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Poésie

Posts Tagged ‘effleurement’

Le soir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Le soir

Dans le jardin résonnait la musique
D’une tristesse inexprimable.
Un frais et fort parfum de mer
Montait du plat, des huîtres dans la glace.

Il m’a dit : « Je suis un ami sûr ! » —
Et il a touché ma robe.
Qu’il ressemble peu à une étreinte
L’effleurement de ces mains.

C’est ainsi que l’on caresse les chats et les oiseaux,
Que l’on regarde les sveltes cavalières…
Juste ce rire dans ses yeux calmes,
À l’abri des légers cils dorés.

Mais les voix tristes des violons
Chantent derrière la fumée qui s’étire :
« Bénis le ciel — pour la première fois
Te voici seule avec ton bien-aimé ».

(Anna Akhmatova)

 

 

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Le vol de tes regard (Rina Lasnier)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



le vol de tes regards me caressait
mieux qu’un effleurement d’aile ;
rien ne s’efface, ni les ors des blés,
ni l’étoile de ta joie,
excepté le chemin de tes pas;

j’envoie au devant de toi
le vent avec l’odeur des phlox
et les bêlements éperdus des brebis;
j’ai fermé les yeux sur ta désertion,
abritant ma solitude derrière les volets.

Voici le vent… et si, d’un geste brusque,
il vient de m’arracher à ma nuit,
c’est que là-bas pointe l’aube de ton retour…

(Rina Lasnier)

Illustration: Stanislav Shpanin

 

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LE ROUGE-GORGE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



LE ROUGE-GORGE

Pour troubler ce bleu de colombe,
il suffit d’une ombre,
l’oeil à l’affût, d’un éclair,
d’un effleurement
— et voici déjà la blessure, effilée,
qui creuse son sillon à la source du sang.

Le rouge-gorge du couchant,
touché, tournoie, plane et descend.

L’oiseau de soif, l’oiseau de fièvre
se débat et s’agrippe aux lèvres.

Les forces du soleil déclinent.

Il suffit d’un mince poignard,
d’un désir en éclat d’épine…

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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Un souvenir naît parfois (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2017



 

Un souvenir naît parfois
d’effleurement de mémoire

Dans l’ardeur d’un été
ou le sourire d’un automne
tenant l’enfance par la main

(Georges Bonnet)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Délivrons l’autre de sa pesanteur (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017


Cette façon de résumer l’espace au toucher,
à l’effleurement de l’invisible.

Nos traces viennent ainsi nourrir l’enfer de la platitude,
tandis qu’erre, en elles, l’ombre du banal…
d’un noyé.

Présence qui manque, prise dans les parois:
nos mots épousent le silence,
et là, étrangement,
y prennent leur épaisseur.

Délivrons l’autre de sa pesanteur,
par l’Amour,
afin que tout désir devienne
l’inconsciente pureté.

(Raphaële George)

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Qui pourra démêler vos pistes et vos jeux? (Armand Guibert)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



 

Routes de sang dans la sylve des corps,
Chemins secrets marqués d’affleurements bleus
Canaux qui charriez la boue et l’or du monde,
Qui pourra démêler vos pistes et vos jeux?

(Armand Guibert)

 

 

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Ce soir je suis un arbre (Michel Thion)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2016



Ce soir je suis un arbre.

Je t’écris arbre du désert,
solitaire effleuré de poussière,
pour te dire à l’heure du soleil sanglant
que toi et moi nous sommes forêt,
que nos racines se croisent, invisibles,
se parlent sous la terre,
partagent l’eau,
comme nos feuilles partagent l’air.

Ce serait l’année de l’effleurement.
Ensemble,
nous ferons le théâtre du vent et de la mer.

Car soleil sanglant il y a aujourd’hui.

Il y a sable et cendre.
Parfois l’un de nous brûle,
est abattu par les bûcherons vêtus de gris,
rongé par les rats
venus des grandes villes noires au-delà de la colline,
il s’estompe de la forêt
mais notre forêt toujours frémit.

Au plus sombre du solstice,
je te le dis,
notre forêt ne mourra pas de la perte de l’eau,
elle est cachée dans nos racines secrètes,
et toujours s’échange,
vive,
bondissante,
fraîche à nos yeux
éraflés de larmes.

Elle coule entre les doigts
de ta main ouverte.
Tu serres le poing
pour la retenir
et quand tu écartes les doigts
il ne reste rien
qu’un bref instant de fraîcheur volatile
qui disparaît à son tour,
souvenir d’un souvenir.
Et c’est cela qui reste gravé en toi,
en nous.

À mes amis trop lointains
voyageurs sans cesse étonnés
dont les racines m’effleurent
au soleil renaissant,
je dis
cette année,
au petit matin pâle,
nous sommes des arbres.

(Michel Thion)

son site ici


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Quel que soit son domaine de création (Pearl Buck)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Quel que soit son domaine de création,
le véritable esprit créatif n’est rien d’autre que ça :
une créature humaine née anormalement, inhumainement sensible.
Pour lui, un effleurement est un choc, un son est un bruit, une infortune est une tragédie,
une joie devient extase, l’ami un amoureux, l’amoureux est un dieu,
et l’erreur est la fin de tout.

Ajoutez à cet organisme si cruellement délicat l’impérieuse nécessité de créer, créer, et encore créer
– au point que sans la possibilité de créer de la musique, de la poésie, des livres, des édifices,
ou n’importe quoi d’autre qui ait du sens, il n’a plus de raison d’être.

Il doit créer, il doit se vider de sa créativité.
Par on ne sait quelle étrange urgence intérieure, inconnue,
il n’est pas vraiment vivant à moins qu’il ne soit en train de créer.

***

The truly creative mind in any field is no more than this :
A human creature born abnormally, inhumanly sensitive.
To him… a touch is a blow, a sound is a noise, a misfortune is a tragedy,
a joy is an ecstasy, a friend is a lover, a lover is a god,
and failure is death.

Add to this cruelly delicate organism the overpowering necessity to create, create, create
— so that without the creating of music or poetry or books or buildings
or something of meaning, his very breath is cut off from him.

He must create, must pour out creation.
By some strange, unknown, inward urgency
he is not really alive unless he is creating.

(Pearl Buck)

 

 

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