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Poésie

Posts Tagged ‘écorcher’

On n’a jamais dit la haute blessure (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



on n’a jamais dit la haute blessure

le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune

la plaie si douce
et les ténèbres renversées

on n’a jamais dit

tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs

et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer

(Zéno Bianu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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L’enfant nu et son carquois (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



L’enfant nu et son carquois
le bel enfant narquois
parce qu’il a des ailes
l’enfant vise l’oiseleur
vise la demoiselle
et d’un trait perce deux coeurs.
Il joue son jeu ardent
le jeu du Petit Dardant.

Le Petit Dardant riait – mon coeur –
quand tu deviens cette drôle de soeur
que je ne respectais que tout bas.
La Loire a des vagues moins douces que tes bas.
La Loire a des mousses moins lisses que tes bras.

J’ai tant tardé à t’aimer
j’ai mis tant de temps à t’attendre
que je ne sais commencer
et que je tremble
devant notre carte du Tendre.

Au bosquet des Mirages partagés
m’a dit le Petit Dardant :
– Va sur les berges de ta belle
le miel de lune t’attend.
Va sur les rives aux mésanges
ta princesse fait l’ange.
Sur les bords de ses hanches
va faire un tour en barque
pêcher ses goujons
et danser sous ses ponts
au Bal du Monarque
à Cithère-le-Pont.

Depuis j’allais sur les bords de toi
les mains le coeur les pieds nus
avec les émois
de celui que je fus.

Tout m’écorche
du passé les souvenirs les roches
pourtant une rose naît à chaque peine
que tu me donnes.
Je la cueille pour que m’abandonne
le mal de douce-mère.

A la Fontaine des Fougères
la rose épousait le lierre
et le Petit Dardant
riait de toutes les dents
du printemps.

(Armand Lanoux)


Illustration:Lambert Sustris

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Encore que ses soupirs (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



 


    
Encore que ses soupirs n’enfleraient qu’un mouchoir,
Mieux sait-il écorcher et de mort émouvoir
Cette échine rebelle, où décevoir vos forces
Vents qui vous essoufflez à la rompre d’entorse

(Olivier Larronde)

 

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Le souffle atténué (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    

Le souffle atténué
le vent
béni de vieil oubli
Rien de prévisible
de clair
la bouche
écorche le sexe
Le corps humain
se perd dans l’incertain
Le coeur
on veut y croire
le coeur aimant
est vierge
On fait la grande lessive
pour ses habits de fête
On dit qu’on sait
on est
on pense toucher le ciel

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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La chevelure (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



La chevelure

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême
Occident de désirs pour la tout déployer
Se pose (je dirais mourir un diadème)
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vie nue
L’ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l’oeil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt
Rien qu’à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche
Ainsi qu’une joyeuse et tutélaire torche.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Le Titien

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PLUS HAUT VOLANT (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



PLUS HAUT VOLANT

Nous qui n’avons que nos étreintes
Pour démontrer notre innocence
Nous aimons la neige qui prouve
L’existence des bêtes
Que l’on ne voit jamais.

Je voudrais être
Le linge que tu portes
Les pavés où tu marches
Les branches qui t’écorchent
La dent d’acier qui jamais ne te quitte
La nourriture que ton ventre sanctifie
Ta pulpe, mon amande fraîche
Ton bocal, mon poisson gentil
Ton lit, ma toujours nue
Ton cercueil, ma mortelle.

Tant que nous sommes encroués
Comme deux arbres fraternels

Ne sachant plus si c’est ta bouche
Qui me dévore ou bien la mienne

Si c’est ton coeur qui bat des ailes
Dans ma poitrine ou bien mon coeur

Tout le temps que nous disputons
A qui ces seins cette fourrure

Et ces exquises confitures
Que pourrait contre nous la mort

Hormis nous foudroyer tous deux
Dans le bois sacré de ton ventre

Et ce ne serait pas mourir
Puisque nous flamberions ensemble.

(Jean Rousselot)

Illustration: René Julien

 

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Derniers vers (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



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Derniers vers

Flamboyantes écumes éparses dans les ourses
La joie me revenait comme un arc-en-ciel
Les nuages pendus au fin fond des forêts
Et les rires fusaient au revers de ma bouche,
Maritimes effluves au ressac des liesses
Très ardents les soleils se heurtaient aux éclipses,
Et les infinis dansaient en mon être éperdu.

Saluant l’autre rive dans les brouillards mystiques
Je pensais à ces terres éternellement désertées
Cependant que soudain la lumière venait
À approcher mon âme oscillant aux abîmes
Et se dressant tout droit à l’horizon des vagues
Comme un vitrail de sang épanoui qu’on écorche
Dans la musique claire des astres dérivant
Qui tournoieraient longtemps avant que d’émerger.

Décembre 2011 (dicté à l’hôpital)

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Haute Blessure (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



on n’a jamais dit la haute blessure

le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune

la plaie si douce
et les ténèbres renversées

on n’a jamais dit

tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs

et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer

(Zéno Bianu)

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Ah! baiser la main d’une femme d’une monde (Serge Gainsbourg)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Ah! baiser la main d’une femme d’une monde
Et m’écorcher les lèvres à ses diamants
Et puis dans la jaguar
Brûler son léopard
Avec une cigarette anglaise
Et s’envoyer des dry au Gordon
Et des Pimm’s
Number one
Avant que de filer chez Maxim’s
Grand seigneur
Dix sacs au chasseur
Enfin
Poser
Ma pelle
Et chauffer
Ma gamelle

(Serge Gainsbourg)

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THRÈNE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015




THRÈNE

Plus jamais pour nous le bref soupir,
Plus jamais les vents du crépuscule qui inquiètent.

Vois le joli mort!

Plus jamais la flamme qui m’anime.
Plus jamais le froissement des ailes
Qui bruissent dans l’air au-dessus de nos têtes.

Vois le joli mort!

Plus jamais le désir qui m’écorche,
Plus jamais le tremblement
Des mains qui se rencontrent.

Vois le joli mort!

Plus jamais pour nous le vin des lèvres,
Plus jamais pour nous la connaissance.

Vois le joli mort!

Plus jamais le torrent,
Plus jamais pour nous le lieu de rencontre

(Vois le joli mort!)

Tintagel.

(Ezra Pound)

 

 

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