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Poésie

Posts Tagged ‘effaroucher’

Le bain des nymphes (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018


Francois_Boucher

 

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre! … Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caystre.

(José-Maria de Heredia)

 

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BLEU NUIT (Christophe Langlois)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Marina Dieul
    
BLEU NUIT

Approche, mon doux oiseau de nuit

pose-toi en mon feuillage

Plus rien ne puisse t’effaroucher

(Christophe Langlois)

 

Recueil: L’amour des longs détours
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES CONFIDENCES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Jean-Baptise Carpeaux
    
LES CONFIDENCES

Le lendemain, je suis allée chez elle, et nous avons rougi dès que nous nous sommes vues.
Elle m’a fait entrer dans sa chambre pour que nous fussions toutes seules.

J’avais beaucoup de choses à lui dire; mais en la voyant, j’oubliai.
Je n’osais pas même me jeter à son cou, je regardais sa ceinture haute.

Je m’étonnais que rien n’eût changé sur son visage, qu’elle semblât encore mon amie
et que cependant, depuis la veille, elle eût appris tant de choses qui m’effarouchaient.

Soudain, je m’assis sur ses genoux, je la pris dans mes bras, je lui parlai à l’oreille vivement, anxieusement.
Alors elle mit sa joue contre la mienne, et me dit tout.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les petites fleurettes vertes (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018




    
Les petites fleurettes vertes du papier nankin
arrivaient avec calme et en ordre jusqu’aux barreaux de fer,
sans que ce contact funèbre les effarouchât et les fît tourbillonner.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les Misérables Tome II

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L’oiseau-coeur (Jacques Gaucheron)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



L’oiseau-coeur

Allez promener dans les bois
Sur une écorce à la clairière
l’oiseau-coeur se pose parfois

Il chante pour que persévèrent
le printemps et les primevères
pour que dure un peu le bonheur

Allez promener dans les bois
sans effaroucher l’oiseau-coeur
Il n’ouvre l’aile qu’une fois.

(Jacques Gaucheron)


Illustration

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Sous cet éclairage ce que l’on retient (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



Sous cet éclairage ce que l’on retient
(non pas le plus volontiers, car cela s’impose en fait)
c’est la douceur de l’instant.

Grappe de raisin élevée dans la lumière.
Quelque chose de semblable.
Qui vient aux lèvres.

Prononcer le merci
à voix très basse,
ne rien effaroucher.

(Pierre-Albert Jourdan)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Le Luxembourg (André Dumas)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



… Et c’est l’heure où, quittant leurs retraites, les Muses
Qu’effarouchent le jour, et la foule, et le bruit,
Profitent du silence amical de la nuit
Pour s’en venir rôder sous les branches confuses.

Elles vont, viennent, jouent, traversent un sentier,
S’arrêtent sous les yeux indulgents de Banville,
Vont distraire un moment de son rêve tranquille
Le bon Watteau perdu dans le jardin fruitier.

Ou, pieds nus, le corps ceint d’écharpes agrafées,
Elles glissent autour des parterres fleuris.
Mais Banville et Watteau ne sont pas trop surpris
Ayant toujours vécu dans le pays des fées.

Verlaine songe à des paysages choisis.
La Velléda sourit à la nuit enchantée.
Et, quittant leur fontaine, Acis et Galatée
Echappent au Titan qui fronce les sourcils.

… Et j’attends, et j’écoute, et j’épie, enivré
Par les tièdes senteurs qui montent des charmilles.
Tout rêve, et le fait seul d’en avoir clos les grilles
Du parc inaccessible a fait un bois sacré.

(André Dumas)

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