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Poésie

Posts Tagged ‘effusion’

L’infini microcosme (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’infini microcosme

Nuit et jour infinis dans une effusion du Temps,
Un seul aperçu au milieu,
Une soirée agréable, un courant d’air,
L’ivresse d’union entre obscurité tamisée et lumière :
Juste à son coeur un jasmin simple et minuscule
Un soupçon de parfum avec une goutte de sourire
A peine accessibles ses toutes petites lèvres
Continue à s’épanouir dans la joie
Avant même sa chute dans la joie.
Au fond de cet aperçu l’Infini tout entier
Devient jasmin en lisière d’une forêt.
L’Infini se manifeste au coeur de l’instant.
Au passage du temps se détache la fleur,
L’Infini rentre en lui-même.

***

Infinity, Miniscule

Infinite day and night in an effusion of Time,
Only one glimpse in its midst,
A lovely evening, a breeze,
The drunkenness of union between soft darkness and light:
Right at its core merely a tiny jasmine,
A shade of perfume with a drop of smile
Hardly approachable its tiny lips
Keeps on blossoming out of its joy
Before it falls even out of its joy.
Entire Infinity within that glimpse
Becomes a jasmine by the side of a forest.
Infinity manifests at the heart of the moment.
With the passing of the moment falls the flower,
Infinity returns within itself.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Fidélité à l’éclair (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




    
[Fidélité à l’éclair, un livre de conversations avec Daniel Gonzales Dueñas et Alejandro Toledo.
Un livre qui s’ouvre d’emblée sur cette question : quel est le sens de la verticalité dans votre poésie ?
Il y répond en évoquant d’abord son expérience de la lecture des poètes dans sa jeunesse, une lecture attentive où lui apparaissait déjà que : ]

Même chez les grands poètes, il y avait des zones plus faibles, un peu lâches,
des zones qu’on pouvait remplacer, laisser de côté.

Je trouvais, ajoutait-il, chez de nombreux auteurs (et aujourd’hui dans la majeure partie de la poésie),
des passages où la description, l’anecdote ou l’effusion sentimentale dévoraient la poésie.

Alors j’ai commencé à éprouver la nostalgie d’une aventure qui serait la recherche d’une poésie plus dense,
où chaque élément serait comme quelque chose d’irremplaçable, où déplacer une virgule,
changer un mot de place ou un blanc serait une catastrophe…

une poésie qui ne se limiterait pas à cultiver l’atmosphère, les réactions sentimentales,
mais qui aurait (qui oserait avoir) possibilité d’unifier une fois pour toutes
ce qui a été si absurdement séparé : la pensée et l’émotion.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fidélité à l’éclair
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Lettres vives

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UN INFINI CHAGRIN (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Lawrence Alma-Tadema
    
UN INFINI CHAGRIN sort des passes d’amour
Même riches de coeur, et grandit la méprise
A partir des toisons d’un piédestal sacré
Sur lequel nue on a installé la déesse;

Les charnelles poussées en mourant se déplacent
Et doivent dans le non-charnel avoir accès
Pour finir apaisement tremblant : qu’elles reforment
Dans un beau vers noirci tout l’émoi transmué!

Le vers qui dit le seul Amour sans un objet
La seule effusion dans le sein de mon père
Participant à notre plus triste secret.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi tant d’énigme (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration: Zofia Rozwadowski
    

Pourquoi tant d’énigme
Au coeur d’un tel sentiment d’évidence
Nuage miniature
Qui vient combler une attente
Indéfinie
Trois gouttes de rosée posées sur tes cheveux
Châtains d’un roux ardent comme nos effusions
Ton petit acajou idéal
Tous mes vaisseaux gonflés par un afflux de sang
Vermeil
Les derniers sons balbutiés
Juste avant le sommeil

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Entre-Temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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Le cri d’une mouette (Marie Uguay)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2016



Le cri d’une mouette crée la profondeur de l’air
divise les rues en espaces incertains
le vent est gris et sans effusion
et nous sommes assis à la table
où l’on a déposé des tasses de café des fruits
nous ne parlons plus
attirés par la fraîcheur de l’herbe et des nuages
et tout ce qui passe
projette ses ombres sur nos regards
la pièce sent le bois coupé et l’eau
dehors nous savons que tout se prépare
lentement à paraître

(Marie Uguay)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Jean-Robert Doumont

 

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CHANT EXPRESSIONNISTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



 

CHANT EXPRESSIONNISTE

A ceux qui cherchent des thèmes sociaux,
Des hymnes politiques, des effusions sentimentales,
Chant, dis-leur :
Je suis un arbre sans branches.

Que puis-je si le temps m’a fait naître,
Ils me refusent, fouillant de l’oeil mon visage,
A eux, chant, dis :
Je suis un arbre sans branches.

Ils cherchent seulement dans les archives la preuve
Du droit, dont le temps est
Garant,
A ceux qui sont enfermés dans leur cercle suranné,
Chant, dis-leur :
Je suis un arbre sans branches.

(Srecko Kosovel)

 

 

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