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Posts Tagged ‘(Edmond Jabès)’

Chanson pour le visage de la petite fille heureuse (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



La petite fille a posé sa tête
contre la poitrine velue du printemps.
Ses cheveux en sont parfumés;
ses doigts tressent la tige frêle de nos rêves.
Qui fait encore défaut à l’appel?
Ce jour est interdit.
Pour elle,
le sucre est liquide le long des branches
et le soleil rond comme une bille.

(Edmond Jabès)

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L’arbre volant (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



L’arbre volant

Que les bois aient des arbres,
Quoi de plus naturel ?
Que les arbres aient des feuilles,
Quoi de plus évident ?
Mais que les feuilles aient des ailes,
Voilà qui, pour le moins, est surprenant.
Volez, volez, beaux arbres verts.
Le ciel vous est ouvert.
Mais prenez garde à l’automne, fatale
Saison, quand vos milliers et milliers
D’ailes
redevenues feuilles,
tomberont.

(Edmond Jabès)

Illustration

 

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Se relire (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Se relire:
se retrouver seul,
dans la salle décorée,
au lendemain de la fête.

(Edmond Jabès)

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Chanson des deux éléphants du paradis (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



II était, il était une fois
Deux éléphants qui ne dormaient pas.

Leurs grands yeux constamment allumés
Effrayaient le monde et les années.

On décida de les enfermer.
Mais nul ne put les emmener.

Il était, il était une fois
Deux éléphants qui ne bougeaient pas.

Ils fixaient toujours le même point
Qui semblait, à chaque fois, plus loin.

Aucun fouet ne les distrayait
Nulle douleur, pas même leurs plaies.

Il était, il était une fois;
Deux éléphants qui ne mouraient pas.

On avait beau leur tirer dessus,
Ils gardaient, malgré eux, le dessus,

Espérait-on la nuit les brûler,
Le feu, à leur contact, s’éteignait.

Cherchait-on alors à les noyer,
Devant eux, la mer s’agenouillait.

II était, il était une fois
Deux éléphants qu’on ne nommait pas.

Ils vivaient leurs mille vies secrètes
Dedans leur regard que rien n’arrête.

Avec leur trompe toujours baissée,
Humaient la terre dans ses pensées.

Il était, il était une fois
Deux éléphants que l’on n’aimait pas.

(Edmond Jabès)

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On frappe aux portes (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Alex Nabaum
    
On frappe aux portes que l’on connaît.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON POUR RIRE A DEUX (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

CHANSON POUR RIRE A DEUX

Le rire est dans l’eau. Sais-tu ce qu’il fait?
Il fait rire l’eau.

Il tient à être propre pour humilier les rires malheureux
qui n’ont ni savon ni eau mais des poux dans les cheveux.

Le rire est tout blanc.
On dirait un crabe apprivoisé.

Il fait un signe de la tête
— cela signifie, je crois, «Bonjour ».

Il me fait signe de la main
— cela veut dire, je crois, «Adieu ».

Il essaie de me fermer les yeux parce qu’il est pudique.
Ce n’est pas moi qui contrarierai le rire.

Il a bien failli, une fois,
se noyer.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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La peau (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



La peau
ne limite pas
le corps.

(Edmond Jabès)

Illustration: Pascal Renoux

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L’invitée (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



La glace est rompue,
l’invitée peut apparaître.

(Edmond Jabès)

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Le commencement de sa chevelure (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



J’ai toujours pris l’extrémité de mes doigts
pour le commencement de sa chevelure.

(Edmond Jabès)

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Légère (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Légère, le vent qui passait a soulevé la robe de la source.

(Edmond Jabès)

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