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LES MYSTÈRES DU TELEGRAPHE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020




    
LES MYSTÈRES DU TELEGRAPHE
À Françoise Gilot

Les enfants après l’école
aux poteaux du télégraphe
doucement l’oreille collent
poursuivant le temps qui passe
avec ses chevaux légers
ses fifres et ses tambours
et son charroi partagé
de bons et de mauvais jours

Ce n’est que le temps qui passe
ne sait pas ce qu’il dit
Il trébuche dans ses traces
Il se perd dans ses soucis
Beaux enfants d’après l’école
il sera bien temps plus tard
de savoir ce qui s’envole
de ces poteaux trop bavards

Ne sachant pas ce qu’ils disent
ne parlant que pour parler
les plaisirs qu’ils nous prédisent
les chagrins qu’ils annonçaient
sont promesses mensongères
Beaux enfants d’après l’école
méfiez-vous des jolis airs
que jouent ces poteaux frivoles

Il n’est qu’un seul coquillage
où l’on entende vraiment
la mer et ses beaux naufrages
la vie ses vrais accidents
C’est le coeur de la dormante
qui battra à vos côtés
dans des nuits si différentes
de celles des écoliers

Vous serez grandes personnes
ne jouant plus à la marelle
répondant au téléphone
n’ayant plus la varicelle
Vous porterez des moustaches
et ne mettrez plus l’oreille
aux poteaux du télégraphe
qui bredouillent leurs merveilles
mais nous laissent en carafe
entre demain et la veille.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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L’Etendue (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020


 

Miroitant comme la peau
d’une bête sauvage
le haut chapeau de soie
d’un homme
reste sur son crâne étroit
une femme demeure à son bras
autour d’eux les chantiers à houille
et les tas de sable
peuplent l’étendue exsangue
du paysage de leur vie
mais un écolier étudie
algèbre et géométrie
dans une pièce neutre
et toute blanche.

(Jean Follain)

 

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Les Amoureux (Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2020




    
Les Amoureux

Souvent a l’école, on se moque de nous
Les enfants rigolent, ce sont des jaloux
Ma princesse a osé, quelle bien jolie scène
Elle a déposé sa main dans la mienne

Nous faisons le mur, ce n’est pas de tout repos
Je suis sans armure, elle est sans château
Souvent dans la rue, on nous montre du doigt
Les gens sont bourrus, mais les gens sont comme ça

Tout ça parce que tous les deux, nous oublions d’être sages
On est amoureux, et nous enjambons les nuages!

Nous avons fugué entre deux paragraphes
Nous avons largué les leçons d’orthographe
Tout par dessus bord, les dictées, les problèmes
On est tombé d’accord, pour se dire je t’aime.

Ici les oiseaux sont dans la confidence

Quand on est en haut, plus rien n’a d’importance
Au premier baiser, plus rien ne bouge
J’ai senti passer, mes joues de roses à rouges

Selon les vents, si ça nous sonne
Quand nous serons de grandes personnes
Nous redescendrons sur Terre

Et quand les archers auront des ailes
Le cœur de tout les écoliers
Nous viendrons vous chanter ces vers

Levez bien la tête! Ouvrez grand les yeux!
Vous verrez peut être les enfants amoureux.

Fleurter sur les stratus, quelle sensation étrange.
Flâner sur les nimbus, deux apprentis-anges.

Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages.
Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages!

(Aldebert)

 

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Les genêts (François Fabié)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Les genêts

Les genêts, doucement balancés par la brise,
Sur les vastes plateaux font une boule d’or ;
Et tandis que le pâtre à leur ombre s’endort,
Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;

Cette fleur qui le fait rêver d’amour, le soir,
Quand il roule du haut des monts vers les étables,
Et qu’il croise en chemin les grands boeufs vénérables
Dont les doux beuglements appellent l’abreuvoir ;

cette fleur toute d’or, de lumière et de soie,
En papillons posée au bout des brins menus,
Et dont les lourds parfums semblent être venus
De la plage lointaine où le soleil se noie…

Certes, j’aime les prés où chantent les grillons,
Et la vigne pendue aux flancs de la colline,
Et les champs de bleuets sur qui le blé s’incline,
Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.

Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines,
Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts,
Les sauvages sommets de genêts recouverts,
Qui font au vent d’été de si fauves haleines.

***

Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays,
Des petits écoliers aux cheveux en broussailles
Qui s’enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles,
Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ?

Comme l’herbe était fraîche à l’abri de vos tiges !
Comme on s’y trouvait bien, sur le dos allongé,
Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé,
Un parfum enivrant à donner des vertiges !

Et quelle émotion lorsqu’un léger froufrou
Annonçait la fauvette apportant la pâture,
Et qu’en bien l’épiant on trouvait d’aventure
Son nid plein d’oiseaux nus et qui tendaient le cou !

Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles
Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent,
– Précoces braconniers, – de revenir souvent
Tendre en vos corridors des lacets pour les merles.

