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Poésie

Posts Tagged ‘effeuillé’

Sérénade (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Sérénade

Les musiciens.

Le soir a tendu ses voiles.
Éveillons, à petit bruit,
La plus blanche des étoiles
Qui manque au front de la nuit.

Un chanteur.

J’ai dans mon cœur une belle
Que j’adore nuit et jour ;

Une lampe est devant elle,
La lampe de mon amour !

Dans cette chapelle austère
Que desservent mes douleurs,
Tous mes rêves sont à terre,
Effeuillés comme des fleurs.

La détresse, en cape noire,
Tient, goutte à goutte amassés
Dans un bénitier d’ivoire,
Tous les pleurs que j’ai versés !

Le seul encensoir qui fume
À l’autel silencieux,
C’est mon âme qui s’allume
Sous le rayon de tes yeux.

Apaise enfin ta colère,
Toi que Dieu fit pour charmer ;
Va, c’est un crime de plaire
Quand on ne veut pas aimer !

Les musiciens.

Le soir a tendu ses voiles,
Éveillons, à petit bruit,
La plus blanche des étoiles
Qui manque au front de la nuit.

(Louis Bouilhet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Rose des sables (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Rose des sables

Tourment du rêve ancré
au coeur nacré des sables.
Labyrinthe déclos par les détours du gypse.
Broderie d’erg. En toi, ocres et dures,
recommencent les dunes. Et leurs courbes
effeuillées au derviche des vents.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Lac (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Lac

Tu n’aimes plus rien,
que le reflet dans l’eau de cette ombre
qui te tient d’un très lointain passé
dont tu ne sais plus l’origine
et qui pleure sur le soir.

Oh! fuyez Ophélie, fantômes effeuillés.

(Robert Momeux)


Illustration: John William Waterhouse

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COMPLAINTE (André Rivoire)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



COMPLAINTE

Ce n’est pas toi que je regrette,
C’est le rêve par toi déçu,
Mon cœur jeune et la foi secrète
Que je gardais à mon insu.

Je ne t’en veux pas, je devine…
Ton désir vain s’est effeuillé…
Je t’ai faite en moi trop divine,
Je me suis trop agenouillé.

Tu n’étais qu’une pauvre femme…
Je te croyais naïvement
Endormie au fond de ton âme,
Comme la Belle au bois dormant.

Et je me disais que sans doute
Je te réveillerais, un jour,
Neuve comme autrefois et toute
Ressuscitée à mon amour…

Mais c’est en vain que je t’apporte
L’espoir d’un suprême printemps :
La Belle au bois dormant est morte,
Elle avait dormi trop longtemps.

(André Rivoire)

Illustration: Isabelle Denechau

 

 

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Les vitres éteintes (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration
    
Les vitres éteintes.

Quand le gel attise les étoiles,
Si légères dans la nuit d’hiver,
Volettent les cendres des poètes.

Ils furent des morts discrets :
Un paquet-poste pour cercueil,
Une lettre pour épitaphe.

Maintenant ils ont fait leur nid,
Cherchez-les dans la devinette,
Chasseurs dans l’arbre blottis.

Ne riez pas, perdez-vous dans les branches,
C’est ainsi que Pétrarque rejoignait
Celle par qui le laurier le ceignit.

Ne riez pas, les chasseurs sans fusil,
Tête en bas, nous écoutent et déboulent
Comme des lièvres d’entre les mots.

Ils sont l’oubli, le vent,
S’il pleut ils sont la pluie
Qui ne supplie personne.

Rose de neige, vigne effeuillée,
Nul ne vient sangloter
Sur les vitres éteintes.

J’écris vos noms, amis, soyez heureux,
Tout est sans nom, tout est poussière
Dans l’invisible où rien ne meurt.

(Gaston Puel)

 

Recueil: L’Âme errante et ses attaches

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Savez-vous pas… (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Savez-vous pas quelque douce retraite,
Au fond des bois, un lac au flot vermeil,
Où des palmiers la grande feuille arrête
Les bruits du monde et les traits du soleil
– Oh ! je voudrais, loin de nos vieilles villes,
Par la savane aux ondoyants cheveux,
Suivre, en rêvant, les écureuils agiles,
Et voir sauter, sur les branches mobiles,
L’ara de pourpre et les bengalis bleus !

Savez-vous pas, sur les plages lointaines
Où n’ont jamais passé les matelots,
Une île heureuse aux suaves haleines,
Bouquet de fleurs effeuillé sur les flots ?
– Oh ! je voudrais, seul avec ma pensée,
Jetant au vent la poussière des jours,
Sentir mon âme aux vagues balancée,
Et m’endormir sur l’onde cadencée
Comme un enfant que l’on berce toujours !

Savez-vous pas, loin de la froide terre,
Là-haut ! là-haut ! dans les plis du ciel bleu,
Un astre d’or, un monde solitaire
Roulant en paix sous le souffle de Dieu ?
– Oh ! je voudrais une planète blonde,
Des cieux nouveaux, d’étranges régions,
Où l’on entend, ainsi qu’un vent sur l’onde,
Glisser la nuit, sous la voûte profonde,
Le char brillant de constellations !

Où fuir ? où fuir ? Par les routes humaines
Le sable est dur et le soleil est lourd.
Ma bouche ardente a tari les fontaines
Et l’arbre est mort où j’ai cueilli l’amour.
– Oh ! je voudrais, loin du temps et des choses,
Débarrassé de tout lien charnel,
Courir joyeux dans les métamorphoses,
Puis me plonger à la source des causes,
Où l’Infini flotte dans l’Éternel !

(Louis Bouilhet)

 

 

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Patience et long-vouloir (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Patience et long-vouloir

Patience et long-vouloir surveillent ton ouvrage,
Châtelaine, en la salle austère du moutier;
Près du vitrail gothique apporte ton métier,
Permets qu’à tes genoux se blottisse ton page.

Qu’importe si le vent, fantasque cavalier,
Déroule ses galops par les bois qu’il ravage,
L’archiluth a frémi dans l’ombreux paysage
Encadrant sur les murs un combat oublié.

La Palestine est loin et cruelle l’attente,
Ecoute la chanson dont la langueur te tente,
Patience et long-vouloir sont mauvais conseillers;

Mais les accords dolents à tes pieds effeuillés
Disent: « Hormis l’amour, tout est mirage et leurre! »
Baise les cils mouillés de ton page qui pleure.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le divin parfum de Chine emplissait la chambre (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Le divin parfum de Chine emplissait la chambre.
Soudain, secouant les pleurs de l’hiver mouillé,
Tu parus, Faustine. Ah ! que n’est-ce encor Décembre,
Et toi, hors de ton linge épars, lys effeuillé.

(Paul-Jean Toulet)


Illustration: zinaida serebriakova

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L’automne (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



L’automne
Sa mémoire effeuillée

Son sourire d’enfant triste

Son or brûlé
au vif de sa mort

(Georges Bonnet)

 

 

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ATTENTE (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



ATTENTE

Mon âme a joint ses mains étranges
À l’horizon de mes regards;
Exaucez mes rêves épars
Entre les lèvres de vos anges !

En attendant sous mes yeux las,
Et sa bouche ouverte aux prières
Eteintes entre mes paupières
Et dont les lys n’éclosent pas ;

Elle apaise au fond de mes songes,
Ses seins effeuillés sous mes cils,
Et ses yeux clignent aux périls
Éveillés au fil des mensonges.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: William Blake

 

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