsurayuki)

 

 

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L’empreinte (Jeanne Marvig)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



L’empreinte

Albi, ce matin-là, semblait s’épanouir
Comme une grande fleur dans le matin éclose
Et sur ses toits chaque rayon faisait fleurir
Des pétales de rose

La cathédrale était, dans le jour grandissant,
Un vaisseau de rubis aux hublots de lumière
et le vieux pont roulait des flots d’or et de sang
sous ses arches de pierre

 » Viens, m’as-tu dit, courons pour surprendre l’éveil
Aux pleins-cintres des arcs, aux flammes des ogives,
Des légendes d’antan, dans les bras du sommeil
et de l’ombre captive

L’aurore accrochera des feux aux modillons,
Zigzaguera dans les panneaux de colombages,
Rira sur les rinceaux et, dans les médaillons,
Fleurira les visages !

A la clarté candide et jeune du matin,
Nous interrogerons tout bas les vieilles pierres
Et nous écarterons d’une pieuse main
Saxifrages et lierres.

Car la pierre où les doigts diligents des humains
Ont immobilisé l’élan de la pensée,
Dans la pérennité des lointains lendemains,
En reste caressée. »

Alors, dans Saint-Salvy, sous le cloître roman,
Sur les pavés disjoints de « l’escalier de verre »,
Nous avons écouté, comme un balbutiement,
Du passé la prière

Son immuable cœur semblait ressusciter
Dans le battement sourd d’une plainte éternelle,
Et renaître dans le matin et s’éployer
Plus palpitant qu’une aile.

(Jeanne Marvig)

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Pas un regard ne l’a vue (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



Elle est éclose
elle s’est épanouie
elle s’est fanée
elle s’est défaite
pas un regard ne l’a vue

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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