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Poésie

Posts Tagged ‘élément’

Le monde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
Le monde est le second terme
d’une métaphore incomplète,
une comparaison
dont le premier élément s’est perdu.

Où donc est ce qui était comme le monde?
Envolé de la phrase
ou est-ce nous qui l’effaçons ?

Ou serait-ce que la métaphore
a toujours été tronquée ?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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La création (Maurice La Châtre)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



Illustration: Remedios Varo Uranga
    
La création, en poésie, en musique, dans la peinture,
n’est qu’une combinaison des éléments de chacun de ces actes,
plus ou moins propre à celui qui la tente, et qu’il a trouvée
avec plus ou moins de bonheur, en venant dans son sujet,
en sondant les ressources, en choisissant parmi elles,
c’est-à-dire en inventant.

(Maurice La Châtre)

 

Recueil: Nouveau Dictionnaire Universel

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L’élément naturel du poème (Gilles Deleuze)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




    
l’élément naturel du poème
est de s’effacer

jamais le poème n’est
a priori. C’est

l’immédiat immense

(Gilles Deleuze)

 

Recueil: Le Pli
Traduction:
Editions: de Minuit

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DÉLIVRANCE (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



flute jpg

DÉLIVRANCE

Sous la pluie des tambours
la tige noire de la flûte
croissait et s’évanouissait reverdissait
Les choses de leurs noms se détachaient
au bord de mon corps
je coulais
entre les éléments déliés

(Octavio Paz)

 

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LES YEUX (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
LES YEUX

Chers yeux si beaux qui cherchez un visage,
Vous si lointains, cachés par d’autres âges,
Apparaissant et puis disparaissant,
Ah! protégés de vos cils seulement
Et d’un léger battement de paupières,
Sous le tonnerre et les célestes pierres
Chers yeux livrés aux tristes éléments
Que voulez-vous de moi, de quelle sorte
Puis-je montrer, derrière mille portes,
Que je suis prêt à vous porter secours,
Moi qui ne suis parmi les hommes
Qu’un homme de plus ou de moins
Tant le vivant ressemble au mort
Et l’arbre à l’ombre qui le tient
Et le jour, toujours poursuivi,
A la voleuse nuit.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je suis si nu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
Je suis si nu

Je suis si nu quand vous êtes absente
que je me cache en mon obscurité.

Ne croyez pas que ce soit par décence.
J’aime être nu. Je parle d’autre chose,
de cette peur de voir les éléments
se réunir pour décider ma fin.

Car même nu, lorsque vous paraissez,
je suis vêtu, je m’habille de vous
et je suis vous qui êtes ma parure
et ma cuirasse — ô beauté, mon salut.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Il piaule des bouvreuils… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Il piaule des bouvreuils…

Il piaule des bouvreuils aux rameaux décharnés;
Sur mes soleils flétris, sur mes espoirs fanés,
Pleurez mon coeur.

Vous êtes dans le vent sinistre et meurtrier
La fuite de l’averse aux cailloux du sentier,
Pleurez mon coeur.

Vous êtes le bouleau que le vent a brisé,
L’oiseau qui sur son nid couve des oeufs brisés,
Pleurez mon coeur.

Les blasphèmes du vent emplissent l’horizon
Comme ceux d’un forcat les murs de sa prison,
Pleurez mon coeur.

Seule une âme comprend tout ce que vous souffrez:
C’est l’âme des grands bois par le vent torturés,
Pleurez mon coeur.

Car ce qui vous console est d’unir, coeur dément,
Vos sanglots forcenés aux cris des éléments,
Pleurez mon coeur.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE PREMIER HOMME (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



LE PREMIER HOMME

C’était comme un arbre né de la terre
Mélangeant à l’ardeur de la terre sa vie,
Et dans le vaste chant des marées hautes
Se prolongeait le battement de ses veines.

Créés à la mesure des éléments
L’âme et les sentiments
N’étaient pas en eux-mêmes des tourments
Mais de graves, grands, vagues
Lacs
Réfléchissant le monde,
Et l’écho vertigineux
De la course de la terre à travers les espaces
Étaient les pulsations de son coeur
S’épanouissant en un rythme parfait
Dans les mouvements de ses bras.

***

O PRIMEIRO HOMEM

Era como uma árvore da terra nascida
Confundindo corn o ardor da terra a sua vida,
E no vasto cantar das maris cheias
Continuava o bater das suas veías.

Criados à medida dos elementos
A alma e os sentimentos
Em si nao eram tormentos
Mas graves, grandes, vagos,
Lagos
Reflectindo o mundo,
E o eco sem fundo
Da ascensão da terra nos espaços
Eram os impulsos do seu peito
Florindo num ritmo perfeito
Nos gestos dos seus braços.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Martin Schoeller

 

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Regarde (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Regarde, chamelier, d’un bout à l’autre de la caravane,
les chameaux sont ivres!
Ivre le prince, ivre le seigneur,
ivres le compagnon et l’étranger
Ô jardinier, le tonnerre du musicien est devenu nuage de l’échanson
Et sont devenus ivres jardins et pelouses,
ivres, boutons de rose et épines
Ô ciel,combien de temps tourneras-tu ?

Regarde le mouvement des quatre éléments !
L’eau est ivre, le vent est ivre,
la terre et le feu sont ivres
Tu vois dans quel état est la forme,
ne demande rien sur l’essence!

L’âme est ivre et la raison de même,
ivre est la terre et ivres sont les secrets
Va, abandonne ta toute puissance,
deviens poussière afin de voir
Atome après atome,
chaque poussière remplie du Créateur Tout Puissant, et ivre !

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Chaque matin (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017



Illustration: Remedios Varo Uranga
    
Chaque matin

Chaque matin je m’efforce de coudre
une pensée à une autre pensée
et chaque soir ma toile se défait.

Jamais la mer n’eut tant de coquillages,
la nuit jamais tant d’étoiles pensives.
L’universel invente l’harmonie

des éléments disparates, et moi
je ne sais pas rejoindre ma parole.
Tous mes pourquoi se dissolvent, mes heures

sont en désordre et mon horloge folle
ne sait unir le temps déchiqueté.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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