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Posts Tagged ‘éléphant’

L’ombre de l’éléphant (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019




    
L’ombre de l’éléphant
et l’ombre du coquelicot
ont le même poids.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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Deux petits éléphants (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019


 

C’était deux petits éléphants,
Deux petits éléphants tout blancs.

Lorsqu’ils mangeaient de la tomate,
Ils devenaient tout écarlates.

Dégustaient-ils un peu d’oseille,
On les retrouvait vert bouteille.

Suçaient-ils une mirabelle,
Ils passaient au jaune de miel.

On leur donnait alors du lait:
Ils redevenaient d’un blanc tout frais.

Mais on les gava, près d’Angkor,
Pour le mariage d’un raja,

D’un grand sachet de poudre d’or.
Et ils brillèrent, ce jour-là,

D’un tel éclat que plus jamais,
Même en buvant des seaux de lait,

Ils ne redevinrent tout blancs,
Ces jolis petits éléphants.

(Maurice Carême)

 

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Les beaux métiers (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



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Les beaux métiers

Certains veulent être marins,
D’autres ramasseurs de bruyère,
Explorateurs de souterrains,
Perceurs de trous dans le gruyère,

Cosmonautes, ou, pourquoi pas,
Goûteurs de tartes à la crème,
De chocolat et de babas :
Les beaux métiers sont ceux qu’on aime.

L’un veut nourrir un petit faon,
Apprendre aux singes l’orthographe,
Un autre bercer l’éléphant…
moi, je veux peigner la girafe !

(Jacques Charpentreau)

Illustration

 

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Le serpent qui danse (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Le serpent qui danse

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de bohème,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur !

(Charles Baudelaire)

Illustration: Isadora Duncan

 

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Proverbes de l’Enfer (3) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
Proverbes de l’Enfer (3)

Les Prisons sont bâties avec les pierres de la Loi,
les Bordels, avec les briques de la Religion.

L’orgueil du paon est la gloire de Dieu.

La lubricité du bouc est la munificence de Dieu.

La colère du lion est la sagesse de Dieu.

La nudité de la femme est le travail de Dieu.

L’excès de douleur rit, l’excès de joie pleure.

Le rugissement des lions, le hurlement des loups,
les fureurs de la mer démontée sont des morceaux d’éternité
trop grands pour l’oeil de l’homme.

Le renard accuse la trappe et non lui-même.

Les joies fécondent. Les douleurs enfantent.

Que l’homme revête la peau du lion, la femme,
la toison de la brebis.

Le nid à l’oiseau, la toile à l’araignée, à l’homme l’amitié.

Le sot égoïste et souriant et le sot sombre et soucieux
seront l’un et l’autre tenus pour sages,
afin qu’ils puissent servir à notre punition.

Ce qui est maintenant prouvé, ne fut autrefois qu’imaginé.

Le rat, la souris, le renard, le lapin regardent les racines ;
le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent les fruits.

La citerne contient ; la fontaine déborde.

Une seule pensée emplit l’immensité.

Sois toujours prêt à dire ta pensée, l’homme servile t’évitera.

Tout ce qu’il est possible de croire est l’image de la vérité.

L’aigle jamais ne perdit plus de temps
qu’à suivre les leçons de la corneille.

***

Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God.
Excess of sorrow laughs. Excess of joy weeps.
The roaring of lions, the howling of wolves, the raging of the stormy sea, and the destructive sword, are portions of eternity too great for the eye of man.
The fox condemns the trap, not himself.
Joys impregnate. Sorrows bring forth.
Let man wear the fell of the lion. woman the fleece of the sheep.
The bird a nest, the spider a web, man friendship.
The selfish smiling fool, & the sullen frowning fool shall be both thought wise, that they may be a rod.
What is now proved was once only imagin’d.
The rat, the mouse, the fox, the rabbet; watch the roots; the lion, the tyger, the horse, the elephant, watch the fruits.
The cistern contains: the fountain overflows.
One thought fills immensity.
Always be ready to speak your mind, and a base man will avoid you.
Every thing possible to be believ’d is an image of truth.
The eagle never lost so much time, as when he submitted to learn of the crow.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Près du lac (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



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Près du lac, un cirque :
Un éléphant qui trompette,
Vagues sur l’eau bleue.

***

A lakeshore circus:
An elephant trumpeting
Waves on blue water.

(Richard Wright)

Illustration: ArbreaPhotos
 

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Chanson des deux éléphants du paradis (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



II était, il était une fois
Deux éléphants qui ne dormaient pas.

Leurs grands yeux constamment allumés
Effrayaient le monde et les années.

On décida de les enfermer.
Mais nul ne put les emmener.

Il était, il était une fois
Deux éléphants qui ne bougeaient pas.

Ils fixaient toujours le même point
Qui semblait, à chaque fois, plus loin.

Aucun fouet ne les distrayait
Nulle douleur, pas même leurs plaies.

Il était, il était une fois;
Deux éléphants qui ne mouraient pas.

On avait beau leur tirer dessus,
Ils gardaient, malgré eux, le dessus,

Espérait-on la nuit les brûler,
Le feu, à leur contact, s’éteignait.

Cherchait-on alors à les noyer,
Devant eux, la mer s’agenouillait.

II était, il était une fois
Deux éléphants qu’on ne nommait pas.

Ils vivaient leurs mille vies secrètes
Dedans leur regard que rien n’arrête.

Avec leur trompe toujours baissée,
Humaient la terre dans ses pensées.

Il était, il était une fois
Deux éléphants que l’on n’aimait pas.

(Edmond Jabès)

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Etait-ce bien un éléphant… (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018


 

Etait-ce bien un éléphant…

Etait-ce bien un éléphant
Qui dansait sur la cheminée?
Il était un peu transparent
Et ne semblait guère plus grand
Qu’une volute de fumée.

Mais peut-être, au fond, fumait-il
Calmement à minces bouffées
En dansant sur la cheminée.
Je ne voyais que de profil
Sa trompe mince comme un fil.

Et il aurait tout renversé
Si je n’avais imaginé
De dessiner un grand dompteur
Qui n’eut qu’à relever le nez
Pour l’envoyer danser ailleurs.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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UNE FEMME PARLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Alex Alemany
    
UNE FEMME PARLE

obélisque de la douceur
sachez que je ne vous ai
point aimé sans que je perdisse
Le sens et sans qu’un pleur de larme
De terreur eût disjoint en deux
Le mаl joint de mon coeur ouvert

Sachez que je ne vous vis point
sans perdre mon nom et ma trace
Et que ce ruisseau de désir

Dans la fosse de jeune cuisse
Je le sentis comme la mort
Incapable d’avoir un Nom

Et puis ivre de clarté fausse
Écrasée aussi de jeunesse
Qui marche comme l’éléphant
J’ai rendu les armes — gardé
Dans le moule de ma beauté
L’obélisque de la douceur.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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