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Poésie

Posts Tagged ‘effacer’

CERTAINE INCERTITUDE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2020



Illustration: Emile Vernon
    
CERTAINE INCERTITUDE

Parfois il paraît
que le printemps ne veut arriver

qu’il fait hiver
ou automne

mais le printemps viendra
s’il n’est pas effacé

en nous.

(Germain Droogenbroodt)

 

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La Prière du Védantin (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020



Illustration: Mejda Ben
    
La Prière du Védantin

Esprit suprême
qui médite dans le silence du coeur,
éternelle clarté,

Toi seul Tu Es !
Ah, pourquoi suis-je voilé par cette obscurité,
ma part ensoleillée

assaillie par les nuages ?
Pourquoi suis-je ainsi défiguré par le désir,
distrait, entraîné,

consumé par le feu
de fantasques passions, chassé hors de ta paix
dans le tourbillon

de chaque rafale ?
Livré au chagrin, abattu,
surpris par la luxure ?

Ne laisse pas la grisaille de mon passé
taché de sang rebuter ta compassion souveraine,
ni même la retarder,

ô Vérité solitaire !
Ni ne laisse les dieux trompeurs qui Te singent encore
abuser ma jeunesse.

Calme ces clameurs ;
car je voudrais entendre la voix éternelle et connaître
l’éternelle Volonté.

Ce brillant étalage
encombrant le seuil de l’éternité,
disperse-le — accorde-moi

un regard sans ombre,
un coeur jeune et limpide. Réprime en moi
le cri assourdissant

de ces espoirs,
efface mes siècles souillés, restaure
ma pureté.

Ô porte cachée
de la Connaissance, ouvre-toi ! Force, accomplis-toi !
Amour, déverse-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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BESTIAIRE DE L’ÉCUREUIL (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020



Illustration

    
BESTIAIRE DE L’ÉCUREUIL

Tes doigts distraits, à force d’indolence,
de se dénouer, d’effleurer tes cheveux,
tes doigts légers, écheveau d’impatience,
ont inventé un pelage et deux yeux.

Un écureuil se glisse auprès de moi,
courtois et roux comme un bois en automne
sensible aux mots, aux regards, à la voix,
un écureuil, attentive personne.

Il me regarde et je regarde ailleurs.
Comment répondre à son appel discret ?
La vie est là, et moi toujours ailleurs,
pas plus que lui je ne sais le secret.

Être écureuil est un jeu difficile
hors des forêts, très loin des noisetiers.
Notre lit n’est pas arbre ni asile,
être écureuil ici devient très malaisé.

Tes doigts distraits, à force d’innocence,
ont effacé en peignant tes cheveux
cet écureuil, ce timide non-sens
qui vit ici – parce que je le veux.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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MIME (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



MIME

Feindre l’espace
le façonner
peindre le temps avec sa cendre
prendre le jour le rendre
transformer ce qui passe
l’effacer.

Des nuages traversent
lentement le ciel
de la pensée.

(Jean Mambrino)

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Pour échapper au nul (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



Pour échapper au nul, au rien,
pour qu’il ne s’ouvre plus au bout,
pour qu’il n’efface pas la fin.

Pour transformer l’obscur en jour,
pour devenir plus pauvre encore,
pour consentir au rien du tout.

Laisse aujourd’hui, demain, et hier,
oublie le mal avec la mort,
au-delà même de toujours.

Ton rien est là, paix qui demeure,
franchis le porche de ce Coeur
qui te soulève avec la mer.

(Jean Mambrino)

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LITANIE DES ÉCOLIERS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019



Illustration: Robert Doisneau
    
LITANIE DES ÉCOLIERS

Saint Anatole,
Que légers soient les jours d’école !
Saint Amalfait,
Ah ! que mes devoirs soient bien faits !
Sainte Cordule,
N’oubliez ni point ni virgule.
Saint Nicodème,
Donnez-nous la clé des problèmes.
Saint Tirelire,
Que grammaire nous fasse rire
Saint Siméon,
Allongez les récréations.
Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points.
Sainte Clémence,
Que viennent vite les vacances !
Sainte Marie
Faites qu’elles soient infinies !

(Maurice Carême)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elles effacent à l’instant (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2019




    
Elles effacent à l’instant
la trace de mes pas –
vagues d’automne

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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MODÈLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



 

Illustration: Brassaï 
    
MODÈLE

Elle se montre, au bras de la lumière
Effaçant le paravent
De sa nudité paisible
Modèle, elle livre au vieux peintre
Dans son aura
Le mystère d’un corps
Dont il caressera l’image
Elle s’est dévoilée toute
Apparition radieuse
Non par bribes
En déshabillage équivoque

La beauté, comme la mort
Chastes dans leur plénitude
L’agonie, seule
Est impudique

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Brume matinale (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2019




    
Brume matinale
La Tour Eiffel effacée
Paris démâté

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Au Bout De Mes Rêves (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Au Bout De Mes Rêves

Et même si le temps presse
Même qu’il est un peu court
Si les années qu’on me laisse
Ne sont que minutes et jours

Et même si l’on m’arrête
Ou s’il faut briser des murs
En soufflant dans des trompettes
Ou à force de murmures

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout de mes rêves
J’irai au bout de mes rêves
Où la raison s’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même s’il faut partir
Changer de terre ou de trace
S’il faut chercher dans l’exil
L’empreinte de mon espace

Et même si les tempêtes
Les dieux mauvais, les courants
Nous feront courber la tête
Plier genoux sous le vent

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout des mes rêves
J’irai tout au bout de mes rêves
Où la raison q’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même si tu me laisses
Au creux d’un mauvais détour
En ces moments où l’on teste
La force de nos amours

Je garderai la blessure
Au fond de moi tout au fond
Mais au-dessus je te jure
Que j’effacerai ton nom

J’irai au bout de mes rêves…
(Jean-Jacques Goldman)

 

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