Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘écrasement’

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



    

EMMAÜS

Le soleil du soir en été calme le jeu
de la mort qui plante son dard
partout, dans la sueur et l’écrasement
de midi. Au ras de l’herbe sans bruit,

la coccinelle fait une dernière promenade
tandis que les autos passent en douce
de petites médailles jaunes au revers
de la colline qui se déshabille.

Assis, tu contemples tes pieds nus,
désormais affranchis des sentes et détachés
de toi, comme ces inconnus qui ont porté
la charge du jour et qui demandent

pourquoi, s’il faut mourir encore.

(Guy Goffette)

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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DEPART (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016


 

DEPART

La gare du village avait des airs funèbres
Tassant son grand bloc d’ombre au milieu des ténèbres.

La gare du village avait des airs hostiles
Et les rails allongeaient leur froideur de reptiles.

Au moment des adieux pleurait le vent du nord,
Et la gare, on eût dit une maison de mort.

Quelques rouges fanaux trouaient le crépuscule
Et ces fanaux semblaient remplis de sang qui brûle,

Et tout là—bas, parmi les lointains solennels,
Les rails disparaissaient dans l’ombre des tunnels.

Tout le long de la voie aux feux phosphorescents
Les fils du télégraphe où parlent les absents,

Chuchotant à distance un rappel aux mémoires,
Alignaient dans la nuit leurs fils de harpes noires.

Et lorsque le convoi l’eut emportée au loin,
Je suis resté longtemps, inerte, dans un coin,

Dans un coin où le vent attristait sa musique,
A me sentir au coeur un mal presque physique,

Un mal d’écrasement et d’atroce langueur.
Comme si tout le train m’eût passé sur le coeur !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Ryszard Miłek

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