Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Edmond Rostand)’

Les Rois Mages (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Les Rois Mages

Ils perdirent l’étoile, un soir ; pourquoi perd-on
L’étoile ? Pour l’avoir parfois trop regardée,
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,
Mais l’étoile avait fui, comme fuit une idée.
Et ces hommes dont l’âme eût soif d’être guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,
Se dit « Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux. »

Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse,
Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence.

(Edmond Rostand)

Illustration: Leopold Kupelwieser

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

CHANSON DE JOFFROY RUDEL (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



CHANSON DE JOFFROY RUDEL

C’est chose bien commune
De soupirer pour une
Blonde, châtaine ou brune

Maîtresse,
Lorsque brune, châtaine
Ou blonde, on l’a sans peine…
Moi, j’aime la lointaine
Princesse !

C’est chose bien peu belle
D’être longtemps fidèle,
Lorsqu’on peut baiser d’Elle

La traîne,
Lorsque parfois on presse
Une main qui se laisse…
— Moi, j’aime la Princesse
Lointaine.

Car c’est chose suprême
D’aimer sans qu’on vous aime,
D’aimer toujours, quand même,

D’une amour incertaine,
Plus noble d’être vaine…
Et j’aime la lointaine
Princesse.

Car c’est chose divine
D’aimer quand on devine,
Rêve, invente, imagine
A peine…

Le seul rêve intéresse,
Vivre sans rêve, qu’est-ce ?
Et j’aime la Princesse
Lointaine !

(Edmond Rostand)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VIEUX CONTE (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



VIEUX CONTE

Dans l’éparpillement soyeux des cheveux d’or
Et parmi les blancheurs des coussins toute blanche,
Ayant clos pour cent ans ses grands yeux de pervenche,
Souriant vaguement à son rêve, elle dort.

Sa tête de côté légèrement se penche.
Un vitrail entr’ouvert laisse voir le décor
Du parc, où les oiseaux ne chantent pas encor,
Car la Fée endormit chacun d’eux sur sa branche.

Au pied du lit sommeille un beau page blondin.
Elle dort, immobile en son vertugadin,
La jupe laissant voir un bout de sa babouche…

Toute rose, elle dort son sommeil ingénu,
Car le Prince Charmant n’est pas encor venu
Qui doit la réveiller d’un baiser sur la bouche.

(Edmond Rostand)

 Illustration: Gustave Doré

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un baiser (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !

(Edmond Rostand)

 Illustration: Antonio Canova

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ces vieux airs du pays (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2016




Ces vieux airs du pays, au doux rythme obsesseur,
Dont chaque note est comme une petite soeur,
Dans lesquels restent pris des sons de voix aimées,
Ces airs dont la lenteur est celle des fumées
Que le hameau natal exhale de ses toits,
Ces airs dont la musique a l’air d’être en patois !…

(Edmond Rostand)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

J’ai l’âme lourde encore d’amour inexprimé (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2015




J’ai l’âme lourde encore d’amour inexprimé,
Et je meurs ! Jamais plus, jamais mes yeux grisés,
Mes regards dont c’était les frémissantes fêtes,
Ne baiseront au vol les gestes que vous faites;
J’en revois un petit qui vous est familier
Pour toucher votre front, et je voudrais crier…

(Edmond Rostand)

Illustration: Louis Janmot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je t’aime, je suis fou… (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



Bruno Di Maio vntuwcrf

 

Je t’aime, je suis fou…

Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ;
Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot
Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,
Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne !
De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé
Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai,
Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !
J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure
Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil,
On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,
Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes
Mon regard ébloui pose des taches blondes !

(Edmond Rostand)

Illustration: Bruno Di Maio

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :