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Poésie

Posts Tagged ‘effort’

On en revient (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



On en revient.

Etrange
Est que l’on revienne
Le plus souvent,

Après l’effort, plus grand
Qu’on ne pouvait.

Et même,
A ce retour on s’habitue.

(Guillevic)

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Le grillon (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2020




    
Le grillon

Un pauvre petit grillon
Caché dans l’herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L’insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L’azur, le pourpre et l’or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit-maître, il court de fleurs en fleurs ;
Prenant et quittant les plus belles.
Ah ! Disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout et pour moi rien.
Je n’ai point de talent, encor moins de figure ;
Nul ne prend garde à moi, l’on m’ignore ici bas :
Autant vaudrait n’exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d’enfants ;
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l’attraper.
L’insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L’un le saisit par l’aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient et le prend par la tête.
Il ne fallait pas tant d’efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh ! Oh ! Dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux vivons caché.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Que comprendre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



    
que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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L’Aurore (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020




L’Aurore est l’effort
De la Face Céleste
Pour à Nos yeux feindre
L’Ignorance du parfait.

(Emily Dickinson)

Illustration

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DONNE-MOI TES DOUTES (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



 

Illustration: Mana Neyestani
    
DONNE-MOI TES DOUTES

Donne-moi tes doutes que je les redresse
Comme des clous tordus,
Donne-moi tes incertitudes, toi qui vas
Sur ce que tu crois être une fausse route.
J’ai assez erré, assez cogné à des portes pour savoir
Qu’il n’y a pas d’autre sagesse,
Depuis l’infini jusqu’au point zéro,
Que d’être à la besogne, entiché de fini.
Versez vos griefs dans ma solitude,
Aussi large qu’un golfe,
Dans mon chantier où l’on répare
Les vaisseaux qui firent naufrage.
Je suis le vieil ami
De ceux qui sont grands dans leurs actions
Et pas dans leurs paroles;
Moi je peux mourir parmi les fourmis
Et que l’on m’oublie.
Dans l’immense nuit du monde; pourtant,
J’ai élevé, aux côtés des autres,
Le jour sous le soleil, la nuit dans les ténèbres,
Efforts douloureux, rêve chimérique
Payé de pleurs dans des bols de terre —
Des foyers pour durer, de hautes pyramides,
Avec la foi qu’un jour
Le ciel partout s’éclairera.

(Mihai Beniuc)

 

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Fleur de sel (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2020




    
Fleur de sel

C’est du vent de la mer que naissent ses pétales
Et puis … c’est le soleil qui peaufine son corps
En faisant miroiter, tels des feux de Bengale
De fabuleux cristaux s’offrant à ce décor.

Sous la chaleur d’été, le paludier s’affaire
Armé de son ételle, il sculpte les mulons
Pour en faire des cônes à des fins salutaires
Puis des « Monts Blancs » sublimes à la morte-saison.

Cette manne salée qui relève nos plats
Nous faisant des gourmets depuis la nuit des temps
Trouve toujours sa place à l’heure du repas
Sur la table du riche ou celle du manant I

Saupoudrant les bonnottes et sardines d’argent
Se cachant prestement au coeur de nos gâteaux
L’or blanc de la Vendée, battu par tous les vents
Est la belle alchimie de la sueur des eaux.

Jardin marécageux … parterres rectilignes
Irrigués çà et là par le flux des étiers …
Qu’il est beau cet Eden et cet effort si digne
De ce splendide geste auguste du saunier.

Lorsque le soir descend, les derniers feux du jour
Enflamment les psychés des mouettes rieuses
La sage salicorne errant aux alentours
Rougit comme un rubis et fait l’audacieuse !

