Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘égal’

Liberté des cimes (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018




Celui qui nous hait ou nous envie n’est pas le seul
À nous borner, nous opprimer ; car celui qui nous aime
Ne nous borne pas moins.
Puissent les dieux me concéder que, dépouillé
Des élans du coeur, je gagne la froide
Liberté des cimes sans rien.
Qui désire peu, obtient tout ; qui ne désire rien
Est libre ; qui ne possède rien et ne désire rien,
Homme, est l’égal des dieux.

(Fernando Pessoa)

Illustration

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA VACHE AU TAUREAU (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



Illustration: Louis Flahaut

    

LA VACHE AU TAUREAU

À l’aube, à l’heure exquise où l’âme du sureau
Baise au bord des marais la tristesse du saule,
Jeanne, pieds et bras nus, l’aiguillon sur l’épaule,
Conduit par le chemin sa génisse au taureau.

Compagnonnage errant de placides femelles,
Plantureuses Vénus de l’animalité,
Qui, dans un nonchaloir plein de bonne santé,
S’en vont à pas égaux comme deux sœurs jumelles.

Si le pis est pesant, les seins sont aussi lourds,
L’une a les cheveux drus, l’autre les crins opaques,
Et leurs yeux sont pareils à ces petites flaques
Où la lune projette un rayon de velours.

Aussi, rocs et buissons, les chênes et les chaumes
Semblent leur dire, émus de cette humble union,
Qu’en ce jour c’est la fête et la communion
Des formes, des clartés, des bruits et des arômes.

(Maurice Rollinat)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Vivre, permanente surprise ! (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
Vivre, permanente surprise !

Vivre, permanente surprise !
L’amour de soi, quoi que l’on dise !
L’effort d’être, toujours plus haut,
Le premier parmi les égaux.
La vanité pour le visage,
Pour la main, le sein, le genou,
Tout le tendre humain paysage !
L’orgueil que nous avons de nous,
Secrètement. L’honneur physique,
Cette intérieure musique
Par quoi nous nous guidons, et puis
Le sol creux, les cordes, le puits
où lourdement va disparaître
Le corps ivre d’éternité.

– Et l’injure de cesser d’être,
Pire que n’avoir pas été !

(Anna de Noailles)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: L’honneur de souffrir
Traduction:
Editions:

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Victoire éclair (René Char)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Victoire éclair

L’oiseau bêche la terre,
Le serpent sème,
La mort améliorée
Applaudit la récolte.

Pluton dans le ciel!

L’explosion en nous.

Là seulement dans moi.

Fol et sourd, comment pourrais-je l’être davantage?

Plus de second soi-même, de visage changeant, plus de saison pour la flamme et de saison pour l’ombre!

Avec la lente neige descendent les lépreux.

Soudain l’amour, l’égal de la terreur,
D’une main jamais vue arrête l’incendie, redresse le soleil, reconstruit l’Amie.

Rien n’annonçait une existence si forte.

(René Char)

 

Recueil: Commune présence
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La quête d’un frère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018




La quête d’un frère signifie presque toujours
la recherche d’un être,
notre égal,
à qui nous désirons offrir des transcendances
dont nous finissons à peine
de dégauchir les signes.

(René Char)

Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais être seul dans le sud (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    
Je voudrais être seul dans le sud

Peut-être mes yeux lents ne verront plus le sud
Aux légers paysages endormis dans l’espace
Aux corps comme des fleurs sous l’ombrage des branches
Ou fuyant au galop de chevaux furieux.

Le sud est un désert qui pleure en sa chanson,
Et comme l’oiseau mort, sa voix ne s’éteint pas ;
Vers la mer il dirige ses désirs amers
Ouvrant un faible écho qui vibre lentement.

A ce si lointain sud je veux être mêlé.
La pluie là-bas n’est rien qu’une rose entr’ouverte ;
Son brouillard même rit, rire blanc dans le vent.
Son ombre, sa lumière ont d’égales beautés.

***

Quisiera estar solo en el sur

Quizá mis lentos ojos no verán más el sur
De ligeros paisajes dormidos en el aire,
Con cuerpos a la sombra de ramas como flores
O huyendo en un galope de caballos furiosos.

El sur es un desierto que llora mientras canta,
Y esa voz no se extingue como pájaro muerto;
Hacia el mar encamina sus deseos amargos
Abriendo un eco débil que vive lentamente.

En el sur tan distante quiero estar confundido.
La lluvia allí no es más que una rosa entreabierta;
Su niebla misma ríe, risa blanca en el viento.
Su oscuridad, su luz son bellezas iguales.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche au matin de février (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017




    
retouche au matin de février

Jour à fin museau sous la porte
nous ne quitterons pas le lit
montagnes tièdes et prairies
de longues bêtes au coeur égal
l’odeur des rêves qui s’oublient

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je veux te revoir! (Motoyoshi Shinnô)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



Je veux te revoir!

Dans ma détresse,
Maintenant tout m’est égal,
Même quand je devrais détruire mon corps,
(Poteaux de Naviwa)
je veux te revoir!

(Motoyoshi Shinnô)


Illustration: Hokusaï

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | 3 Comments »

Bien que déjà ce soir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Albert Ritzberger
    
Bien que déjà ce soir

Bien que déjà, ce soir
L’automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l’automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l’âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l’avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l’automne obère
A grands pans d’ombre et d’orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n’altère
L’intérieur jardin tranquillisé,
Où s’unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

On se verrait bien maintenant (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



&

nbsp;   

On se verrait bien maintenant
l’égal du réprouvé et de son chien
roulés en boule
dans la nuée qui monte
à vomir
par une grille de métro

La belle image
pour qui médite sous abri
avec ses armes de nanti
On peut blesser la phrase
barboter dans les signes
jouer ses tours de funambule
ça fait toujours autant de bruit
le monde
autour de la feuille

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :