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Poésie

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Et d’espaces en feuillages (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
Et d’espaces en feuillages,
et de ciels en adieux,
des mains qui cherchent encore.

Silences au-dessus des nuées,
si doucement élancés,
que la nuit peu à peu s’éloigne.

Sous l’aile, ton regard
ensemence mes pas.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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NOCTURNE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
NOCTURNE

Elle

Le rossignol se plaint dans la ramure noire.
Je t’ai donné mon corps, et mon âme, et ma gloire.

Les arbres élancés sont noirs sur le ciel vert.
Vois cette fleur qui meurt dans mon corsage ouvert.

Le vent est parfumé ce soir comme de l’ambre.
Tu sais qu’on a trouvé ton poignard dans ma chambre

Embrasse-moi. La lune a des teintes de sang.
Mon père est mort, dit-on, hier en me maudissant.

Là-haut le rossignol pleure et se désespère.
La cloche qu’on entend, c’est le glas de mon père.

Les parfums de ce soir font ployer mes genoux,
Je suis lasse. Un instant, ami, reposons-nous.

Que je t’aime! Au château vois-tu cette lumière?
C’est un cierge allumé près du lit de ma mère.

Ah! les étoiles!… — On dirait un sable d’or.
Ne t’avais-je pas dit que mon père était mort?

Levons-nous. Allons près du lac. Je suis plus forte.
Ne t’avais-je pas dit que ma mère était morte?

Entends le bruit de l’eau… C’est comme des chansons,
C’est comme nos baisers, quand nous nous embrassons.

Je ne veux pas savoir d’où tu viens, ni même
Savoir quel est ton nom… Que m’importe? Je t’aime

Le rossignol se tait au bruit de ce beffroi.
Ma mère me disait que ton coeur était froid.

La lune fait pâlir le cierge à la fenêtre.
Mon père me disait que tu n’étais qu’un traître.

Écoute ce grillon. Vois donc ce vers luisant.
Assez de cloche. Assez de cierge. — Allons-nous-en.

J’ai pris des diamants autant qu’on voit d’étoiles,
Partons. Sens le bon vent, qui va gonfler nos voiles.

Viens. Qu’est-ce qui retient ta parole et tes pas?

Lui

Mademoiselle, mais… Je ne vous aime pas.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les choses d’hier (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2017




    
Les choses d’hier font des virages élancés
Les choses d’hier sont des hirondelles
Mais que m’importe hier c’est aujourd’hui que j’aime
Le massif aujourd’hui inséparable de moi-même
Pourtant il était tout habillé d’or
Et de couleurs en rut
Qu’est devenue la fidélité
Du chien séparé du crâne qui couche à présent sur ma table

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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L’heure est plate et sans ride (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



C’est Dimanche aujourd’hui. L’air est couleur du miel.
Le rire d’un enfant perce la cour aride :
On dirait un glaïeul élancé vers le ciel.
Un orgue au loin se tait. L’heure est plate et sans ride.

(Paul-Jean Toulet)

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BELLE (Guy Créquie)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



BELLE

Visage d’ange
Prestance naturelle
Jambes élancées
Yeux d’un bleu indigo
Chevelure ample
Poitrine accueillante

Belle, elle est
Dans la clarté du jour
Mon corps s’illumine
Du désir d’aimer
Fusion envisagée
Le rêve est éternité.

(Guy Créquie)

Illustration: Carolus Duran

 

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