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Poésie

Posts Tagged ‘élan’

La flèche (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
La flèche

Peu importe que la flèche n’atteigne pas son but
C’est mieux ainsi
Ne capturer aucune proie
Ne faire de mal à personne
car l’important
c’est le vol la trajectoire l’élan
la distance parcourue en l’air
l’obscurité délogée quand elle s’enfonce
en vibrant
dans l’étendue du néant

(José Emilio Pacheco)

 

 

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LE DIRE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



LE DIRE

Je ne l’ai toujours pas dit
Mais quoi? Mais quand?
II tarabuste mon élan,
Pèse en mon coeur, sur mes poumons
Et parfois ma langue interrompt.
J’ai beau dire et j’ai beau faire
Modestement ou à l’excès
Sincèrement ou en colère
Avec fièvre ou froidement
J’ai beau jaillir entre deux pierres
Ou bien foncer sombrement
Je ne l’ai toujours pas dit
Mais quoi? Mais quand?

Je songe devant un pré,
Devant un village ou un fil
Qui lie deux arbres fluidement
Je vais le dire, je l’ai qui tremble
Qui me serre ou qui m’attend
Hélas, je ne m’en délivre
Il repart dans le puits où on le voit
Je ne l’ai toujours pas dit
Mais quoi? Mais quand?

(Pierre Morhange)

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Oiseaux de mer (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Oiseaux de mer

Mouettes, gris et goélands,
Mêlent leurs cris et leurs élans.
Leur vol fou qui passe et repasse,
Tend comme un filet dans l’espace.
Mouettes, goélands et gris,
Mêlent leurs élans et leurs cris.
Holà ! Ho ! du coeur à l’ouvrage !
La mer grossit.
Proche est l’orage.
Mouettes, goélands et gris,
Mêlent leurs élans et leurs cris.

(Jean Richepin)

 

 

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Mon élan (Robert Roman)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2021




    
Mon élan
S’approprie
La rapidité
De la falaise

(Robert Roman)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pensées Ultérieures
Traduction:
Editions: Le Contentieux

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La beauté est une rencontre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2020




    
La beauté est une rencontre. Toute présence
Sera par une autre présence révélée.
D’un même élan regard aimant figure aimée ;
D’un seul tenant vent d’appel feuilles de résonance.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne suis qu’élan vers l’Esprit (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Je ne suis qu’élan vers l’Esprit;
et l’Esprit parfois me pénètre de sa douceur infinie.
Je me prends à sourire.
Tout mon bonheur est dans ma certitude.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ramures (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Ramures

En face à face de ciel
Huilés de clarté
Là-bas
Si nus
En élan si pur
Les hêtres
Où s’évade le jour
Où lèvent des lueurs d’été
Et s’exile l’hiver
S’exile
L’amer
Des ramures désertées
Ramures offertes
A l’Infini
Sa lumière
Et d’Infini saisies

(Kristel Saint-Cyr)

 Illustration: Magdalena Bronakowska

 

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L’éclair des prédicants (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020



L’éclair des prédicants

La machine mangeuse alternait ses sourires et ses élans.
Chaque fois, l’énorme reflet rejetait plus loin
les pauvres gestes étriqués et ridicules des victimes
vers on ne sait quel océan de stupeur et d’espoir.
C’était comme un va-et-vient.

L’inlassable tapis-roulant (était-ce quelque affreuse langue ?)
les charriait, pèle-mêle, hébétés et peureux
jusqu’à cet entonnoir comme un gosier avide
qui les engouffrait tous dans un horrible remugle de dissection malsaine.
Et c’était là-dedans, illuminé de soufre et d’or,
plus haut que le sifflement des courroies et des vapeurs,
la clameur affolée, affolante.
C’était des roues dentées, des axes,
une machine compliquée, inquiétante, des chairs hurlantes,
froissées, dans des lueurs de cavernes.
De ce concassement fusaient des boues et des lambeaux,
tel qu’un volcan éructe.

Puis après, c’était l’immense calme,
une douceur venant d’une tendre musique,
infinie et plus haut, bien plus haut dans l’azur,
de très simples couleurs reposantes et neuves,
un ruisselet candide allant on ne sait où,
la fin comme d’un cauchemar.

(Robert Momeux)



Illustration: Gilbert Garcin

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Aimer (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

Jeanie Tomanek milkweed [1280x768]

Aimer

Il est un mot qui est le coeur
De tous les autres: c’est aimer!
Respire-le comme une fleur
Ecoute-le battre et vibrer.

Aimer, vois-tu, ce n’est pas prendre
Mais d’un vaste élan se donner,
C’est se taire pour mieux entendre
Ce que l’autre dit sans parler.

Aime l’ami, aime l’aimée,
Aime l’arbre, l’air et la bête,
Aime la vie, âme comblée:
C’est l’amour qui meut les planètes!

(Marc Alyn)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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