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Posts Tagged ‘effrayante’

Qui me réchauffe, qui m’aime encore ? (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Gao Xingjian escanear

[…]

Qui me réchauffe, qui m’aime encore ?
Donnez des mains chaudes !
donnez des coeurs-réchauds !
Etendue, frissonnante,
Pareille au moribond à qui l’on chauffe les pieds,
secouée, hélas ! de fièvres inconnues,
Tremblante devant les glaçons aigus des frimas,
chassée par toi, pensée !
Innommable ! Voilée ! Effrayante !
chasseur derrière les nuages !
Foudroyée par toi,
œil moqueur qui me regarde dans l’obscurité !
Ainsi je suis couchée,
je me courbe et je me tords, tourmentée
par tous les martyrs éternels,
frappée
par toi, chasseur le plus cruel,
toi, le dieu — inconnu…

[…]

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Eternité! Eternité! (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Eternité! Eternité!
Tes créatures sont effrayantes.

(Maurice Blanchard)


Illustration: Fra Angelico

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Je pense (Wincenty Korab-Brzozowski)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

Je pense

Je pense: vont mourir les roses automnales
Dans un délire froid de nuances d’opales;

Je pense: vont s’éteindre encore des emblèmes
De joie, avec la chute, au loin, des feuilles blêmes;

Je pense: le soleil va luire en le ciel terne,
Vaguement, misérable ainsi qu’une lanterne;

(Des mains grises, des mains effrayantes de mortes,
Viendront les soirs ouvrir traîtreusement les portes…)

Et je clame: ah! pouvoir par cette mort régnante
Être temple d’amour et force rayonnante!

(Wincenty Korab-Brzozowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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Le port (Behçet Necatigil)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




Le port

Leurs mâts brisés dans de violentes tempêtes
Les bateaux se réfugient chez nous, nous croyons les avoir trouvés.

Ils ne voient pas. Il n’y a que les lointains.
Nous les réparons. Ils s’en vont, nous restons.

Ensuite dans la nuit : qu’il soit le dernier, dernier,
Ne le renvoie pas, nous supplions la mer.

Ensuite grandit encore
Notre effrayante solitude.

(Behçet Necatigil)

 

 

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Le Temps (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016




Dans les terriers du cauchemar
Où la Justice est toute nue,
Le Temps, guettant du fond de l’ombre,
Tousse quand tu veux embrasser.

Dans les soucis et les migraines
Vaguement s’écoule la vie,
Le Temps fera comme il lui chante,
Demain, ou bien aujourd’hui.

Dans nombre de vertes vallées
S’amasse la neige effrayante;
Le Temps brise les farandoles
Et l’arc éclatant du plongeur.

Oh, enfonce tes mains dans l’onde,
Enfonce-les jusqu’au poignet;
Et regarde au fond de la vasque,
Pour voir ce que tu as manqué.

Le glacier cogne dans l’armoire,
Le désert gémit dans le lit
Et la fêlure de la tasse
Ouvre accès au pays des morts.

(Wystan Hugh Auden)


Illustration: Salvador Dali

 

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«Droit vers la vallée, droit vers la hauteur» (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2016




«Droit vers la vallée,
droit vers la hauteur»

Dans la forêt de sapins, à minuit,
Quand la blême clarté de la lune timidement
Traverse les cimes d’un sourire de spectre,
Je te vis debout, solitaire, à part.

Pas un mot; le vent léger glisse furtivement,
Il monte de la vallée avec un bruissement étouffé,
Et dans le murmure des roseaux, effrayante douceur,
Résonnent des voix d’esprits qui sortent du marais.

Main crispée, 1’oeil étincelle
Que fascine la roche escarpée,
Ton coeur est comme sous la houle d’une sauvage marée
Dont les vagues battraient la plage.

Murailles en débris, colonnades orgueilleuses,
Le Burg sous la lumière crue de la lune
Le regarde d’en haut en riant de son oeil vide
Ricane, le salue, s’incline, et dit :

« Droit vers la hauteur, droit vers la vallée :
« Le soleil tue, la lune donne vie,
« Pourquoi regardes-tu, pâle et livide, vers là-haut?
Fais la montée, car toute chose s’efforce vers la lumière ! »

Il se hisse au sommet, l’escalade, guette
Le murmure qui parcourt les roseaux,
Le vent qui bruisse au long de la falaise,
La chouette dont l’aile frôle la hauteur.

Et la rumeur se rapproche, accent magique,
Souffle, frémissement, comme une vibration de harpe,
à présent se plaint doucement, en douloureuse angoisse :
Expirer — s’effacer — se noyer dans le Tout.

Cela lui saisit le coeur — il monte et se penche,
Et ouvre les bras, étreignant le monde.
Se noyer — sombrer — la colonnade s’efface,
Expirer — se perdre — tomber vers la terre en mille morceaux.

(Friedrich Nietsche)

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Lézarde entre deux nuits (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015



Lézarde entre deux nuits

Les ajoncs, la pierraille au sursis de l’hiver,
Haute ruine aux lambeaux de songe,
Tous les siècles de l’obscur dans le vent,
La vallée, le grand pays familier et désert.
Le couple né de ces granits, de ces racines,
Et moi qui porte au fond des mots, au fond du sang
Je ne sais quel appel, je ne sais quel écho
De ce passage de serfs et de guerriers,
De vagabonds, de paysans et de rois,
D’enfances tenaces et terrifiées,
L’effrayante ou miraculeuse saveur
D’une lézarde entre deux nuits.

(Georges-Emmanuel Clancier)

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