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Poésie

Posts Tagged ‘effacé’

Corps, que sais-tu de moi (José Ángel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Corps, que sais-tu de moi
pour ainsi me fixer
dans la mélancolie du soir,
tu me scrutes, tu penses, bouges
la tête où perdure l’insolite
l’air
de ce qui fut notre jeunesse.

Et maintenant
que la traversée s’annonce longue et qu’il n’est
rien, semblerait-il, à quoi nous ne fussions morts,
corps nu, dis-moi,
que sais-tu de moi pour ainsi me fixer
au bord obscur et effacé de cette mer.

***

Qué sabes, cuerpo, tú de mí
que así me miras
en esta tarde melancólica,
me escrutas, piensas, mueves
la cabeza donde insólito dura
el aire
de aquella nuestra juventud.

Y ahora
que la navegación se anuncia larga y nada
parecería haber que no hubiéramos muerto,
desnudo cuerpo, dime,
qué sabes tú de mí que así me miras
en la borrada orilla oscura de este mar.

***

What do you know, body, of me
that you look at me so
on this melancholy afternoon,
scrutinize me, think, move
your head where strangely remains
the air
of that our youth.

And now
that the navigation promises to be a long one and nothing
would seem as if we had not died,
naked body, tell me,
what do you know of me that you look at me so
on the erased dark shore of this sea.

(José Ángel)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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Pour mon Coeur (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018




    
Pour mon Coeur

Mystérieux, amer et terrible, ô mon coeur,
Eloigne enfin de toi la haine et la rancoeur !

Sache combien est grand ce bienfait qu’on te donne
De pouvoir pardonner, ô mon coeur ! et pardonne !

Ne garde plus l’amer souvenir des joies dues !
Et qu’il soit comme un mot effacé sur les nues !

Sois léger et sois doux comme l’ombre d’une aile,
O mauvais coeur, tenace et méchant et fidèle !

O mon coeur ! exhalant, dans un vaste soupir,
Le pardon retenu, sache enfin t’attendrir !…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Déserts Déserts (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



DÉSERTS DÉSERTS soyez ouverts
Beaux pays soyez effacés!
Franchis franchis à pas muets
Le globe matinal de l’âme.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Vladimir Kush

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Ton sommeil avec douceur (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
ton sommeil avec douceur héberge
le secret de l’inaccompli
dans la jeunesse de ton souffle
les chemins effacés vont plus loin
l’âpreté des vies fendues
accède au profond silence et boit
à même ses paumes tremblantes
un rêve passe et te frôle
nous approchons des falaises de l’aube

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Joies escarpées
Traduction:
Editions: Obsidiane

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J’ai débouché le flacon de l’incertitude (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

J’ai débouché le flacon de l’incertitude
Les dessins tracés sur le sable
sont effacés par le vent

La houle arrive mes habitudes
se heurtent au récif de l’instable
nouvelle d’un autrement

L’éventail des possibles élude
mes décrets cartes sur table
et se déploie lentement

comme un nouveau jeu prélude
à l’amour véritable
seule ancre dans le tourment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’attends l’appel (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



 Illustration: Robert Cattan
    
J’attends l’appel, je cherche la réponse,
Le ciel se tait, la terre est muette.
Par-delà les champs jaunes — au loin, là-bas —
Mon cri s’est levé le temps d’un éclair.

Et l’écho qui répond aux paroles lointaines,
Et le ciel de la nuit, les champs assoupis,
Annoncent le mystère de la rencontre prochaine,
Les rendez-vous radieux, mais si vite effacés.

J’attends — un neuf frémissement me touche.
Le ciel devient plus clair, le silence plus sourd…
Le verbe abolira le mystère nocturne…
Aie pitié, Seigneur, des âmes de la nuit!

Par-delà les champs jaunes, le temps d’un éclair,
L’écho lointain de mon cri s’est levé.
J’attends toujours l’appel, je cherche la réponse,
Mais la terre étrangement s’obstine dans le silence.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Une larme de sel (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration

    
Une larme de sel
une pincée de réel
d’autres morceaux
de ciel
La rive habituelle
une voix de tête
qui passe
sous la grammaire
L’homme effacé
criant de vérité
La nuit s’écoule
on imagine
le mot coincé
dans le berceau du rêve
On s’imagine
les bras chargés
de soi
on veille au grain
on cherche

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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SÉPARATION (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017


Illustration: ArbreaPhotos


Illustration: Pablo Picasso 
    
SÉPARATION

Éloigne-toi, femme trop lasse
pour habiller ce livre nu.
Une autre image te remplace,
qui revendique à l’inconnu
le droit de vivre de mensonges.
Tu me déplais ! écrite en vers
ou effacée. Je te prolonge
comme on prolonge un jeu pervers
qui prend fa forme d’une danse,
selon l’humeur, selon le goût
de ce grand maître : le silence,
coupeur de seins et de genoux.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon ami (Anaïs Nin)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
Mon ami,

Si la poésie naît de ces moments précieux
où la solitude est effacée par le murmure des rêves partagés,
ou bien de ces heures furtives où les pensées se mêlent
ou s’épanouissent dans la chaleur des confidences,
alors mes mains, comme les vôtres sont pleines de fleurs.

(Anaïs Nin)

 

 

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La sagesse des verts (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
La sagesse des verts

Verts cendreux, flétris, effacés
Et qui niez l’intensité
De vivre, comme un coeur lassé
Epris d’ombre et de cécité,

Verts des mousses à la racine
D’un vieil érable desséché,
Sourds autant qu’un sanglot caché
Mourant au creux de la poitrine.

Nuance vraiment d’un mystique
Pénétrant, rappelant la fine
Tonalité des dalmatiques
Qu’un reflet de cierge satine.

Et verts, pourtant inconsolés
Sous le ciel d’hiver impassible,
Parlant de désirs immolés
Et de rêves inaccessibles

Ou que le réel étouffa…
Vert mélancolique et d’antan
Qu’ont les gourgouran de sopha
Ou les menuets chevrotants

Au fond du passé; verts des mousses
Qui parez cet arbre chancreux,
Vous scandez, accord qui s’émousse,
Un langage mystérieux.

Mais, ô paroles estompées,
J’ai saisi vos subtilités
Et je comprends vos mélopées
De tristesse et de volupté,

Verts cendreux, effacés, flétris
Et qui niez l’intensité
De vivre, comme un coeur épris
De néant et de cécité.

(Marie Dauguet)

 

 

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