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Posts Tagged ‘élégance’

ÉCLAТАNТE ВЕAUТÉ… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
ÉCLAТАNТE ВЕAUТÉ…

Je nageais dans la beauté
Éclatante, chair et rose…
D’un coup la réalité
M’assomme, caillou sans cause.

Mais pourquoi toujours biaiser?
Pas de caillou symbolique :
Ne pas idéaliser
Quand le sort me fait la nique.

L’instinct trahit rarement,
Cet homme apportait le drame :
«Il vient couper le courant » …
Mer et tempête en mon âme.

Prêt pour tailler mon crayon .
Mon couteau, dans la lumière :
Tuer… faire le lion,
Et qu’ils paient pour ma misère !

Déjà tout est condamné :
La bête, elle, a sa tanière,
Mais moi, je suis désarmé
Pour cette espèce de guerre.

Тu serai, pis encor :
Assommé sans élégance,
L’arme légale, c’est l’or :
On est dupe avec la lance.

Aujourd’hui le héros peut,
Bombe de nouvelle espèce,
Lancer de beaux billets bleus
Explosant en sous et pièces.

Et voilà comme, tangent,
Je tirai ma révérence…
Ce soir, lime, astres d’argent
Ме parlaient de l’espérance.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Il décrivait le climat et l’élégance (Joseph Julien Guglielmi)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




Illustration: François Martin-Kavel
    
il décrivait
le climat et
l’élégance du
petit sein
défait

(Joseph Julien Guglielmi)

 

Recueil: Qu’un bref regard sous le calme des cieux
Traduction:
Editions: de L’Attente

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Jetée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



Illustration: Florence Coquais Foucault
    
Jetée

Le soir fêté dans l’air marin
Et les vaisseaux d’acier près de nos tables
Le vin vivant dans l’ombre des bras rouges

Je vois dans la dispersion d’or des lampes
Des bontés répandues sur l’étoffe des courants
Des remparts
Ouverts à la mer du marcheur

On s’éloigne le soir pleins de visions sonores
Les oiseaux s’ouvrent loin d’eux-mêmes
Comme l’élégance de jeunes cathédrales pour les yeux.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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PENSION DE FAMILLE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



PENSION DE FAMILLE
Petrópolis, 1925

Dans le jardin de la petite pension de famille,
Des chats se prélassent au soleil.
L’ivraie envahit les plates-bandes nivelées.
Le soleil brûle les jasmins fanés.
Les tournesols
jaunes!
résistent.

Et les dahlias, joufflus, plébéiens, dominicaux.

Un petit chat fait pipi.
Avec les gestes d’un garçon de Restaurant-Palace
Il recouvre soigneusement sa petite flaque d’urine.
Puis il s’en va élevant avec élégance sa patte droite :
— C’est la seule créature de qualité de la petite pension de famille.

(Manuel Bandeira)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Au soir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Au soir

Il y avait au jardin une musique
D’une tristesse inexprimable.
Fraîche et vive l’odeur de la mer
Sur le plat d’huîtres dans la glace.

Il m’a dit: «Je suis un ami sûr!»
Et il a touché ma robe…
Comme le contact de cette main
Ressemble peu à une étreinte.

C’est une caresse pour un chat, pour un oiseau…
Un regard pour une élégante cavalière…
Il n’y a qu’un rire dans ces yeux calmes,
Sous l’or léger des cils.

Et les voix des violons douloureux
Chantent dans la fumée qui s’épand:
«Bénis le Ciel : pour la première fois,
Tu es seule avec ton amour.»

(Anna Akhmatova)

Illustration: Rosana de Paula-Cessac

 

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Nous nous retrouvions (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Zorn
    
Nous nous retrouvions au couchant.
Ta rame fendait l’eau du golfe.
Amoureux de ta robe blanche,
Je n’aimais plus l’élégance du rêve.

Retrouvailles muettes, étranges.
Devant nous — sur la langue de sable —
S’allumaient les cierges du soir.
On songeait à la pâle beauté.

Qu’on s’approche, s’effleure et se brûle —
Le silence d’azur n’entend rien.
Mais nous nous retrouvions dans les brumes,
Où l’onde frémit sous les roseaux.

Ni douleur, ni amour, ni offense,
Tout pâlit, tout s’en va, tout s’enfuit…
Ton image blanche, les requiems,
Et la rame d’or dans ta main.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Viens (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: René Magritte
    
Viens
Grand oiseau de silence
Dont l’aile ouverte éclipse l’aube
Viens
Des lointains où nos regards s’essoufflent
Viens
Du plus proche où tu te tiens
Ma belle énigme
Dans l’élégance du matin

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Anges (Kurt Drawert)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



Anges

Les anges du bonheur
Centimètre par centimètre
ils s’éloignent de moi.

Les uns, pleins d’élégance,
la face tournée vers moi encore
et en une tendre révérence

les autres sans dire mot,
passant la froideur dans l’épaule
devant la place du créancier.

Et ce qu’hier encore comptait
est maintenant la neige
sur les bras qui du sapin se baissent.

***

Engel

Die Engel des Glücks,
Zentimeter für Zentimeter
gehen sie von mir.

Die einen stilvoll,
das Gesicht noch zu mir gewandt
und in sanfter Verneigung,

die anderen wortlos,
mit kalter Schulter
am Standort des Gläubigers vorbei.

Und was gestern noch zählte,
ist heute der Schnee
auf den sinkenden Armen der Tanne.

(Kurt Drawert)


Illustration: Kandl

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Dans la sérénité du coeur (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Dans la sérénité du coeur
et l’élégance de leur vieillesse
écoutez monter
de ces gorges de basalte
de ces bouches de granit
aux mâchoires de fer
ce qui reste sans nom
dans aucune langue

et rendrait jaloux le soliste
le plus abandonné aux sons
le danseur
le plus emporté par le rythme
et le chaman
le plus habité par son rêve

Chaque pierre
avec ou sans notre aide
a su trouver sa place utile
et revêtir sa forme nécessaire

Chacune consent à son destin

Haut fond
elle portera les océans
météorite
elle nous racontera la nuit
clé de voûte ou moellon de mur
elle dira les hommes
et ce qu’ils font ici-bas

Cela elles l’acceptent
leur âme est faite des mêmes
matières que la nôtre
leur mutisme demeure identique
à celui qui toujours a suivi
nos questions

(Werner Lambersy)

 

 

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Les ormes (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2016



Les ormes

Dans les champs
Calmes parasols
Sveltes, dans une tranquille élégance
Les ormes sont seuls ou par petites familles.
Les ormes calmes font de l’ombre
Pour les vaches et les chevaux
Qui les entourent à midi.
Ils ne parlent pas
Je ne les ai pas entendus chanter.
Ils sont simples
Ils font de l’ombre légère
Bonnement
Pour les bêtes.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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