Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘égal’

Dans le tissu du poème (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (31) [1280x768]

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d’harmonie,
en même temps que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant.
Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre.
Et un ordre insurgé.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu es sur le chemin (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Tu es sur le chemin dont nul n’est revenu,
c’est ton tour, c’est le vieillissement,
l’illisible dieu interroge sous le masque.

L’hiver s’avance d’un pas égal, dénude
les arbres, rentre en lui-même, souverain.

C’est l’accession sans égarement, tu regardes
le seuil, les maisons sont plus âpres, les portes
fermées, comme un château défait
la vie retombe.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Alchimie de la Douleur (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


pompei

L’un t’éclaire avec son ardeur,
L’autre en toi met son deuil, Nature!
Ce qui dit à l’un : Sépulture!
Dit à l’autre: Vie et splendeur!

Hermès inconnu qui m’assistes
Et qui toujours m’intimidas,
Tu me rends l’égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes;

Par toi je change l’or en fer
Et le paradis en enfer;
Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.

(Baudelaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme horizon la neige (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
Comme horizon la neige, n’avons-nous appris
qu’à nous résigner ? Ce mot qui veut conclure
nous appartient, mais le silence nous déborde
autant qu’il nous rassemble, l’amitié, la prière,
a-t-elle une autre fin, que nos dieux y renaissent ?

Nous ne respirons que pour eux,
sans les nommer, sans borner le chemin,
sans asservir l’élan farouche, et comme viatique
douleur, louanges égales, indivisibles.

(Pierre Dhainaut)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La voix intérieure (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La voix intérieure

ma voix intérieure
ne conseille rien
n’interdit rien

elle ne dit ni oui
ni non

elle est peu audible
presque inarticulée

même en se penchant très profond
on n’entend que des syllabes
dénuées de sens

j’essaie de ne pas l’étouffer
j’ai des égards pour elle

je feins de la tenir pour égale
de la prendre au sérieux

parfois même
j’essaie de lui parler
—tu sais hier j’ai refusé
je n’ai jamais fait cela
je ne vais pas commencer

—glou — glou
– alors tu crois
que j’ai bien fait

– gua – guo – gui

c’est bien qu on soit d’accord

– ma – a

– repose-toi maintenant
nous reparlerons demain

elle ne me sert à rien
je pourrais l’oublier

je n’ai pas d’espoir
un peu de peine
quand elle repose
enveloppée de pitié
respire avec effort
ouvre la bouche
tente de soulever
sa tête sans force

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ROSES DANS LA NUIT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
ROSES DANS LA NUIT

Dès que la nuit monte au ciel, le monde est à nous, et aux dieux.
Nous allons des champs à la source, des bois obscurs aux clairières,
où nous mènent nos pieds nus.

Les petites étoiles brillent assez pour les petites ombres que nous sommes.
Quelquefois, sous les branches basses, nous trouvons des biches endormies.

Mais plus charmant la nuit que toute autre chose,
il est un lieu connu de nous seuls et qui nous attire à travers la forêt :
un buisson de roses mystérieuses.

Car rien n’est divin sur la terre à l’égal du parfum des roses dans la nuit.
Comment se fait-il qu’au temps où j’étais seule je ne m’en sentais pas enivrée?

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette non-distance dans la distance (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration
    
cette non-distance dans la distance
est, peut-être, l’unifié, le plat,
le scrupuleusement égal, le ras;

enfin le simple fondu
dans le simple.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ça m’est bien égal (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Ça m’est bien égal, ceux qui disent
qu’il existe ou non — car l’église
du village était douce et grise.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Tantôt je suis la hache et tantôt je suis l’arbre (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Rockwell Kent 21 [1280x768]

Tantôt je suis la hache et tantôt je suis l’arbre
— ici, bourreau cruel, et là, tremblante victime;
mais toujours me remplit la même sombre haine.
Oh ! Dieu, n’être ni la hache ni l’arbre
— mais la blessure aux lèvres fraîches
et que partage un double amour égal !

(Luc Decaunes)

Illustration: Rockwell Kent

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Liberté des cimes (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018




Celui qui nous hait ou nous envie n’est pas le seul
À nous borner, nous opprimer ; car celui qui nous aime
Ne nous borne pas moins.
Puissent les dieux me concéder que, dépouillé
Des élans du coeur, je gagne la froide
Liberté des cimes sans rien.
Qui désire peu, obtient tout ; qui ne désire rien
Est libre ; qui ne possède rien et ne désire rien,
Homme, est l’égal des dieux.

(Fernando Pessoa)

Illustration

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :