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Posts Tagged ‘effleurer’

Tu bougeais mon enfant secret (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Tu bougeais mon enfant secret.
Te retournais-tu au fond de moi ?
Ta main naissante m’effleurait.
Muette dans l’ombre j’épiais ton souffle à venir.

Jamais je n’oublierai ta caresse si légère,
au plus obscur du sang, au plus nocturne de l’amour.
Tu te rendormais je ne savais plus si j’étais vivante.

Mais tout à coup le plumage enfoui frissonnait de nouveau,
et la noirceur autour de moi était d’une telle transparence
que j’aurais pu voler.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration 

 

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Éros (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Éros

Comme une pierre trop lourde que je ne puis déplacer ;
comme une porte solide que j’ébranle à peine et ne puis ouvrir ;

comme une grappe trop haute que mes bonds ne font que porter mes mains à l’effleurer;
ainsi — ce qui peut donner et qui ne veut.

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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IL FAUDRA NOUS AIMER … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019




IL FAUDRA NOUS AIMER …

Il faudra nous aimer par-dessus toutes choses,
Malgré les jours mauvais ou les heures moroses,
Afin que notre amour soit une apothéose.

Il faudra que nos yeux soient purs comme un matin
De Pâques où tout l’air bleu rit d’un rire enfantin,
Dans lequel il y a des cloches au lointain.

Acceptant le travail que le jour leur apporte,
Il faudra que nos mains soient fidèles et fortes,
Jointes encor, même alors qu’elles seront mortes.

Il faudra que par les chemins qui s’offriront
Nous marchions, malgré tous les deuils et les affronts.
Sentant l’ombre d’une aile effleurer notre front.

Nous irons à travers les rires ou les larmes
Calmes et doux, impassibles, sans autres armes
Que ma fidélité tendre et que votre charme.

Nous nous soucierons peu des yeux faux ou moqueurs,
Et, chère, n’est-ce pas que nous serons vainqueurs
De toute chose, avec un tel amour au coeur ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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TON FEU QUI TRANSFORME (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
TON FEU QUI TRANSFORME

Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale,
Sanctifie cette vie en la consumant dans Ton feu.
Soulève mon corps afin de le convertir
En une lampe de Ton tabernacle,
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

Que Tes caresses dans le noir, de membre en membre,
Fassent s’épanouir toute la nuit de nouvelles étoiles.
Les traces d’ombre disparaîtront des regards, mes yeux
Ne percevront que Ta lumière de tous côtés.
Toute ma souffrance s’embrasera vers le haut.
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Chanson d’amour (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Chanson d’amour

Comment tenir mon âme, de sorte
qu’elle ne touche pas la tienne ? Comment
la tendre haut par-dessus toi vers d’autres choses ?
Je voudrais tant l’héberger quelque part, auprès
d’une chose perdue dans l’ombre,
en un lieu étranger, tranquille, qui
ne continue pas à vibrer quand vibrent tes graves.
Mais tout ce qui nous effleure, toi et moi,
nous unit comme un archet qui tire
de deux cordes une seule voix.
Sur quel instrument sommes-nous tendus ?
Et quel musicien nous tient-il dans sa main ?
Ô douce chanson.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Pierrette Lilot

 

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S’approcher (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



S’approcher
sachant que rien ne fut pris
mais juste effleuré
ajoutant une ombre à une ombre

Ainsi n’y-a-t-il pas d’apaisement
seulement l’éloignement précis
du voyage.

(Christian Viguié)

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NÉVROSE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



NÉVROSE

La neige tombe, s’écroule dehors,
Au piano j’écoute ma très chère,
Ét tout le bourg repose, sombre, mort,
Comme s’il neigeait en un cimetière.

L’aimée égrène une marche funèbre…
Surpris, perplexe, je la considère :
Pourquoi jouer une marche funèbre ?…
Et il neige comme en un cimetière.

Sur les touches, tout le visage en pleurs,
Elle gémit comme en une prière…
Sur un faux accord le piano meurt
Et il neige comme en un cimetière.

Et je pleure à mon tour et tout tremblant
J’effleure ses nattes longues, légères…
Dehors le bourg repose, désolant,
Et il neige comme en un cimetière.

(George Bacovia)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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TANT (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
TANT

Tant je l’ai regardée caressée merveillée
et tant j’ai dit son nom à voix haute et silence
le chuchotant au vent le confiant au sommeil
tant ma pensée sur elle s’est posée reposée
mouette sur la voile au grand large de mer
que même si la route où nous marchons l’amble
ne fut et ne sera qu’un battement de cil du temps
qui oubliera bientôt qu’il nous a vus ensemble
je lui dis chaque jour merci d’être là

et même séparés son ombre sur un mur
s’étonne de sentir mon ombre qui l’effleure

(Claude Roy)

 

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Nous ne boirons pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau, non, ni du vin doux,
Pas de baisers au petit matin,
Pas de soirées à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, je respire par la lune
Mais nous vivons d’un seul amour.

À mes côtés, mon tendre ami fidèle,
Avec toi ta compagne joyeuse.
Comme je comprends l’effroi de ces yeux gris,
C’est toi, la raison de mon mal.
Ne multiplions pas nos brèves rencontres.
Ainsi garderons-nous notre tranquillité.

Juste ta voix qui chante dans mes vers,
Et dans les tiens passe mon souffle.
Oh, ce brasier, ni l’oubli ni la peur
N’osent l’effleurer,
Si tu savais comme je les aime
Tes lèvres sèches, tes lèvres roses !

(Anna Akhmatova)

 

 

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Le papillon (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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