Mais il fallut quitter les genêts et les monts,
S’en aller au collège étudier des livres,
Et sentir, loin de l’air natal qui vous rend ivres,
S’engourdir ses jarrets et siffler ses poumons ;

Passer de longs hivers dans des salles bien closes,
A regarder la neige à travers les carreaux,
Éternuant dans des auteurs petits et gros,
Et soupirant après les oiseaux et les roses ;

Et, l’été, se haussant sur son banc d’écolier,
Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne,
Pour sentir si le vent de la lande prochaine
Ne vous apporte pas le parfum familier.

***

Enfin, la grille s’ouvre ! on retourne au village ;
Ainsi que les genêts notre âme est tout en fleurs,
Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs,
On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.

On retrouve l’enfant blonde avec qui cent fois
On a jadis couru la forêt et la lande ;
Elle n’a point changé, – sinon qu’elle est plus grande,
Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.

 » Revenons aux genêts ! – Je le veux bien ?  » dit-elle.
Et l’on va côte à côte, en causant, tout troublés
Par le souffle inconnu qui passe sur les blés,
Par le chant d’une source ou par le bruit d’une aile.

Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous ;
Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches,
Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches ;
Quant à moi, je me mets simplement à genoux.

Et nous parlons des temps lointains, des courses folles,
Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants
Qui paraissent toujours si beaux aux coeurs aimants
Parce que les regards soulignent les paroles.

Puis le silence ; puis la rougeur des aveux,
Et le sein qui palpite, et la main qui tressaille,
Au loin un tendre appel de ramier ou de caille…
Comme le serpolet sent bon dans les cheveux !

Et les fleurs des genêts nous font un diadème ;
Et, par l’écartement des branches, haut dans l’air.
Paraît comme un point noir l’alouette au chant clair
Qui, de l’azur, bénit le coin d’ombre où l’on aime !…

Ah ! de ces jours lointains, si lointains et si doux,
De ces jours dont un seul vaut une vie entière,
– Et de la blonde enfant qui dort au cimetière, –
Genêts de mon pays, vous en souvenez-vous ?

(François Fabié)

 

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Rondeau des rondeaux (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020



    


    
Rondeau des rondeaux

Pour le rondeau des rondeaux
Il faut disposer en rond
Douze écoliers : six garçons
Et six filles, puis il faut

Que tous sachent leur leçon
Sans oublier un seul mot
Pour le rondeau des rondeaux
Un rondeau, ce n’est pas long
Le septième fait l’écho
Du premier et de nouveau
Le même en dernier répond
Pour le rondeau des rondeaux

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rondeau de l’orthographe (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeau de l’orthographe

krégné lé phôtes d’ortografe,
ekoliés, je vouzen supli
fo pas troizèfes à giraffe
sachéle bien, un seul sufi

de no jour on é bien genti
on vous footra paz une baffe
si youyou trompai mais je le di
krégné lé phôtes d’ortografe,

si vous évrivéz mâl agraffe
sa vous souivra toute la vi
et ballafrre ! et gaphe ! et carraffe !
krégné lé phôtes d’ortografe,

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pauvre humanité (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



 

Michael Sowa (9)

Pauvre humanité
des petits matins hâtifs
avec tous ces écoliers
plaqués contre leur cartable
et le regard rouge
des mères pressées
et ces fonctionnaires
en imperméable
pauvre humanité hagarde
accrochée aux grilles
d’une fausse vie
en ces matins
au soleil éteint

(Françoise Campo-Timal)

Illustration: Michael Sowa

 

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LITANIE DES ÉCOLIERS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019



Illustration: Robert Doisneau
    
LITANIE DES ÉCOLIERS

Saint Anatole,
Que légers soient les jours d’école !
Saint Amalfait,
Ah ! que mes devoirs soient bien faits !
Sainte Cordule,
N’oubliez ni point ni virgule.
Saint Nicodème,
Donnez-nous la clé des problèmes.
Saint Tirelire,
Que grammaire nous fasse rire
Saint Siméon,
Allongez les récréations.
Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points.
Sainte Clémence,
Que viennent vite les vacances !
Sainte Marie
Faites qu’elles soient infinies !

(Maurice Carême)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Rêve le plus proche (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Le Rêve le plus proche – recule – irréalisé –
Le Ciel que l’on poursuit –
Comme l’Abeille de Juin – devant l’Ecolier –
Invite à la Course –
Descend sur un Trèfle facile –
Plonge – échappe – agace – se déploie –
Puis – vers les Nues Royales –
Elève son léger Esquif –
Insoucieux du Garçon –
Qui contemple – ahuri – le Ciel moqueur –
Regrettant le Miel constant –
Ah – l’Abeille ne fuit point –
Qui fabrique cette rare variété !

(Emily Dickinson)


Illustration

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BRUINE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



BRUINE

L’automne et l’hiver
Descendent tous deux ;
Il pleut et il neige,
Il neige et il pleut.

Vide, la nuit tombe,
Poisseuse, des cieux ;
Des écoliers pâles
Passent souffreteux.

Les murs sont humides,
Le froid m’envahit.
Et lors ma pensée
Vers les tombes fuit…

L’automne et l’hiver
Descendent tous deux ;
Il pleut et il neige,
Il neige et il pleut.

(George Bacovia)

 

 

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