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Poésie

Posts Tagged ‘égorger’

Ah! laissez-moi crier, crier, crier (Sabine Sicaud)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ah! laissez-moi crier, crier, crier …
Crier à m’arracher la gorge !
Crier comme une bête qu’on égorge,
Comme le fer martyrisé dans une forge,
Comme l’arbre mordu par les dents de la scie,
Comme un carreau sous le ciseau du vitrier ….

(Sabine Sicaud)

Illustration

 

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LE GARÇON BOUCHER (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Alfred Boucher
    
LE GARÇON BOUCHER

Toujours te sourire,
Jamais te toucher,
Tu me rendras pire
Qu’un garçon boucher!

Apprends qui je suis,
Sache qu’en dormant
J’égorge, la nuit,
Cette femme enfant

Qui est dans tes yeux,
Qui penche la tête,
Je tords ses cheveux,
Je trahie une bête

Vague, blanche et nue,
Grande comme toi,
Quand elle remue
J’enfonce tout droit

Le couteau joyeux,
Le couteau rageur,
Je le sens heureux
D’aller dans ton cœur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Matin (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



 

Illustration: Marc Chagall 
    
Le Matin

Cri du coq
Chant du cygne de la nuit
Monocorde et fastidieux message
Qui me crie
Aujourd’hui ça recommence
Aujourd’hui encore aujourd’hui
Je n’entends pas ta romance
Et je fais la sourde oreille
Et je n’écoute pas ton cri
Pourtant je me lève de bonheur
Presque tous les jours de ma vie
Et j’égorge en plein soleil
Les plus beaux rêves de mes nuits.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Histoires
Traduction:
Editions: Folio

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Les femmes (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Les femmes

Les femmes nous les enfermons
dans des cavernes muettes,
des cuisines, des souillardes,
des placards, des caves, des soupentes.

Nous les tenons serrées de linges noirs,
de la tête aux orteils.

Avec zèle, nous les engrossons
de futurs barbus.

Les adultères, nous les enterrons vives.
Les rebelles, nous les égorgeons.

Dieu nous promet une juteuse éternité
de voluptés célestes.

Dans cette attente,
de temps à autre,
nous violons quelques infidèles.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Pourquoi ne pas planter un arbre? (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Au lieu
d’égorger un mouton
pour la naissance d’un enfant
pourquoi ne pas planter un arbre?

(Abdellatif Laâbi)

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VITRINES (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

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VITRINES

Des cadillacs et des ombrelles
De l’albuplast et de bretelles
De faux dollars de vrais bijoux
Y’en a vraiment pour tous les goûts
Des oraisons pour dentifrices
Des chiens nourris qui parlent anglais
Et les putains à l’exercice
Avec leurs yeux qui font des frais
De faux tableaux qui font la gueule
Et puis des vrais qui leur en veulent
Des accordéons déployés
Qui soufflent un peu avant de gueuler
Des filles en fleurs des fleurs nouvelles
Des illustrés à bonne d’enfant
Et des enfants qui font les belles
Devant des mecs bourrés d’argent

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme dans les coeurs
A faire se lever le bonheur
Des fois qu’il pousserait dans les rues

Les faux poètes qu’on affiche
Et qui se meurent à l’hémistiche
Les vedettes à nouveau nez
Paroles de Léo Ferré
Les prix Goncourt que l’on égorge
Les gorges chaudes pour la voix
Les coupe file et les soutiens-gorge
Avec la notice d’emploi
Des chansons mortes dans la cire
Et des pick-up pour les traduire
Microsillon baille aux corneilles
C’est tout Mozart dans une bouteille
Le sang qui coule plein à la une
Et qui se caille aux mots croisés
« France soir », « Le Monde » et la fortune
Devant des mecs qu’ont pas bouffé

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme aux alentours
A faire se lever l’amour
Des fois qu’on le vendrait aux surplus

Des père Noël grandeur nature
Qui ne descendent plus que pour les parents
Pendant que les gosses jouent les doublures
En attendant d’avoir vingt ans
Toupie qui tourne au quart de tour
Bonbons fondants bonheur du jour
Et ces mômes qu’en ont plein les bras
A lécher la vitrine comme ça
Des soldats de plomb qui font du zèle
Des poupées qui font la vaisselle
De drôles d’oiseaux en équilibre
Pour amuser les tout petits
A l’intérieur la vente est libre
Pour ceux qui s’ennuient dans la vie
Des merveilles qu’on peut pas toucher
Devant des mecs qui peuvent « Entrer »

