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Posts Tagged ‘écueil’

Le ruisseau aux fleurs de pêchers (Tchang Hiu)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



Le ruisseau aux fleurs de pêchers

Vague, lointain, derrière la brume des champs, l’arc-en-ciel se cache.
A l’ouest d’un écueil, j’interroge un pêcheur dans sa barque:
«Des fleurs de pêchers, le long du jour, descendent le courant.
Où trouver donc la Grotte, au bord du ruisseau limpide?».

(Tchang Hiu)

 

 

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SOMBRER (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Titanic

SOMBRER

Ah! cette volupté sans bornes de périr
De sombrer dans la mer de la désespérance,
Dans un océan noir de morbide souffrance
Où la raison s’enlise et se comprend mourir!

Sentir, sentir, qu’on disparaît dans l’ombre immense
Et puis, sombrer toujours, ne pas se retenir,
Entendre au fond de soi quelque chose frémir,
Croire que c’est la mort peut-être qui commence…

Le navire a frappé quelqu’invisible écueil :
Penché dessus le gouffre noir comme un cercueil,
Il frémit dans la nuit qui l’environne : il sombre…

Le capitaine est là, superbe sur le pont :
Il n’a pas voulu fuir. Ivre, de son oeil sombre,
Il regarde monter les abîmes sans fond!

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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MARIA MARINA (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



MARIA MARINA

Tu es à la fois si jeune et si vieille,
Maria Marina, l’amour t’émerveille
et t’emporte au loin de sa voile blanche
sur la grande mer bleue où tu te penches.

On croit que tu rêves, mais ton esprit veille :
tu vois d’un coup d’oeil l’écueil qui sommeille
et la barque frêle et l’onde mouvante,
l’amant délié des bras de l’amante

Maria Marina

Les matelots chantent et tu appareilles,
le coeur tendu vers cette île vermeille,
sommet du bonheur sur la mer immense…
Mais tu sais la peur, l’ombre, le silence.

Tu es à la fois si jeune et si vieille,
Maria Marina, l’amour t’émerveille
et ta voile s’ouvre au vent toute grande,
mais tu sais bien les peines qui t’attendent…

(Christiane Barrillon)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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La chaste vérité (Francis Vignaud)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2016



La chaste vérité qui meurt de son orgueil
Pour avoir cru, et là, c’est toute sa faiblesse,
Passer sans encombre le redoutable écueil
Du mensonge grossier et sans délicatesse

Le rire de l’enfant est comme le cristal
Il se brise en tombant en un pur son royal ;
Tous ses éclats volants, bouquet monumental,
Percent nos meurs fervents d’un amour triomphal.

(Francis Vignaud)

 

 

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La Mer (François-René de Chateaubriand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2016



La Mer

Des vastes mers tableau philosophique,
Tu plais aux coeurs de chagrins agité :
Quand de ton sein par les vents tourmenté,
Quand des écueils et des grèves antiques
Sortent des bruits, des voix mélancoliques,
L’âme attendrie en ses rêves se perd,
Et, s’égarant de penser en penser,
Comme les flots de murmure en murmure,
Elle se mêle à toute la nature :
Avec les vents, dans le fond des déserts,
Elle gémit le long des bois sauvages,
Sur l’Océan vole avec les orages,
Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.

Mais quand le jour sur les vagues tremblantes
S’en va mourir ; quand, souriant encor,
Le vieux soleil glace de pourpre et d’or
Le vert changeant des mers étincelantes,
Dans des lointains fuyants et veloutés,
En enfonçant ma pensée et ma vue,
J’aime à créer des mondes enchantés
Baignés des eaux d’une mer inconnue.
L’ardent désir, des obstacles vainqueur,
Trouve, embellit des rives bocagères,
Des lieux de paix, des îles de bonheur,
Où, transporté par les douces chimères,
Je m’abandonne aux songes de mon coeur.

(François-René de Chateaubriand)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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L’art de la fugue (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2016



L’art de la fugue

Mourir, c’est retrouver la terre désirée,
S’endormir dans les eaux de l’origine,
Téter le sein nourricier de la nuit.
Mourir, c’est embrasser le monde bien-aimé.
Qui n’aime pas devient
La lande abandonnée.
Qui ne s’est pas ouvert
Sera pierre fermée.
Qui méprisa rejoint
La cendre secouée.

Mourir, c’est perdre pied sur le bord de l’écueil,
Puis chavirer dans la mer étrangère :
S’enliser dans le marais du silence.
Mourir, c’est passer dans le monde mal-aimé.

Chaque homme se destine
A la mort qui lui plaît.
Mourir, c’est s’accomplir,
Mourir, c’est s’engloutir.
La mort est ta patrie,
La mort est ton exil.

Mourir, c’est devenir le monde où tu vivais.

(Claude Vigée)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Au ciel (André Devynck)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2016


Quand serons nus et profonds
têtes folles galets ronds
écueils
à la porte où nos doigts s’usent
Un signe noir
sur le seuil.
Le temps ruse et nous confond
haute écluse.

Sable et sel
silence
seul.

Quel cri
quelle vague de fond
ô juge
nous rejettera ?

Liberté
le vent
l’écume.

Au ciel, étoiles posthumes.

(André Devynck)

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TEMPETE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016



TEMPETE

La mer frappe l’écueil
Sous un ciel tout en deuil
Des nuages dérivant
Sous le souffle du vent
La tempête qui déracine
L’arbre sur la côte agitée
Arrache cette fleur bleutée
Sur sa longue tige marine.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

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Désert ou cités (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2016



Désert ou cités

Je ne sais quelle géométrie
Du vide
Quelle géologie
De l’austère
Quelle soif de silences
Nous conduisent
Périodiquement
Vers ce lieu dépouillé
Et sans grades
Où l’âme
Se faisant face
Loin des simulations
Loin du rang et des feintes
Se nomme sans détours

Je ne sais quel rejet
Des apparences
Quel refus
Des masques
Quel chant primordial
Nous relient
Fugitivement
À ces plaines d’équilibre
À ce désert sans parures
À ces dunes d’harmonie
À ces sables accordés
Où l’âme
Mise à nu
S’éprend de tout l’espace

Je ne sais quel désir
Quelle passion ou quelle soif
Nous ramènent au monde
Au peuplement des cités
Au fleuve à l’arbre aux hommes
À l’énigme qui nous féconde
À l’angoisse qui nous taraude
À l’écueil qui nous grandit.

(Andrée Chedid)

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Le vaisseau d’or (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2016



Le vaisseau d’or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif:
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève?
Qu’est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve!

(Emile Nelligan)

Illustration: John William Waterhouse

 

 

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