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TROIS CHEVAUX (Edmond Vandercammen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



chevaux endormis 0

TROIS CHEVAUX

Trois chevaux dorment dans la prairie ;
Ils ont chaud de l’herbe et de leur sang,
La neige éternelle de leurs yeux
Doucement fond à leurs paupières.

Ils ont chaud du ventre de la terre :
Il leur suffit d’éprouver la flamme
Qui se défait dans la peur du vent.
ll leur suffit d’attendre la nuit.

Aucun homme n’effraye leur songe ;
Ils n’entendent plus gémir les âmes
Dont la marche dérange l’amour
Et la peine épargne la colère.

Suavement ils rêvent d’un arbre
Dont l’odeur est céleste et sauvage ;
Une ombre atteint l’ombre de leur corps
Et douce se couche maternelle.

Trois chevaux las sans rien pour s’unir
Respirent l’absence du désir.
Leurs flancs couvrent la piste des morts,
Et l’herbe pousse autour comme fait le silence.

(Edmond Vandercammen)

Illustration

 

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LE GRAND MIROIR (Edmond Vandercammen)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Andrew Wyeth  Turkey Pond [800x600]

LE GRAND MIROIR

La nuit laisse quand même au jour
L’espace de son grand miroir
Pour que les hommes s’y regardent
Du seul côté de leur bonheur.
Alors la face des vivants
Se reconnaît aux épousailles,
Aux formes des nativités,
A la tendresse de haut rang
Dont la couleur est végétale.
Et la campagne ainsi louée
Prend son éclat sacramentel,
Toute splendeur restituée
Aux alliances de la terre.
Belle clarté qui va son amble
Comme un poème sans nuage
Avance au pas de son rêveur ;
Belle clarté où s’établit
La certitude solidaire
D’être l’homme quotidien
Qui fait son plein de poésie
En abordant un grand miroir.

(Edmond Vandercammen)

Illustration: Andrew Wyeth

 

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