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Posts Tagged ‘écrevisse’

Je m’ensevelis dans le sable blanc (Marie-Marcelle Ferjuste)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

Je m’ensevelis dans le sable blanc
Comme les huîtres s’y engloutissent
pendant que pleurent les écrevisses
et se courbent les flamboyants
Dans le va-et-vient des lames
Je regarde le bleu de la mer
Où monte un doux Pater Noster
tandis qu’arrivent les rames
À l’ombre des cocotiers
au loin je vois naviguer les voiliers
quand sur le sable descend le soir
Au fur et à mesure au gré des flots
le sable blanc devient noir très noir
et l’univers se ferme sur mon visage

(Marie-Marcelle Ferjuste)

Illustration: William Bouguereau

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BALLE ARITHMÉTIQUE (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



l-ecrevisse-de-louisiane

BALLE ARITHMÉTIQUE

A la une on m’offre la lune
A la deux je la coupe en deux
A la trois je la donne aux oies
A la quatre on veut me combattre
A la cinq je rencontre un prince
A la six j’aime une écrevisse
A la sept je deviens trompette
A la huit on me déshérite
A la neuf j’ai des souliers neufs
A la dix j’ai des bénéfices !

(Pierre Béarn)

Illustration

 

 

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VOYAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Vassily Kandinsky
    
VOYAGES
A Charles Bory.

Locomotives coquecigrues,
Vois les trains tonnant d’allégresse
Où les marchands de boeufs, les grues,
Se carrent, larges, à deux fesses;

Nous retrouverons la campagne
Et ses tétines de pain bis
A l’heure aromatique et douce
Où l’on pêche les écrevisses,

Les chemins des vieilles années
Dans les vergers de Vaucouleurs
Titubant, ruisselant d’abeilles
Eclatés de pommiers en fleurs.

Demoiselles du temps passé
Au visage usé de tristesse,
Le soleil de la vie s’abaisse,
L’herbe pousse entre les pavés…

Un grand coq noir ouvre ses ailes,
L’église chante, pleure au loin
Dans l’aube laiteuse et fidèle,
Dans le grand soir immaculé.

Les dieux de bois sur les étés
Sonnants, ouvrent des ailes mortes;
Dans les greniers lourds d’arentelles,
Les astres se sont endormis.

C’est là que mon enfance songe.
A l’écart des peines, des gens,
Sage, accoudée sur les bois sombres,
Sur le vide immense des champs.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Brûlent les fleurs (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

Brûlent les fleurs
trône le pain
résonne le vin
le crabe est devenu fantôme
les dernières écrevisses
abandonnent leur cuirasse
pour échapper à tes dents
je ferme les yeux pour te surprendre
cachée derrière un autre instant
es-tu rivière
murmure
constellation
dauphin ?

la chambre où tiennent à peine
le lit et la table
abrite bien le ciel
la mer et l’arc en ciel
la guerre de Troie
et les mille et une nuits

(Luis Mizón)

Illustration: Colette Calascione

 

 

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A cette heure dans le monde (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 


    
A cette heure dans le monde
Il y a peut-être une petite fille qui cueille des fleurs
Sur le bord de la voie dans un pays meilleur
Et dans un port de mer quelqu’un agite son mouchoir
Longuement comme un télégramme chiffré

Je pense à des automobiles chic
A un petit ruisseau plein d’écrevisses à Chavigné
A la dernière page d’un roman populaire
Un soir où le vent souffle
Je pense à cette petite gare perdue dans les bois
Où je ne descendrai jamais

À cette heure il y a
Des villas vides sur la côte
Et l’hôtel de la plage est couvert de fumée
Qui est fumée d’ennui ou fin d’une marée
Il y a un château étrange dans la nuit
Et le vieux jardinier lit du Montépin en fumant doucement sa pipe
Il y a sur l’océan un transatlantique
Qui est comme l’arche de Noé
Mais le garçon des troisièmes classes regrette
La métairie de ses parents et les jours de grand’fête
Et les compétitions cyclistes dans les bourgades du canton

A cette heure dans le monde
Une fleur s’entr’ouvre
Un poète retrouve soudain la raison
Et l’aviateur qui croyait tomber
dans la bouteille du soleil comme un ludion
ivre se met à rire et dégrafe son col

Ah dans cette minute où je ne vieillis pas
Comment penser à autre chose qu’à toi
A tes seins de colombe
A ta bouche
A tes mains
A ta beauté bien faite
À tes longues jambes qui m’emportent
À tes caresses qui fleurissent
Chaque soir comme un lilas

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Les mains qui m’ont tenu (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



 

Lisa G.    -

Les mains qui m’ont tenu
ne m’ont pas retenu
il fallait du soleil sur les mains
et seule ma cravate en avait

hasard qui fait marcher les écrevisses à reculons
et fait lécher les pieds du radjah par le léopard

vois toutes ces mains que tu ordonnas
ne sont n’ont été que des mains
des mains qui ne m’ont pas retenu

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Lisa G.

 

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L’Ecrevisse (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



L’Ecrevisse

Incertitude, ô mes délices
Vous et moi nous nous en allons
Comme s’en vont les écrevisses,
A reculons, à reculons.

(Guillaume Apollinaire)


Illustration

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Ecrevisse, pourquoi es-tu si compliquée? (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



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Ecrevisse, pourquoi es-tu si compliquée?

antennes
mandibule
pattes poilues
pattes sur la poitrine
pattes sur le ventre
et quoi encore ?

(Ko Un)

Illustration

 

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Un profil immortel sur le fronton (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016


 


Aaron Westerberg   5 [1280x768]

 

Un profil immortel sur le fronton
A Bornéo ou au delà
Les rivières sont gelées
Les animaux courent sur la piste
Et le spectateur fou s’amuse
Au concert des Iles Marquises
Le café clair
Elle est bien mise
Elle pose ses bijoux de verre
Et ses mains sont des écrevisses
La paille qu’elles prennent glisse
Chapeau
Bracelets
Faux linon
La musique joue
Je voudrais bien sortir
pour voir si le ciel est encore là

(Pierre Reverdy)

Illustration: Aaron Westerberg

 

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