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Poésie

Posts Tagged ‘élan’

Ramures (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Ramures

En face à face de ciel
Huilés de clarté
Là-bas
Si nus
En élan si pur
Les hêtres
Où s’évade le jour
Où lèvent des lueurs d’été
Et s’exile l’hiver
S’exile
L’amer
Des ramures désertées
Ramures offertes
A l’Infini
Sa lumière
Et d’Infini saisies

(Kristel Saint-Cyr)

 Illustration: Magdalena Bronakowska

 

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L’éclair des prédicants (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020



L’éclair des prédicants

La machine mangeuse alternait ses sourires et ses élans.
Chaque fois, l’énorme reflet rejetait plus loin
les pauvres gestes étriqués et ridicules des victimes
vers on ne sait quel océan de stupeur et d’espoir.
C’était comme un va-et-vient.

L’inlassable tapis-roulant (était-ce quelque affreuse langue ?)
les charriait, pèle-mêle, hébétés et peureux
jusqu’à cet entonnoir comme un gosier avide
qui les engouffrait tous dans un horrible remugle de dissection malsaine.
Et c’était là-dedans, illuminé de soufre et d’or,
plus haut que le sifflement des courroies et des vapeurs,
la clameur affolée, affolante.
C’était des roues dentées, des axes,
une machine compliquée, inquiétante, des chairs hurlantes,
froissées, dans des lueurs de cavernes.
De ce concassement fusaient des boues et des lambeaux,
tel qu’un volcan éructe.

Puis après, c’était l’immense calme,
une douceur venant d’une tendre musique,
infinie et plus haut, bien plus haut dans l’azur,
de très simples couleurs reposantes et neuves,
un ruisselet candide allant on ne sait où,
la fin comme d’un cauchemar.

(Robert Momeux)



Illustration: Gilbert Garcin

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Aimer (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

Jeanie Tomanek milkweed [1280x768]

Aimer

Il est un mot qui est le coeur
De tous les autres: c’est aimer!
Respire-le comme une fleur
Ecoute-le battre et vibrer.

Aimer, vois-tu, ce n’est pas prendre
Mais d’un vaste élan se donner,
C’est se taire pour mieux entendre
Ce que l’autre dit sans parler.

Aime l’ami, aime l’aimée,
Aime l’arbre, l’air et la bête,
Aime la vie, âme comblée:
C’est l’amour qui meut les planètes!

(Marc Alyn)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Cyprès (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



Illustration: Thierry Marchal
    
Cyprès

Lorsque arrive le vent,
Nous nous donnons entiers.
Au loin, mille papillons
Déchirent l’horizon.
Nous restons immobiles,
Pour être enfin, d’ici,

La sève, l’élan, le chant.

*

Lorsque arrive la pluie,
Nous nous laissons tremper.
Le soleil nous prendra
Par la main ; et d’un jet
Nous tracerons le trait
— combien droit, combien plein —

Du sol reconnaissant.

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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L’arbre (Rina Lasnier)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




    
L’arbre

J’avais un grand arbre vert
Où nichait mon enfance ailée,
Un arbre grand troué de lumière
Qui remplissait le haut de mon âme.

J’avais de douces branches vertes
Où chantait mon enfance triste,
Des branches vertes et sonores
Qui répétaient les chagrins de mon âme.

J’avais mille feuilles vertes
Où palpitait l’élan de mon enfance,
Des feuilles lisses et captives
Comme les oiseaux de mon âme.

J’avais un grand arbre vert
Où se dénouait la fleur de mon enfance,
Pour quel printemps, pour quelle abeille ?
Pour quelle joie, pour quelle souffrance ?

(Rina Lasnier)

 

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POÈME AU MONDE (Aron Lutski)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Armand Point 
    
POÈME AU MONDE

C’est bonheur que pouvoir bouger
C’est enchantement que toucher
C’est une merveille vibrer
Dans le floral éclat des prés,
Exaltant se laisser aller
Au flux d’événements ailés,
Joyeux en élans s’exhaler,
S’élancer en joie s’égarer.
C’est jeu se laisser entraîner
Vers les dangers illuminés,
Léger et lesté se leurrer
De tant de leurres éventés,
Par la nostalgie tourmenté,
Au vent des épreuves porté
Dans les tourbillons déchaînés
Et les cauchemars effrénés.

(Aron Lutski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelques sentiers de lumière (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



D’un même élan
l’Univers se fait
se défait

Ses volumes éclatent :
en poussières angles traits
oiseaux de fer brûlures
rocs mordus par les tempêtes

La confusion fourmille

Quelques sentiers de lumière
sabrent ces tourbillons
les pacifient.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Territoire d’âme (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Nos territoire d’âme
Ou d’argile
Transpercés par le glaive
Rongés par les ans

Gardent en leurs replis
Ces élans et ces fièvres
Qui perpétuent le souffle
Pacifient le tourment

(Andrée Chedid)


Illustration: Vladimir Kush

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉPHÉMÉRIDE DES NUAGES (Georges Cathalo)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



ÉPHÉMÉRIDE DES NUAGES

entre deux nuages
l’éclair d’une étoile
et la nuit

voyage immobile
au creux des nuages
le jour se lève

oiseaux de passage
griffent les nuages
et disparaissent

nuage furtif
où le ciel se cache
ouvrir l’oeil

cache-toi nuage
moule roule coule
indocile et fier

aussitôt vu
aussitôt disparu
nuage fantôme

élan d’amour fou
amour de nuages
se laisser aimer

et la pluie soudain
invente des fenêtres
dans un mur de nuages

avec patience
à l’abri à l’affût
un nuage veille

plus loin plus près
visible invisible
simple nuage

dire qu’ils sont là
n’est pas innocent
innocents nuages

et la nuit se pose
et le temps s’arrête
un nuage passe

(Georges Cathalo)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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