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme dans les yeux
A rendre aveugles tous les gueux
Des fois qu’ils en auraient trop vu

Jambon d’York garanti Villette
Des alcools avec étiquettes
Crème à raser les plus coriaces
« Où l’on m’étend le poil se lasse »
La gaine qui fond sous les caresses
Le slip qui rit le bas qu’encaisse
L’escarpin qui use le pavé
Les parfums qui sentent le péché
Des falbalas pour la comtesse
Des bandes en soie pour pas que ça blesse
Du chinchilla de la toile écrue
Y faut vêtir ceux qui sont nus
Des pull-over si vrais qu’ils bêlent
Des vins si vieux qu’ils coulent gagas
Des décorations qu’étincellent
Devant des mecs qui n’en veulent pas.

Les vitrines de l’avenue
C’est mes poches à moi quand je rêve
Et que j’y fouille à mains perdues
Des lambeaux de désirs qui lèvent

(Léo Ferré)

Illustration

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L’ouragan (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’ouragan

Rauque le vent mugit, un taureau qu’on égorge!
Tout s’effondre et se brise; au fond du ciel béant
Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,
S’effrènent les galops des esprits du néant.

Les corbeaux effarés et battus par l’averse
Tourbillonnent perdus aux creux des noirs sillons
Qui labourent le ciel et que l’éclair traverse
Avec un craquement de verdâtres rayons.

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,
L’ardente Volonté y clame son tourment,
Son éternel désir et ses douleurs intenses
Et l’amour qui promet et la mort qui dément.

Il s’exhale du sol une odeur sulfureuse
Ainsi que d’un trépied, mais l’oracle exilé
N’explique plus l’énigme et la raison la creuse
En vain. – Les dieux sont morts et leur secret scellé.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE CYGNE ET LE CUISINIER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE CYGNE ET LE CUISINIER

Dans une ménagerie
De volatiles remplie
Vivaient le Cygne et l’Oison :
Celui-là destiné pour les regards du maître ;
Celui-ci, pour son goût : l’un qui se piquait d’être
Commensal du jardin, l’autre, de la maison.
Des fossés du Château faisant leurs galeries,
Tantôt on les eût vus côte à côte nager,
Tantôt courir sur l’onde, et tantôt se plonger,
Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies.
Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d’un coup,
Prit pour Oison le Cygne ; et le tenant au cou,
Il allait l’égorger, puis le mettre en potage.
L’oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage.
Le Cuisinier fut fort surpris,
Et vit bien qu’il s’était mépris.
« Quoi ? je mettrois, dit-il un tel chanteur en soupe !
Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe
La gorge à qui s’en sert si bien!  »

Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
Le doux parler ne nuit de rien.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Ouvre le livre de l’horizon, ô main de la poésie! (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017



 

   
Ouvre le livre de l’horizon,
ô main de la poésie!

Dans l’air, dans le nulle part,
le poète a construit son foyer.
Il a pris pour amis l’obsession,
l’insomnie, le silence.

Réincarnez-vous
afin de savoir comment visiter les corps des plantes
dans leurs demeures.
Fraternisez à nouveau
dans les lits des branches et dans le sein de l’herbe,
afin de guérir les blessures entre vous
et le reste des créatures.
Et toi, chasseur,
je t’en prie, n’égorge pas cette tourterelle.
Peut-être est-elle la femme que tu as aimée
ou que ton ami le poète a aimée,
pour la première fois.

Il est dans l’amour-poésie
une autre lumière pour que nous transformions la raison
en un sixième sens pour palper l’inconnu,
pour que nous la changions de cage en oiseau,
pour que nous fassions couler son eau dans le coeur,
et en elle le vin du coeur.

Et voilà qu’ils sondent la matière,
transpercent le mur du son,
descendent sur la lune,
dialoguent avec les constellations.
Mais c’est toi seule, poésie,
résidant dans l’intériorité de la création,
qui connais le secret.

(Adonis)

 

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Où vivre ?(Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Où vivre ? Dans quelle ombre
Etouffer mon ennui?
Ma tristesse est plus sombre
Que la nuit.

Où mourir? Sous quelle onde
Noyer mon deuil amer?
Ma peine est plus profonde
Que la mer.

Où fuir? De quelle sorte
Égorger mon remords ?
Ma douleur est plus forte
Que la mort.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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