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Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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PERPLEXITÉS (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019




    
PERPLEXITÉS

Il se mit debout sur le toit. «Maintenant, je vais sauter », cria-t-il.
Les gens en bas, immobiles, retenaient leur respiration.
Il fit un geste élégant — préparation au saut —, se ravisa,
descendit tranquillement, le dos tourné à l’escalier.
Pendant quelques secondes, ne sachant pas quel parti prendre,
les gens rirent, s’irritèrent.
Finalement ils applaudirent.
Deux femmes seulement regardaient ailleurs.
La troisième manquait.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

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PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE

illustres galants, je vous donne un bon conseil,

Prenez garde à la jolie Anne ;
Sa figure avenante est si pleine de grâce,

Qu’elle vous attrapera le cœur.
Son œil si brillant est comme les étoiles dans la nuit ,

Sa peau est comme le cygne ;
Sa taille élégante est si mince dans son corsage,

Qu’aisément elle tiendrait dans vos deux mains.

La jeunesse, la grâce et l’amour marchent à sa suite,

Et le plaisir mène l’avant-garde ;
Dans tous leurs charmes, et sous leurs larmes victorieuses,

ils accompagnent la jolie Anne.
Les liens du captif peuvent enchaîner les mains ,

Mais l’amour asservit l’homme ;
Beaux galants, je vous avertis tous ,

Prenez garde à la jolie Anne.

[…]

Quel homme ne doit céder à la beauté

Dans son armure d’oeillades, et de rougeurs, et de soupirs

Et quand l’esprit et l’élégance ont poli ses dards,

Ils éblouissent nos yeux, en volant à nos cœurs

Mais la bienveillance , la douce bienveillance dans l’œil étincelant
A un éclat qui pour moi surpasse le diamant ; [de tendresse,]

Et le cœur palpitant d’amour, quand elle me serre dans ses bras,
Oh ! Voilà les charmes irrésistibles de ma chère belle !

(Robert Burns)

 

 

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UN RAVISSANT CIMETIÈRE (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Cimetière-du-Tera-mochi [800x600]

UN RAVISSANT CIMETIÈRE
NAMAMEK ASHII HAKABA

Le vent souffle dans les saules
Où y a-t-il un cimetière si sombre ?
Une limace grimpe sur la haie
Et du paysage vient l’odeur tiède de la mer
Pourquoi êtes-vous ici ?
Ombre douce, pile, étrange comme l’herbe !
Vous, ni coquillage ni faisan ni chat
Juste un fantôme à l’air triste !
De l’ombre errante de votre corps
Comme dans la ruelle d’un pauvre village de pêcheurs on sent une odeur de poisson pourri
Dont fondus au soleil les viscères poisseusement puent
Tristes, accablants, c’est l’odeur d’une mélancolie vraiment insupportable.
Ah, moite comme ce soir de printemps
Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle !
Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité
Et quelle tristesse !
Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant
Et dans le paysage vague du Néant
Ravissants visqueusement penchent !

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration

 

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CONFESSION (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018




    
CONFESSION

Quelle chose est difficile à cacher ? Le feu !
Car le jour il se trahit par la fumée,
La nuit par la flamme, le monstre.
Difficile à cacher est aussi
L’amour : si secrètement qu’on le nourrisse,
Il jaillit pourtant aisément des yeux.
Mais ce qu’il y a de plus difficile à cacher c’est un poème,
On ne le met pas sous le boisseau.
Si le poète vient de le chanter,
Il en est tout pénétré ;
S’il l’a élégamment calligraphié,
Il veut que le monde entier l’aime.
Il le lit à chacun, joyeux et à voix haute,
Peu lui chaut qu’il tourmente ou édifie.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Tu restes bien coiffé (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Tu restes bien coiffé ,
habillé élégant,
beau comme prêt à partir

(Valérie Rouzeau)

Illustration: Paul Merwart

 

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Des flocons de soie (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017




    
Des flocons de soie

― On a vidé le lit de nos âges poudrés
Par des frimas, l’hiver est une citadelle
Sculptée de sable fin, des beaux grains micacés,
D’un écran flamboyant ! Jaillit une étincelle !

Ma mémoire repeint les murs des autrefois,
Le verbe parfumé s’est fait chair élégante,
Brasille la beauté d’un ravissant minois
Revêtu d’un levant à la folie fringante.

Le temps a transpercé l’hôtel d’une avenue
Bordée d’une promesse engagée, le lointain
A façonné mes feux, une flamme apparut
Dans les ruines de l’aube ainsi fleurit la fin.

L’ange enleva son voile embelli de poussières
D’étoiles, un baiser s’assoit avec douceur
A l’orée de l’amour, ses lèvres cotonnières
Sont ourlées de flocons de soie, et de bonheur !

(James Denis)

 

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Chuchotements (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Chuchotements

Au bord d’un lac glacé, un vestige miroir
S’est dévêtu d’un gel qui ornait sa guêpière
D’un soupir noir, Vénus était beauté d’un soir,
Un secret décoiffé par un fil de lumière.

Un sombre désespoir au regard de satin,
Un esprit engorgé d’acide ! Des étoiles
Aux paupières de sang se sont émerveillées
En s’aveuglant d’un ciel bleu au petit matin.
Chaussés de sable fin les rides sont les voiles
D’un secret s’accrochant à des Lunes fardées.

L’éclat s’est assoiffé de plaisirs élégants,
Les racines de l’âge ont sucré mes entrailles,
Un gout de miel poivré de souvenirs fondants,
Chuchote ainsi l’amour aux douces funérailles.

(James Denis)

 

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MONK EN SON SILENCE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
MONK EN SON SILENCE
pour Yves Buin

Corps et cosmos synchronisés —
la musique naît en moi
sans arrêt

*

Présence absente
absence présente —
un imprécision qui tombe pile

*
Je flotte en dansant —
je rends
plus élégante

*

Chantiers d’énigmes
plénitudes ambrées —
je suis le maître de la dislocation

*

Une musique espiègle —
au beau milieu
d’un champ de ruines

*

Sentinelle de l’insondable —
d’une seule pièce
parce que démembré

*

Je joue au dépourvu —
j’appartiens
à la lignée du murmure farouche

*

D’espace en espace —
aspiré
par un seul point de beauté

*

Silence —
le fakir en sueur
rentre dans sa coquille d’absolu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Ô ange de lumière (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Ô ange de lumière à l’irrêvée splendeur,fascinante beauté aux formes ravissantes,
admirable joyau de la création, étoile irradiée des érotiques feux,
diamant d’univers étincelant de grâce, très élégante femme aux généreux appâts,
non je ne trouve pas les mots qui conviendraient à définir ton charme ensorcelant d’amour,
ma lyre se taira pour mieux mettre en valeur les éclairs fulgurants de tes yeux envoûtants,
les accents de ta voix aux tendres inflexions et l’éclat de ton corps aux harmonies divines.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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