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Poésie

Posts Tagged ‘écoulement’

Oser dire oui (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018




    
oser dire oui n’est pas si peu
pour parvenir à l’essentiel

être éveillé au mouvement
de l’écoulement

(Israël Eliraz)

 

Recueil: et tout cela pour dire ose
Traduction:
Editions: José Corti

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VÉNUS (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Julien Bourdon
    
VÉNUS
Ainsi t’ai-je vue.

La jeune morte
sur la nacre de sa couche
nudité de brise en fleur
surgissait au jour éternel.

Le monde qui restait,
iris d’ombre et coton,
regardait à la croisée
l’écoulement sans fin des choses.

La jeune morte
creusait l’amour en son tréfonds.
Entre l’écume de ses draps
se perdait sa chevelure.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Brève dérivation (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018




    
Brève dérivation
de l’écoulement du temps
engendrant une petite pensée
compassionnelle
le bourdonnement croissant
puis décroissant
d’un hélicoptère
volant au ras des toits
en direction de l’hôpital

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Le silence des forêts est fait de murmures (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018




    
— Le silence des forêts est fait de murmures
de plaintes, de sanglots de larmes et de cris
des femmes convoitées qui y trouvaient refuge,
des hommes pourchassés qui défendaient leurs terres,

Le silence des forêts est fait de messages
transmis aux nouveau-nés par les sages inspirés,
qui annonçaient la bienveillance des astres,
où les assauts de forces invisibles, hostiles,

Le silence des forêts est fait de paniques,
des multiples chants des oiseaux innombrables,
de l’envol des rapaces fondant sur leur proie,
du lent écoulement des pluies sur les fougères,

Le silence des forêts est fait de l’écho,
du frôlement des branches, des cris des rongeurs,
de la chute des bogues sur les feuilles mortes,
de la fuite des biches effrayées par le vent ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Nostalgie, exaltation (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Ghislaine Ameglio-Serre  Cana [800x600]

Les murs ne tombent pas
[31]

Nostalgie, exaltation,
pur noyau de cogitation brûlante,

notes dans une marge,
palimpseste indéchiffrable griffonné

de trop d’émotions contradictoires,
quête d’une définition finie

de l’infini, titubant vers
une vague expression cosmique,

sentiment évident,
dossier contenant un compte bancaire spirituel,

crédit-pertes indiqué bien trop crûment,
une débauche d’imagination non élaguée,

gribouillages d’équations psychiques numériques,
runes, superstitions, évasions,

invasion de la sur-âme dans une coupe
trop fragile, une jarre trop circonscrite,

un peu trop poreuse pour contenir l’écoulement
de l’eau-qui-va-être-changée-en-vin

aux noces ; quête stérile,
arrogance, suffisance, pitoyable réticence,

vantardise, intrusion d’allusions
inappropriées et affectées,

illusion des dieux-perdus, des démons ;
joueur d’éternité,

initié de la sagesse secrète,
épouse du royaume,

illusion, réversion des vieilles valeurs,
unité perdue, folie.

***

Wistfulness, exaltation,
a pure core of burning cerebration,

jottings on a margin,
indecipherable palimpsest scribbled over

with too many contradictory emotions,
search for finite definition

of the infinite, stumbling toward
vague cosmic expression,

obvious sentiment,
folder round a spiritual bank-account,

with credit-loss too starkly indicated,
a riot of unpruned imagination,

jottings of psychic numerical equations,
runes, superstitions, evasions,

invasion of the over-soul into a cup
too brittle, a jar too circumscribed,

a little too porous to contain the out-flowing
of water-about-to-be-changed-to-wine

at the wedding; barren search,
arrogance, over-confidence, pitiful reticence,

boasting, intrusion of strained
inappropriate allusion,

illusion of lost-gods, daemons;
gambler with eternity,

initiate of the secret wisdom,
bride of the kingdom,

reversion of old values,
oneness lost, madness.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Ghislaine Ameglio-Serre

 

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Un chant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017


chant

 

Un chant
N’est pas le chant
Pour ceux qui l’entendent

Quand ils le sentent porter
L’écoulement du temps.

