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Poésie

Posts Tagged ‘écoulement’

Un chant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017


chant

 

Un chant
N’est pas le chant
Pour ceux qui l’entendent

Quand ils le sentent porter
L’écoulement du temps.

Le chant arrache
A la durée.

(Guillevic)

 

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Notre centre de gravité (Jeanne Guesné)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Notre centre de gravité habituel se trouve dans notre intellect,
donc dans un concept de la réalité,
non dans la réalité qui par nature est intraduisible.
Le concept n’est pas plus le réel que le mot pain n’est le pain réel.

Saisir la réalité de la Vie dans l’intervalle de silence entre deux pensées!
Entrer dans ce trou …
Transformer l’écoulement familier des pensées,
strié parfois par la fulguration d’un silence,
en l’écoulement tranquille d’un silence strié par l’apparition de pensées.
En un mot, inverser le système.
L’évidence m’est révélé dans « l’instant ».
Une citadelle dans laquelle je m’étais enfermée s’écroule;
les briques et les moellons inextricablement confondus
étaient mes jugements, mes opinions, mes croyances,
ma vision sclérosée des êtres et des choses.

A « l’instant, je Vois »,
je ne pense pas, et voir ainsi,
c’est communier avec ce qui EST.

« Sentir » dans un éclair
que je suis un « moment » de la Conscience Universelle.
Elle vit en tous les hommes simultanément,
et c’est en moi-même,
profondément enfouie sous forme humaine qu’elle a créé et qu’elle anime,
que je peux la découvrir et la « Reconnaître »

(Jeanne Guesné)

 

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L’HOMME ESCALADE SON PARADIS SECRET (Eduardo Jonquieres)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



 

L’HOMME ESCALADE SON PARADIS SECRET

Couronné de nuit, d’éclairs et d’immédiats nuage
L’homme en détresse escalade son paradis secret
Il tire à lui, comme une outre, cette agnelle pleine
Cette panse gonflée, emplie d’obscures cantilènes
La vie, avec son lent écoulement.

Il est seul au milieu du désir,
Lent, devenu son écorce dernière.
Le temps désaccorde sa voix étouffée.
La mort passe, les hontes
Acceptées, la rougeur coupable et les heures d’absolu

(La mort passe et pardonne,
Les fautes demeurent dans la besace pleine.)

Que reste-t-il de lui sinon le plus perdu ?
Quoi de plus, sinon le moins ?
Que reste-t-il après la prière et la colère insensées
Pour apaiser les anciens jours et le futur ?

Les portes n’admettent pas la quête prudente.
Qui appelle, et quoi ? Quel bandeau déchiré
Tombe
Montrant la chair vive, nuisible,
Ouverte à l’air, sanglotant par le dedans
Avec l’autre face tournée vers le vide ?
On n’appelle pas, non, personne n’appelle.
Personne n’aide l’homme à monter
Vers son paradis secret. Et la vie
Le tire à lui, la vie pleine.

(Eduardo Jonquieres)

Illustration

 

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Intarissablement (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Intarissablement

Dire qu’au fond des cieux n’habite nul Songeur,
Dire que par l’espace où sans fin l’or ruisselle,
De chaque atome monte une voix solennelle
Cherchant dans l’azur noir à réveiller un coeur!

Dire qu’on ne sait rien! et que tout hurle en choeur.
Et que pourtant, malgré l’angoisse universelle,
Le Temps qui va roulant les siècles pêle-mêle,
Sans mémoire, éternel et grave travailleur,

Charriant sans retour engloutis dans ses ondes
Les cendres des martyrs, les cités et les mondes,
Le Temps, universel et calme écoulement,

Le Temps qui ne connaît ni son but, ni sa source,
Mais rencontre toujours des soleils dans sa course,
Tombe de l’urne bleue intarissablement!

(Jules Laforgue)


Illustration: Gilbert Garcin

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