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Poésie

Posts Tagged ‘écrasée’

Tout poème n’est qu’un balbutiement (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Il y a des choses qui occupent tellement leur place
qu’elles parviennent à se déplacer elles-mêmes
et repoussent tout alentour,
comme d’invraisemblables créatures qui débordent de leur peau
et ne peuvent se réabsorber.

Ainsi parfois la poésie ne me laisse pas écrire.
L’écriture reste alors écrasée
comme la pâture sous un gros animal.
Et il n’est possible de recueillir que peu de paroles
piétinées dans l’herbe.

Mais tout poème n’est qu’un balbutiement
sous le balbutiement sans fin des étoiles.

(Roberto Juarroz)

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LIBÉRATEUR (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Remedios Varo Uranga -nacer-de-nuevo

LIBÉRATEUR

Que j’ai de peine, ô temps,
à te dérober tes joyaux
— tant et tant de joyaux ! —
tes silences — à cor
et à cri, dans l’allégresse
ou dans l’aigre lumière !
Comme ils brillent
sur mes mains en sang,
écrasées par les masses
qu’il leur faut écarter,
supporter, déchirer,
pour en extraire un sourire,
une fleur, une étoile,
une larme, une illusion !

***

LIBERTADOR

¡Con qué dificultad, tiempo,
te voy robando tus joyas
—¡tantas joyas, tantas!—,
tus silencios — entre carro
y grito, entre bailoteo
y luz agria!-

¡Cómo brillan
sobre mis manos sangrientas
y aplastadas de las moles
que tienen que separar,
que soportar, que rajar,
hasta sacar la sonrisa,
la florecilla, la estrella,
la lágrima, la ilusión!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

 

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Sous le pommier dénudé (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2016


 

Sous le pommier dénudé,
l’herbe humide d’automne
sentait la pomme écrasée.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Tu es l’ivresse de la brume (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2015




Tu es l’ivresse de la brume
cette buveuse de soleil
mon oeuvre inéluctable

A l’aube tu surgis de la pâleur givrante
et la terre écrasée sous toi
ne peut plus rien

La vie semble figée
les grands monstres sommeillent
ta délivrante ubiquité fait merveille.

(Jean Orizet)

 

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