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Poésie

Posts Tagged ‘égal’

À maman (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2020




    
À maman

Mon coeur me dit que c’est ta fête
Je crois toujours mon coeur quand il parle de toi
Maman, que faut-il donc que ce coeur te souhaite?
Des trésors? Des honneurs? Des trônes? Non, ma foi!
Mais un bonheur égal au mien quand je te vois.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

 

 

 

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Renaissance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020



Illustration: Nicholas Roerich

    

Renaissance

La félicité divine n’atteint pas si tôt sa plénitude en nous,
tout ne finit pas pour nous en une vie ;
il n’est pas de terme à notre esprit
ni à la joie qu’il recherche.

Nos âmes et le ciel sont d’égale stature
et de naissance immémoriale ;
impérissable semence, moule infini de la Nature,
ils ne furent point façonnés sur terre,

ni à la terre ne lèguent-ils leurs cendres,
mais en eux-mêmes ils perdurent.
Un avenir sans fin affleure sous tes paupières,
enfant d’un passé sans fin.

De vieux souvenirs nous reviennent, de vieux rêves nous submergent,
êtres disparus que nous avons connus,
fictions et portraits ; cadres insaisissables –
ils se détachent, austères et solitaires.

Tous nos espoirs, tous nos rêves, trésors du souvenir,
sont prévisions mal déchiffrées,
mais de quelle vie, de quel lieu? Seul peut le dire
qui mesura les cieux illimités.

Le Temps est une convention tenace ; avenir et présent
vivaient dans le passé ;
ils sont une même image que nos volontés complaisantes
en trois plans ont projetée.

Le passé oublié est en nous immortel,
nos naissances et la fin proche
déjà accomplies. Vers une cime, à bout de souffle,
parfois nos âmes s’élèvent,

d’où notre pensée revient fortifiée ; car en surgit
l’immense océan du Temps
dont la houle infinie s’étend devant nos yeux,
et ses sublimes symphonies ;

et parfois, levant ce voile du mental
l’esprit regarde et voit
les âges disparus dont héritent nos vies
et les siècles à venir :

il voit des royaumes labourés par les vagues refouler l’océan –
là où surgi des troubles profondeurs
se dresse maintenant Himâlaya, il voit la marche formidable
des flots mesurer la moitié du monde ;

ou bien derrière nous, la trame se dénoue
et sur ses fils nous contemplons –
courses anciennes des étoiles, lieux jadis parcourus
dans un temps dont le souvenir s’est effacé.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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UNE IMAGE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



UNE IMAGE

Au cœur du coeur
de la rose des univers
enroulés sur eux-mêmes
un coeur (si détaché
qu’il ressemble au sommeil
ou à l’absence) semble battre
le rassemblement des mondes
d’un battement si faible
qu’il est attentivement égal
au silence.

Absorbé par un violent
amour
ou détachement.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Tendresse nocturne (Bertrand Delporte)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Zdzislaw Beksinski  _500

Tendresse nocturne,
Rien n’est égal à l’étoile.

Et le chemin de ronde.

Tout autour,
par la sente des Sens

– Je maintiens la demeure.

(Bertrand Delporte)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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HYMNE À LA MORT (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019




    
HYMNE À LA MORT

Amour, mon juvénile emblème,
Revenu dorer la terre,
Épars dans le jour rocheux,
C’est la dernière fois que je regarde
(Au pied du ravin, d’eaux
Brusques somptueux, endeuillé
D’antres) la traînée de lumière
Qui pareille à la plaintive tourterelle
Sur l’herbe distraite se trouble.

Amour, santé lumineuse,
Les années à venir me pèsent.

Lâchée ma canne fidèle,
Je glisserai dans l’eau sombre
Sans regret.

Mort, aride rivière…

Soeur sans mémoire, mort,
D’un seul baiser
Tu me feras l’égal du songe.
J’aurai ton même pas,
J’irai sans laisser de traces.

Tu me feras le coeur immobile
D’un dieu, je serai innocent,
Je n’aurai plus ni pensers, ni bonté.

L’esprit muré,
Les yeux tombés en oubli,
Je servirai de guide au bonheur.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans le tissu du poème (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (31) [1280x768]

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d’harmonie,
en même temps que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant.
Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre.
Et un ordre insurgé.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

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Tu es sur le chemin (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Tu es sur le chemin dont nul n’est revenu,
c’est ton tour, c’est le vieillissement,
l’illisible dieu interroge sous le masque.

L’hiver s’avance d’un pas égal, dénude
les arbres, rentre en lui-même, souverain.

C’est l’accession sans égarement, tu regardes
le seuil, les maisons sont plus âpres, les portes
fermées, comme un château défait
la vie retombe.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Alchimie de la Douleur (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


pompei

L’un t’éclaire avec son ardeur,
L’autre en toi met son deuil, Nature!
Ce qui dit à l’un : Sépulture!
Dit à l’autre: Vie et splendeur!

Hermès inconnu qui m’assistes
Et qui toujours m’intimidas,
Tu me rends l’égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes;

Par toi je change l’or en fer
Et le paradis en enfer;
Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.

(Baudelaire)

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Comme horizon la neige (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
Comme horizon la neige, n’avons-nous appris
qu’à nous résigner ? Ce mot qui veut conclure
nous appartient, mais le silence nous déborde
autant qu’il nous rassemble, l’amitié, la prière,
a-t-elle une autre fin, que nos dieux y renaissent ?

Nous ne respirons que pour eux,
sans les nommer, sans borner le chemin,
sans asservir l’élan farouche, et comme viatique
douleur, louanges égales, indivisibles.

(Pierre Dhainaut)

 

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La voix intérieure (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La voix intérieure

ma voix intérieure
ne conseille rien
n’interdit rien

elle ne dit ni oui
ni non

elle est peu audible
presque inarticulée

même en se penchant très profond
on n’entend que des syllabes
dénuées de sens

j’essaie de ne pas l’étouffer
j’ai des égards pour elle

je feins de la tenir pour égale
de la prendre au sérieux

parfois même
j’essaie de lui parler
—tu sais hier j’ai refusé
je n’ai jamais fait cela
je ne vais pas commencer

—glou — glou
– alors tu crois
que j’ai bien fait

– gua – guo – gui

c’est bien qu on soit d’accord

– ma – a

– repose-toi maintenant
nous reparlerons demain

elle ne me sert à rien
je pourrais l’oublier

je n’ai pas d’espoir
un peu de peine
quand elle repose
enveloppée de pitié
respire avec effort
ouvre la bouche
tente de soulever
sa tête sans force

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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