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Poésie

Posts Tagged ‘éclosion’

La nuit n’est jamais noire (Marguerite Clerbout)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019


La nuit n’est jamais noire,

elle est éclosion

de tous les bleus perdus

au-dessus de l’ensommeillement des oiseaux

(Marguerite Clerbout)

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ÉLOGE À UNE FLEUR D’AUTOMNE (Lu Yoe)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



ÉLOGE À UNE FLEUR D’AUTOMNE

Au-delà du relais de poste
Un pont en ruine
Une fleur en éclosion
Solitaire, dans l’abandon
Triste à l’approche de la nuit
Et plus encore aux caprices du vent et de la pluie

Cette fleur ne rivalise pas de beauté avec le printemps
La jalousie des autres fleurs la laisse indifférente
Une fois tombée dans la boue
Elle devient poussière
Son parfum reste pourtant intact

(Lu Yoe)

Illustration

 

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Les serres et les bois (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Les serres et les bois

Dans les serres silencieuses
Où l’hiver invite à s’asseoir,
Sous un jour blême comme un soir
Fument les plantes précieuses.

L’une, raide, élançant tout droit
Sa tige aux longues feuilles sèches,
Darde au plafond, comme des flèches,
Les pointes d’un calice étroit.

Une autre, géante à chair grasse,
Que hérissent de durs piquants,
Ne sourit que tous les cinq ans
Dans une éclosion sans grâce.

Une autre, molle en ses efforts,
Grimpe au vitrail, et la captive
Regarde en pitié l’herbe active
Qui tient tête au vent du dehors.

Pas un souffle ici, rien ne bouge ;
Toutes versent avec lenteur,
A flots lourds, la fade senteur
De leur floraison fixe et rouge.

Celui qu’elles charment d’abord,
Dans cet air qui bientôt lui pèse,
Envahi par un grand malaise,
Descend de l’ivresse à la mort.

Ah ! Que mille fois plus aimée
La violette, fleur des bois !
Et que plus saine mille fois
La chambre qu’elle a parfumée !

Son baume, loin d’appesantir,
Allège et fait l’âme nouvelle ;
mais fine, il faut s’approcher d’elle,
La baiser, pour la bien sentir.

(Sully Prudhomme)

 

 

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Vivre dans la réalité de l’esprit (Roger Quesnoy)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Vivre dans la réalité de l’esprit
Se tenir le plus près possible
du point où les pensées se forment.
Assister à leur éclosion.

Nous sommes déjà dans le pays
Où l’on n’arrive jamais.
Mais nous bivouaquons aux frontières.

(Roger Quesnoy)

 

 

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LACKAWANNA (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

LACKAWANNA

Remblai de voie ferrée, rouille,
ressassement : ce qui n’est plus supportable, de nouveau,
manoeuvrant sur
ta terre gris métallisé. L’oeil
ne reconnaît pas
ce qui le pénètre : il doit toujours refuser
de refuser.

Dans l’éclosion des frimas
de l’équinoxe : tu auras ton nom,
et rien de plus. Réduit
à l’état de graine rougissante
auquel chaque acte
te ramène, ton pore brûlant illuminé d’images
de nouveau
se fraiera son
chemin.

(Paul Auster)

Illustration

 

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Ma dame est un jardin d’ivoire, couvert de fleurs (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Alain Bonnefoit
    
ma dame est un jardin d’ivoire,
couvert de fleurs.
sous la grande et silencieuse éclosion
de couleurs subtiles que sont ses cheveux
son oreille est une fleur frêle et mystérieuse
ses narines
sont de timides exquises
fleurs qui habilement remuent
à la moindre caresse d’air qu’elle respire,ses
yeux sa bouche sont trois fleurs. Ma dame
est un jardin d’ivoire
ses épaules sont de lisses et brillantes
fleurs
sous lesquelles percent les fleurs nouvelles
de ses petits seins se balançant avec amour
sa main forme cinq fleurs
sur son ventre blanc est une maligne fleur en forme de rêve
et ses poignets sont les plus pures plus merveilleuses fleurs ma
dame est couverte
de fleurs
ses pieds sont effilés
formés chacun de cinq fleurs sa cheville
est une minuscule fleur
les genoux de ma dame sont deux fleurs
Ses cuisses sont de vastes et fermes fleurs de nuit
et exactement entre
elles endormie intensément
est

la fleur soudaine d’une totale stupéfaction

ma dame couverte de fleurs
est un jardin d’ivoire.

Et la lune est un jeune homme

que je vois régulièrement,autour du crépuscule,
entrer dans le jardin et sourire
en lui-même.

***

my lady is an ivory garden,
who is filled with flowers.
under the silent and great blossom
of subtle colour which is her hair
her ear is a frail and mysterious flower

her nostrils
are timid and exquisite
flowers skilfully moving
with the least caress of breathing,her
eyes and her mouth are three flowers. My lady

is an ivory garden
her shoulders are smooth and shining
flowers
beneath which are the sharp and new
flowers of her little breasts tilting upward with love
her hand is five flowers
upon her whitest belly there is a clever dreamshaped flower
and her wrists are the merest most wonderful flowers my
lady is filled
with flowers
her feet are slenderest
each is five flowers her ankle
is a minute flower
my lady’s knees are two flowers
Her thighs are huge and firm flowers of night
and perfectly between
them eagerly sleeping
is

the sudden flower of complete amazement

my lady who is filled with flowers
is an ivory garden.

And the moon is a young man

who i see regularly,about twilight,
enter the garden smiling to
himself

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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La faute (David Gascoyne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
La faute

Vivre, et respirer
Et aspirer, sentir le feu
Surgir à travers la partie mortelle et gagner
Par des veines calcinées encore plus haut !
Mais qui n’a pas vécu une heure
Dans la condition condamnée de notre sang
Sans connaître comment une blessure comme une flamme noire
Exquise, irréparable, peut éclater dans son éclosion
Dans ce qui est immortel en nous, sans recevoir
Notification de la faute : être vivant !

***

The Fault

To live, and to respire
And to aspire, to feel the fire
Urge upward through the mortal part and gain
Through burnt-out veins still higher!
But who has lived an hour
In the condemned condition of our blood
And not known how a wound like a black flower,
Exquisite and irreparable, can break
Apart in the immortal in us, or not felt
An intimation of the fault: to be alive!

(David Gascoyne)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

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Journée d’avril (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Jeff Scher
    
journée d’avril

un poème rude et tendre
voilà ce qu’il nous faut

l’espiègle saute d’humeur
d’une journée d’avril
rafales, soleil, pétales
l’éclosion d’un rire
sur les lèvres d’une fille
— jette tous tes vieux poèmes
pour une poignée de réel

(Alain Jean-André)

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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L’arbre est en fleur (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



L’arbre est en fleur.
Pour le caillou,
point d’éclosion.

(Edmond Jabès)

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Berceuse (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



Berceuse

Fais ton lit et couche-toi
et regarde par la fenêtre
comment grandissent au-dehors
le printemps et la tristesse
le ciel n’est qu’un immense
chagrin bleu
et les arbres éclatent de sanglots
à chaque éclosion de fleurs.
Toi, ne pleure pas, enlève tes habits
enlève ta vie,
élance-toi nue, et réjouis-toi
d’être seule
dans le printemps
dans le ciel dans les arbres
dans la lumière
réjouis-toi de ne pas te lever
plus parler, plus répondre
plus marcher.
Ne pense pas au froid ne bouge pas
sur ton corps blanc
le soleil descendra
quand les maisons d’en face
seront démolies
et aussi les cheminées et
les antennes de la télévision.

(Agota Kristof)

 

 

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