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Écrit sur la cellule d’un bonze (Wang Tch’ang-Ling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Écrit sur la cellule d’un bonze

Les fleurs de palmier couvrent la cour,
La mousse envahit la cellule solitaire.

L’hôte et le visiteur
ayant échangé des paroles sublimes
se taisent.

Dans l’air,
on sent flotter un parfum inconnu.

(Wang Tch’ang-Ling)

 

 

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VARENNA (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2019



 Werner Heisenberg
    
VARENNA

Ce dimanche de Pentecôte
Heisenberg en chaire
expliquait le Principe d’indétermination
à un parterre d’élus.
Dans un angle Fermi et Dirac
se regardèrent un instant interdits,
puis s’échangèrent de brèves formules
écrites sur les paumes des mains.

***

VARENNA

Quella domenica di Pentecoste
Heisenberg in cattedra
spiegava il Principio di indeterminazione
a una platea di eletti.
In un angolo Fermi e Dirac
si guardarono un attimo sbigottiti,
poi si scambiarono brevi formule
scritte sui palmi delle mani.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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Tac – tac – tac (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Ecrit
Par un métronome invisible
Tac – tac – tac

Qui trouvera
La déflagration cachée
Je tète l’univers
Tac – tac -tac

La mer n’est pas eau
Mais immensité
Et toi tu n’es pas toi
Mais ton passage
Tac – tac – tac

(Tilemachos Chytiris)

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DOULEUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    
DOULEUR

D’où vient la mystérieuse la folle
douleur d’amour ?
je me réveille ce matin
tout entourée de la douleur de toi

— de toi : comme une irritation
dans la peau du monde où tu es
et si je me demande :
comment la faire cesser

je sais :
il faut que s’éteigne ce point
qu’il cesse de battre comme une dent
quand le reste se tait

Tissu du monde en un point transparent
tout souffre ici
tout regarde ce point
que la douleur éclaire

je rêve l’oubli complet
paroi sourde mur blanc
mais tout est écrit par ici dessiné
tout parsemé de signes

de toi — par moi —
faits pour te voir partout
et maintenant j’étouffe
j’ai mal je voudrais dormir

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Quand sous un mur (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Tombe-de-Blok  [800x600]

Quand sous un mur, dans les orties,
Mes pauvres os seront pourris,
Quelque tardif historien
Écrira une oeuvre importante.

Il martyrisera, le maudit,
Des écoliers innocents :
Dates de naissance et de mort,
Tas de citations mal choisies !

Triste sort qu’une vie si confuse,
Difficile ensemble, et oisive :
Devenir la chose d’un docteur,
Et grossir l’armée des critiques !

Ah, pouvoir se terrer sous les herbes,
S’endormir d’un sommeil éternel !
Taisez-vous donc, livres maudits :
Je ne vous ai jamais écrits !

(Alexandre Blok)

 Illustration

 

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Les yeux se souviennent (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    Illustration
    
Les yeux se souviennent,
ils creusent dans la parole
de muettes galeries :
venez regards, jusqu’au centre :

Écoutez cette voix
qui traverse un temps étranger,
signe sourd d’une trace
et lumineuse écume.

On dirait
dans le lit du gel
un visage ancien qui vous parle

De la nuit millénaire,
voix écrite,
gorgée de silence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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De vous qui entendez (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Pétrarque    
    
De vous qui entendez, en mes rimes éparses,
Tous ces gémissements dont j’abreuvais mon coeur
Dans les égarements de ma prime jeunesse,
Quand j’étais autre qu’à présent, au moins un peu.

Pour ces écrits, plaintes, ressassements
Ballottés entre vains espoirs, vaine douleur,
J’espère compassion si ce n’est excuse :
N’avez-vous pas souffert l’épreuve de l’amour?

Mais maintenant je vois bien que je fus
De tous la longue fable, et souvent j’ai honte
De moi, quand je médite sur moi-même:

Et de ma frénésie c’est le fruit, cette honte,
Avec le repentir, et savoir, clairement,
Qu’ici-bas ce qui plaît, c’est bref, ce n’est qu’un songe.

***

Voi ch’ascoltate in rime sparse il suono
di quei sospiri ond’io nudriva ‘l core
in sul mio primo giovenile errore
quand’era in parte altr’uom da quel ch’i’ sono,

del vario stile in ch’io piango et ragiono
fra le vane speranze e ‘l van dolore,
ove sia chi per prova intenda amore,
spero trovar pietà, non che perdono.

Ma ben veggio or si corne al popol tutto
favola fui gran tempo, onde sovente
di me medesmo meco mi vergogno;

et del mio vaneggiar vergogna è ‘l frutto,
e ‘l pentersi, e ‘l conoscer chiaramente
che quanto piace al mondo è breve sogno.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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Je voudrais que mes livres bourgeonnent après ma mort (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




Je voudrais que mes livres bourgeonnent après ma mort,
que des amitiés me poussent un peu partout,
et qu’ils me tendent la main au travers de la page,
quand ils remarqueront : « Il avait tout de même quelquefois raison ! »
En même temps que mon cadavre se détendrait dans une nuit liquide,
les amis poussent tout vivants, eux, me prêtant vie, avec ma voix écrite.

(Luc Dietrich)

Illustration: Vladimir Kush

 

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A l’antre du Réel (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Entre les mots
écrits et tus
le temps

Entre la parole
et l’ombre de son retour
le blanc

Entre le senti
et le son de son oubli
le sens

Entre l’autre
et l’un unis
les corps

Entre l’âme
et l’autre
le coeur encore

Entre le réel
et son envers inouï
l’étrange

Entre ici et là
l’ailleurs de l’être
arrête

Entre jadis et demain
le pouls de vivre
déjà s’enfuit

(Bernard Pozier)

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Et peut-être que tout était écrit dans le livre (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

livre

Et peut-être que tout était écrit dans le livre
mais le livre s’est perdu

ou quelqu’un l’a jeté dans les ronces
sans le lire

n’importe, ce qui fut écrit
demeure, même

obscur, un autre qui n’a pas vécu
tout cela

et sans connaître la langue du livre, comprendra
chaque mot

et quand il aura lu, quelque chose
de nous se lèvera

un souffle, une sorte de sourire entre les pierres.

(Claude Esteban)

 

 

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