Au milieu des oeillets, pousse une fleur de sel
Venue en un bouquet du fond des Océans
Pour former une gerbe d’épis solennels
Au gré des fantaisies de la Rose des Vents !…

(Jacqueline Commard)

 

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Retouche à l’effort (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

Don Hong -Oai 016

retouche à l’effort

écume aux lèvres
le vent monte les îles inclinées
ainsi je peine à vous dompter
nymphes de l’amertume

(Daniel Boulanger)

Illustration: Don Hong

 

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DIEU (Thór Stefánsson)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Illustration: Tineke Storteboom
    
DIEU

La plupart du temps
l’homme conduit son navire
entre le brisant et la vague
sans trop d’effort
comme si son expérience
l’avait focalisé sur le pilotage automatique
de la raison,
de la tolérance et de l’amour humains.

Mais parfois, c’est comme si
une main invisible et inhumaine
débranchait le pilotage automatique
et conduisait le navire délibérément
droit sur la falaise et faisait exploser la montagne
avec les habitants du pays
et l’équipage du navire
dans un déchaînement de violence incontrôlable.

Cette main se réclame
le plus souvent
de Dieu.

***

GOD

Most of the time,
man steers his ship
by the middle course
without much difficulty,
as if his experience
had put it on automatic pilot
of human reason,
tolerance, and love.

But sometimes it‘s like
an invisible, inhuman hand
disconnects the automatic pilot
and steers the ship deliberately
right onto the rocks and blows up the mountain
with the people of the country
along with the crew of the ship
in an uncontrollable outburst of rage.

Most of the time,
the hand misuses
the name of God.

***

GOD

Meestal
stuurt de mens zijn vaartuig
zonder al te veel moeite
tussen klip en golf
alsof zijn ervaring
hem op automatische besturing van de rede,
van de tolerantie en van de menselijke liefde heeft gezet.

Maar soms is het alsof
een onzichtbare en onmenselijke hand
de stuurautomaat heeft uitgeschakeld
en opzettelijk het schip
recht op de klif afstuurt en de berg opblaast
met de bewoners van dat land
en de bemanning van het schip
in een uitbarsting van oncontroleerbaar geweld.

Die hand misbruikt
heel dikwijls
de naam van God.

***

BÓG

Przez większość czasu
człowiek steruje swoim okrętem
kursem środkowym
bez wielkich trudności,
jak gdyby jego doświadczenie
podłączyło go do automatycznego pilota
ludzkiego rozumu,
tolerancji i miłości.

Ale czasami bywa, że
niewidzialna, nieludzka dłoń
odłącza automatycznego pilota
i prowadzi okręt z premedytacją
wprost na skały, roznosi górę
z ludem krainy
i załogą okrętu
w niepohamowanym wybuchu furii.

Przez większość czasu
ta dłoń nadużywa
imienia Boga.

***

GOTT

Die meiste Zeit
steuert der Mensch sein Schiff
ohne allzu viel Mühe
zwischen Klippe und Wellen
als könne seine Erfahrung
sich auf den Autopiloten der Vernunft,
der Toleranz und der menschlichen Liebe verlassen.

Aber manchmal ist es so, als ob
eine unsichtbare, unmenschliche Hand
den Autopiloten abschaltet,
das Schiff absichtlich direkt
auf die Klippe steuert, den Berg sprengt,
mitsamt den Bewohnern des Landes
und der Besatzung des Schiffes,
in einem Ausbruch unkontrollierbarer Gewalt.

Diese Hand nennt sich
in den meisten Fällen
Gott.

***

***

ΘΕΟΣ

Συχνά ο άνθρωπος στο μέσο δρόμο
οδηγεί το πλοίο του
και δίχως δυσκολία
αυτόματος πιλότος οδηγούμενος
απ’ το λογικό, υπομονή κι αγάπη.

Κι άλλες φορές ένα αόρατο χέρι
αποσυνδέει τον αυτόματο πιλότο
και κατευθύνει το πλοίο του
στα βράχια και στο βουνό να εκτιναχτεί
μ’ όλον τον πληθυσμό του τόπου
και με το πλήρωμα
σε πανικό αλλοπρόσαλο.

Τις πιο πολλές φορές
όλα τα κάνει στ’ όνομα
του Θεού.

