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Poésie

Posts Tagged ‘effluve’

Possession (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019


levres

 

Puisque ma bouche a rencontré
Sa bouche, il faut me taire. Trêve
Aux mots creux. Je ne montrerai
Rien qui puisse trahir mon rêve.

Il faut que je ne dise rien
De l’odeur de sa chevelure,
De son rire aérien,
Des bravoures de son allure,

Rien des yeux aux regards troublants,
Persuasifs, cabalistiques,
Rien des épaules, des bras blancs
Aux effluves aromatiques.

Je ne sais plus faire d’ailleurs
Une si savante analyse,
Possédé de rêves meilleurs
Où ma raison se paralyse.

Et je me sens comme emporté
Epave en proie au jeu des vagues,
Par le vertige où m’ont jeté
Ses lèvres tièdes, ses yeux vagues.

On se demandera d’où vient
L’influx tout-puissant qui m’oppresse,
Mais personne n’en saura rien
Que moi seul … et l’Enchanteresse.

(Charles Cros)

 

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Dans un incessant murmure (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

vétiver

Dans un incessant murmure
De longues notes inquiètes
Ta main fredonne la mienne
Dans le soir souvent caressé
D’errants effluves de vétiver

(Elsie Suréna)

Illustration: Vétiver

 

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Mondes innombrables ! (Camille Flammarion)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



    

Mondes innombrables ! Nous rêvons à eux.
Qui nous dit que leurs habitants inconnus ne songent pas à nous, eux aussi,
et que l’espace n’est pas travers par des vols de pensées
comme il l’est par les effluves de la gravitation universelle et de la lumière?

N’existe-t-il pas, entre les humanités célestes,
dont la Terre n’est qu’un modeste hameau,
une immense solidarité,
à peine pressentie par nos sens imparfaits

(Camille Flammarion)

 

Recueil: Astronomie des dames
Traduction:
Editions:

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Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants

Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants
Est favorable à la flânerie à pas lents,
Par la rue, en sortant de chez la femme aimée,
Après un tendre adieu dont l’âme est parfumée.
Pour moi, je crois toujours l’aimer mieux et bien plus
Dans ce mois-ci, car c’est l’époque où je lui plus.
L’après-midi, je vais souvent la voir en fraude ;
Et, quand j’ai dû quitter la chambre étroite et chaude
Après avoir promis de bientôt revenir,
Je m’en vais devant moi, distrait. Le Souvenir
Me fait monter au coeur ses effluves heureuses ;
Et de mes vêtements et de mes mains fiévreuses
Se dégage un arôme exquis et capiteux,
Dont je suis à la fois trop fier et trop honteux
Pour en bien définir la volupté profonde,
– Quelque chose comme une odeur qui serait blonde.

(François Coppée)

Illustration

 

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D’UN PIANO LOINTAIN (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
D’UN PIANO LOINTAIN

Au piano, trois notes ont chanté.
Comme le goût… ou l’effluve d’un thé.
Subtile ivresse effleurant mon visage.
Plus d’une vie en moi s’ouvre un passage.

Voix de Márta, doux souvenir d’antan.
Voix de velours, qui pourtant n’est point d’elle.
Je n’ai pas pris, pauvre, son talisman.
Je ne suis plus, hélas, avec ma belle.

Son souvenir ne veut plus me laisser.
Je vois frémir sa lèvrе et son baiser.
Du piano, mon oeil, errant, s’absente.

Mais sans briser la peine qui me hante.
Comme le goût… ou l’effluve d’un thé,
Au piano, trois notes ont chanté.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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CONCORDANCES (Rémy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



CONCORDANCES

De ses doigts s’exhalait une odeur délicate,
Comme l’assemblage exquis de fleurs sobres et rares
Ou l’effluve des prés qu’un vent d’été caresse ;
De ses doigts s’exhalait une odeur délicate.

Ô pénétrante odeur dont émane un désir,
Odeur moins désirable, pleine de moins d’ivresse
Que celle que dérobe la robe, ô délicate
Et pénétrante odeur dont émane un désir.

Aux parfums de la chair en leur loyale essence
Cèdent les élixirs, toutes les quintessences :
Un seul effleurement l’exalta au désir
Des parfums de la chair en leur loyale essence.

Ô chair faite de fleurs roses, blanches et bleues,
Dont la sève circule avec le sang des veines,
Sa peau moite en distille la plus subtile essence,
Ô chair faite de fleurs roses, blanches et bleues.

(Rémy de Gourmont)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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Le merisier sème sa neige (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Le merisier sème sa neige,
verdure de fleurs et de rosée.
Les freux penchés sur de jeunes pousses
se promènent dans le champ.

Ondoiement de l’herbe soyeuse,
effluves de pin résineux.
Aïe ! prairies et chênaies !
le printemps m’a tourné la tête.

Comme l’arc-en-ciel mon âme
s’éclaire de choses mystérieuses
et je songe à ma fiancée,
mon chant n’est que pour elle.

Sème donc, merisier, ta neige,
oiseaux des bois chantez, trillez.
Ma course houleuse à travers prés
sèmera de même la fleur écumeuse.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Vous ne serez plus là (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration
    

Vous ne serez plus là

Un soir vous reviendrez
je ne serai plus là
L’effluve des lilas
dans la tresse des rues
En avril quand les branches jouent
leur partition stellaire
En avril quand l’éclat
du soleil se pigmente
Vous verrez sur la vitre
se peindre la buée
De toute notre vie
en souvenir muée
Notre vie si semblable
à celles qu’on ignore
Mais qui sut nous apprendre
la langue de l’aurore
Un soir je reviendrai
vous ne serez plus là
Mais aimer dans l’absence
doublera ses lilas.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je voudrais pouvoir dessiner les effluves (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



 

Je voudrais pouvoir dessiner les effluves
qui circulent entre les personnes

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Effluves (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
Effluves

Le vent qui se promène à travers les buissons
Ne vous chante-t-il pas les joyeuses chansons
Qu’on chantait autrefois, quand on était ensemble ?
Et la pauvre feuille qui tremble
Au vent ne vous rappelle-t-elle pas mon coeur
Qui frissonnait sous vos regards moqueurs ?
Et ce ciel, si noir, si maussade
Ne vous fait-il pas refaire les promenades
Qu’on faisait la main dans la main,
Par les chemins
Et par les rues ?
Il doit rester encore au fond de vous
Un souvenir de cette époque disparue.
Ce souvenir serait-il aussi doux
Que celui qui chante en moi-même,
Soir et matin, pour me narguer :
Ô gué, ô gué,
Tu l’aimes !

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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