Le chant arrache
A la durée.

(Guillevic)

 

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Notre centre de gravité (Jeanne Guesné)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Notre centre de gravité habituel se trouve dans notre intellect,
donc dans un concept de la réalité,
non dans la réalité qui par nature est intraduisible.
Le concept n’est pas plus le réel que le mot pain n’est le pain réel.

Saisir la réalité de la Vie dans l’intervalle de silence entre deux pensées!
Entrer dans ce trou …
Transformer l’écoulement familier des pensées,
strié parfois par la fulguration d’un silence,
en l’écoulement tranquille d’un silence strié par l’apparition de pensées.
En un mot, inverser le système.
L’évidence m’est révélé dans « l’instant ».
Une citadelle dans laquelle je m’étais enfermée s’écroule;
les briques et les moellons inextricablement confondus
étaient mes jugements, mes opinions, mes croyances,
ma vision sclérosée des êtres et des choses.

A « l’instant, je Vois »,
je ne pense pas, et voir ainsi,
c’est communier avec ce qui EST.

« Sentir » dans un éclair
que je suis un « moment » de la Conscience Universelle.
Elle vit en tous les hommes simultanément,
et c’est en moi-même,
profondément enfouie sous forme humaine qu’elle a créé et qu’elle anime,
que je peux la découvrir et la « Reconnaître »

(Jeanne Guesné)

 

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L’HOMME ESCALADE SON PARADIS SECRET (Eduardo Jonquieres)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



 

L’HOMME ESCALADE SON PARADIS SECRET

Couronné de nuit, d’éclairs et d’immédiats nuage
L’homme en détresse escalade son paradis secret
Il tire à lui, comme une outre, cette agnelle pleine
Cette panse gonflée, emplie d’obscures cantilènes
La vie, avec son lent écoulement.

Il est seul au milieu du désir,
Lent, devenu son écorce dernière.
Le temps désaccorde sa voix étouffée.
La mort passe, les hontes
Acceptées, la rougeur coupable et les heures d’absolu

(La mort passe et pardonne,
Les fautes demeurent dans la besace pleine.)

Que reste-t-il de lui sinon le plus perdu ?
Quoi de plus, sinon le moins ?
Que reste-t-il après la prière et la colère insensées
Pour apaiser les anciens jours et le futur ?

Les portes n’admettent pas la quête prudente.
Qui appelle, et quoi ? Quel bandeau déchiré
Tombe
Montrant la chair vive, nuisible,
Ouverte à l’air, sanglotant par le dedans
Avec l’autre face tournée vers le vide ?
On n’appelle pas, non, personne n’appelle.
Personne n’aide l’homme à monter
Vers son paradis secret. Et la vie
Le tire à lui, la vie pleine.

(Eduardo Jonquieres)

Illustration

 

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Intarissablement (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Intarissablement

Dire qu’au fond des cieux n’habite nul Songeur,
Dire que par l’espace où sans fin l’or ruisselle,
De chaque atome monte une voix solennelle
Cherchant dans l’azur noir à réveiller un coeur!

Dire qu’on ne sait rien! et que tout hurle en choeur.
Et que pourtant, malgré l’angoisse universelle,
Le Temps qui va roulant les siècles pêle-mêle,
Sans mémoire, éternel et grave travailleur,

Charriant sans retour engloutis dans ses ondes
Les cendres des martyrs, les cités et les mondes,
Le Temps, universel et calme écoulement,

Le Temps qui ne connaît ni son but, ni sa source,
Mais rencontre toujours des soleils dans sa course,
Tombe de l’urne bleue intarissablement!

(Jules Laforgue)


Illustration: Gilbert Garcin

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Ah, élan du souffle (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Dans l’Ouvert, toutes choses se révèlent présences
Leur voie n’est point écoulement-épuisement
Présence à présence, elles se suscitent et s’élèvent
Transformant la marche droite et horizontale
En fumée bleue de l’accueil. Corps ailés tendus
Vers le clair et le haut, mouvement même du Tao

Ah, élan du souffle, pur jaillissement, chant!

(François Cheng)

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