***

DIO

Il più delle volte,
l‘uomo conduce la nave
dritta per le sue rotte
senza troppe difficoltà,
come se la sua esperienza
avesse messo il pilota automatico
dell‘umana ragione,
tolleranza, e amore.

Ma a volte è come se
un‘invisibile mano, disumana,
disconnettesse il pilota automatico
e guidasse la nave deliberamente
dritta contro le rocce e facesse saltare i contrafforti
con gli abitanti della terra
insiema all‘equipaggio della nave
in un‘incontrollabile esplosione di rabbia.

Il più delle volte,
la mano fa cattivo uso
del nome di Dio.

***

DIOS

Muchas veces
el hombre conduce su barco
entre el escollo y la ola
sin gran esfuerzo
como si su experiencia
la hubiese puesto en el piloto automático
de la razón, de la tolerancia y del amor humano.

Pero a veces, es como
si una mano invisible e inhumana
desconectase el piloto automático
conduciendo la nave deliberadamente
directa al acantilado y reventando la montaña
con los habitantes del país
y la tripulación de la nave
en un estallido de violencia incontrolable.

Esa mano abusa
tantas veces
del nombre de Dios.

***

DUMNEZEU

Ades își potrivește omul
cursul corăbiei
fără strădanii ocolind
prăpăstii și talazuri.
Îndemânarea-i vine parcă
de la pilotul automat al dreptei judecate,
ce-l ocrotește cu nespusă bunătate.

Se mai întâmplă însă uneori
să întrerupă din senin o mână
contactul cu automatul milostiv.
Atunci zadarnic se-opintește
bietul cârmaci, căci stânca nemiloasă
atrage barca și scufundă
țărmuri și barcagii deopotrivă
pe veci împreunați în aprigă furtună.

Mâinii adesea i se pune
unul și-același nume
Dumnezeu.

***

上 帝
大多数时候
人通过不很费力
的中间航线
驾驶他的航船
好像他的经历
已经装上了
人类的理性、 宽容
和爱的自动驾驶仪。
但有时它就像
一只看不见、非人道的手
断开这自动驾驶仪
带着这个国家的居民
带着这船上的船员
在无法控制的怒火中
而故意把船开到
岩石上和撞爆高山。
大多数时候
这只手用
上帝的名义。

***

神の名で

ほとんどの時間
人は海の中道を歩み、 たやすく 舵を取る
経験が豊かなので
まるで自動操縦みたいに
それは人の理性と 忍耐
そして愛の力によって
しかし時には
目に見えない人間でない
何者かの手によって
自動操縦は解かれ
船は故意に岩に乗り上げ
山を打ち砕く
その国の人々と乗組員とともに
激しい怒りの爆発によって
たいていは人の手は
神の名を悪用するのだ

***

***

(Thór Stefánsson)

 

Recueil: ITHACA 618
Traduction: Français Thor Stefánsson – Nicole Barrière / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Allemand Wolfgang Klinck / Russe Daria Mishueva / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Chinois William Zhou / Japonais Naoshi Koriyama / Arabe Sarah Silt / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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On vit, on parle… (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
On vit, on parle…

On vit, on parle, on a le ciel et les nuages
Sur la tête ; on se plaît aux livres des vieux sages ;
On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement
En voiture publique à quelque endroit charmant,
En riant aux éclats de l’auberge et du gîte ;
Le regard d’une femme en passant vous agite ;
On aime, on est aimé, bonheur qui manque aux rois !
On écoute le chant des oiseaux dans les bois
Le matin, on s’éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une soeur, une fille !
On déjeune en lisant son journal. Tout le jour
On mêle à sa pensée espoir, travail, amour ;
La vie arrive avec ses passions troublées ;
On jette sa parole aux sombres assemblées ;
Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend,
On se sent faible et fort, on est petit et grand ;
On est flot dans la foule, âme dans la tempête ;
Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fête ;
On arrive, on recule, on lutte avec effort… —
Puis, le vaste et profond silence de la mort !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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