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Posts Tagged ‘effluve’

ODORANT AUTOMNE MÉLODIEUX AUTOMNE (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
ODORANT AUTOMNE
MÉLODIEUX AUTOMNE

La folie des parfums

Que je les goûte et que j’en meure,
Tel un philtre aphrodisiaque,
Les parfums déments qui m’effleurent
Embrumant les nuiteux cloaques.

Que j’en comprenne le mystère
De cet étourdissant breuvage,
Effluve de Pan solitaire
Dansant par les tourbeux pacages.

O voluptés exténuantes,
Odeurs, qui sont des mains tenaces,
Des souches que l’hiver crevasse
Des champignons aux chairs gluantes.

Comme un Dieu qui m’enlacerait,
Que votre errance me possède,
Plus mythique qu’un chant d’aède
M’enseignant le divin secret.

(Marie Dauguet)

 

 

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Ta saveur (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Ta saveur

Ta saveur est profonde et pleine de mystère
Quand tu blanchis la roue au flanc du vieux moulin,
Frôlant le bois moussu verdi de pariétaires
Où l’eau calme dégoutte en filet opalin.

La vanne est là, béant comme une énorme cuve
Dont l’âcreté ternit ton disque cristallin
Baigné au tournoiement des noirâtres effluves
Qui s’expriment tout bas en termes sybillins.

Le magique parfum sort des eaux remuées,
Evocant la caresse et ses gestes hardis,
Et les baisers d’amour sur des lèvres pâmées,
Et l’étreinte reprise et les aveux redits.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE PARFUM DE LA FLEUR (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Illustration: Alexis Becard 
    
LE PARFUM DE LA FLEUR

Une houri vint se blottir au coeur de la roseraie :
« Nul, dit-elle, ne m’a enseigné le secret de l’univers;
Je ne sais ce qu’est l’aube ni le couchant, le jour ni la nuit.
Qu’est-ce que vivre et qu’est-ce que mourir ? »

Elle devint effluve embaumé et alla s’assoupir au sein des fleurs,
Au sein du monde de l’hier et du demain.
Elle s’éveilla, devint bouton de rose au sourire éphémère,
S’épanouit, se fana et abandonna sur le sol ses pétales.

Cette beauté libérée a laissé un soupir
Que l’on nomme parfum.

(Mohammad Iqbal)

 

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SOUVENIR (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



 Illustration

    

SOUVENIR

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

où les nuits sont pleines à ravir
de passion péché et désir

de baisers à n’en plus finir
qui font mourir de plaisir

des restes de pur bonheur
Cachés là dans mon coeur

mais il me souvient aussi
combien vous étiez jolie

le temps passe sans retenir
Une reste que le souvenir

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

il me revient cette euphorie
avec ses effluves d’empathie

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Signes (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



    Illustration: Henri Michaux
    
Signes, non pour être complet, non pour conjuguer
mais pour être fidèle à son « transitoire »
Signes pour retrouver le don des langues

la sienne au moins, que, sinon soi, qui la parlera?
Écriture directe enfin pour le dévidement des formes
pour le soulagement, le désencombrement des images
dont la place publique-cerveau est en ce temps particulièrement engorgée

Faute d’aura, au moins éparpillons nos effluves.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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L’endormie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



L’endormie

L’endormie vierge
sous la lueur d’un cierge
dans une chambre
parfumée d’encens
dont le corps d’ambre
est le désir de mes sens

Jaloux de ses rêves
je voudrais les lui prendre
et priser à leurs sèves
leurs effluves les plus tendres

(Jean-Baptiste Besnard)

son site ici: Jean-Baptiste Besnard

Illustration: Arthur Braginsky

 

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Mai (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Auguste Renoir la femme aux lilas

 

Mai

Depuis un mois, chère exilée,
Loin de mes yeux tu t’en allas,
Et j’ai vu fleurir les lilas
Avec ma peine inconsolée.

Seul, je fuis ce ciel clair et beau
Dont l’ardente effluve me trouble,
Car l’horreur de l’exil se double
De la splendeur du renouveau.

En vain j’entends contre les vitres,
Dans la chambre où je m’enfermai,
Les premiers insectes de Mai
Heurter leurs maladroits élytres ;

En vain le soleil a souri ;
Au printemps je ferme ma porte
Et veux seulement qu’on m’apporte
Un rameau de lilas fleuri ;

Car l’amour dont mon âme est pleine
Retrouve, parmi ses douleurs,
Ton regard dans ces chères fleurs
Et dans leur parfum ton haleine.

(François Coppée)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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Derniers vers (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



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Derniers vers

Flamboyantes écumes éparses dans les ourses
La joie me revenait comme un arc-en-ciel
Les nuages pendus au fin fond des forêts
Et les rires fusaient au revers de ma bouche,
Maritimes effluves au ressac des liesses
Très ardents les soleils se heurtaient aux éclipses,
Et les infinis dansaient en mon être éperdu.

Saluant l’autre rive dans les brouillards mystiques
Je pensais à ces terres éternellement désertées
Cependant que soudain la lumière venait
À approcher mon âme oscillant aux abîmes
Et se dressant tout droit à l’horizon des vagues
Comme un vitrail de sang épanoui qu’on écorche
Dans la musique claire des astres dérivant
Qui tournoieraient longtemps avant que d’émerger.

Décembre 2011 (dicté à l’hôpital)

(Jean-Claude Demay)

 

 

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La torche (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



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La torche

Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d’extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.

Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l’émerveillement qu’il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.

Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.

Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.

Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres…

Je vous aime ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.

Et je t’aime, ô mon âme avide, toi qui pars
– Nouvelle Isis – tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d’être perdue.

Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l’inutile autel déserté par l’idole ;
Je suis le feu qui danse à l’âtre délaissé,
Le brasier qui n’échauffe rien, la torche folle…

Et ce besoin d’aimer qui n’a plus son emploi
Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c’est bien vous que j’aime si je m’aime.

(Marie Nizet)

 

 

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Ici frissonne le jonc (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




Ici frissonne le jonc de la prime renaissance
et la moire influée au mouvement de parabole de ta poitrine
cette marée analeptique aspirant goulûment l’effluve exsangue de la lune

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Annie Lopez

 

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