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Poésie

Posts Tagged ‘élever’

Tu es (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018




    
Tu
es
ton présent,
ton fruit :
prends-le
sur ton arbre,
élève-le
sur ta
main,
il brille
comme une étoile,
touche-le,
mords dedans et marche
en sifflotant sur le chemin.

(Pablo Neruda)

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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Le creux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Le creux au fond
des créatures humaines
se ressent certains jours bas
au silence des maisons
il semble que rien ne vaille
des animaux élèvent pourtant
leurs cris stridents
se poursuit ce ruissellement
de l’histoire
par routes et places à tout venant.

(Jean Follain)

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SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION

La blessure est la porte d’entrée
pour te trouver,
le seul organe sensible
à n’êtrе pas leurré.

Ma peau est parsemée de toi,
d’expérience : elle a échappé
à la ruse des autres sens,
à leurs seuils usés par les sensations.

Cette blessure ne doit pas se refermer,
neuve toute pensée dans la chair,
prête à tressaillir, sans mémoire,
irréconciliable, la blessure
te mêlе au monde.

On ne peut rien aplanir,
aucun reste fût-il précieux, la rédemption
est une parcelle de ce mensonge :
un message serait le salut.

Le mouvement n’avance pas
de degré en degré, il n’élève rien,
il tourne autour des lèvres de la plaie,
s’y incruste. Là où il s’arrête,
tu fus dans la sensation la durée même.

***

EINFACHHEIT DER WAHRNEHMUNG

Die Wunde ist das Tor
dich zu finden,
das Sinnessorgan,
das nicht getäuscht wird.

Übersät ist die Haut mit dir,
mit Erfahrung: sie ist der List
der alten Organe entkommen,
ihren abempfundenen Schwellen.

Die Wunde, die sich nicht schliessen soll,
neu jeder Gedanke im Fleisch,
bereit zu zucken, ohne Erinnerung,
unversöhnt, die Wunde
mischt dich und die Welt.

Es ist nicht zu glätten,
kein höherer Rest, der Erlösung
ist der Bruchteil der Lüge :
dass eine Botschaft das Heil ist.

Die Bewegung geht nicht
von Stufe zu Stufe, setzt nichts höher,
sie kreist um den Wundrand,
sie nistet sich ein. Wo sie anhält,
warst du in der Empfindung die Dauer.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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Un rêve (Salvatore Adamo)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    
Un rêve

Un rêve, un rêve,
Un rêve sinon rien
Un rêve qui élève
Qui enivre, qui délivre
Un rêve, pour aller plus loin

Donnez-nous un rêve
Et nous soulèverons le monde
Le rêve d’un rêve
Et nous le chanterons à la ronde

Celui du semeur qui prie pour sa moisson
Ou de l’homme confiant qui construit sa maison
Celui des braves gens qui disent encore bonjour
Et de l’enfant qui rit au bonheur qui l’entoure
Celui de l’ami Pierre, celui de Thérésa
Dans la même bonté Paris et Calcutta
Celui de celles et ceux
Qui cherchent et cherchent encore
Pour rallumer des vies

En réparant les corps

Et celui de John
Si bien imaginé
Celui que personne
N’a encore exaucé

Un rêve, le rêve de ne pas tout gâcher
Le rêve de n’pas tout fiche en l’air
Pour ne pas que la terre redevienne un désert
Sans rêve et sans lumière

Donnez-nous un rêve
Et nous soulèverons le monde
Le rêve d’un rêve
Et nous le chanterons à la ronde

Celui des marins qui ont vaincu leurs peurs
Qui ont défié la mer l’immensité au coeur
Les premiers fous volants,
Ces fiers enfants d’Icare
Jubilants en suspens
Entre le vide et l’histoire

Et celui de tous ceux
Qui inventent du soleil
D’une couleur, d’une note,
D’une image ou d’un mot
Artistes et magiciens
Qui entrouvrent le ciel
Frissons d’éternité
Si chers à Cyrano

Un rêve d’amour
Et de fraternité
Plus fort que les discours
Et les mots frelatés
Celui de Martin,
Celui de Nelson
La couleur de leur peau
Portée comme une couronne

Et celui de John
Si bien imaginé
Celui que personne
N’a encore exaucé

Le rêve, le rêve… La paix

(Salvatore Adamo)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Elles élèvent leurs voix (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Elles élèvent leurs voix contre les dévoreurs de forêt
et demandent grâce pour leurs pères
Si l’on trouve encore de grands arbres centenaires
c’est qu’une nymphe à voix de sirène habite en eux

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Notre soeur (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Knut Ekval 
    
Notre soeur à voix de sirène
plus belle que toutes les voix de sirènes
élève son chant à chaque navire qui passe
afin de le charger d’espoir

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Nos vies (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Illustration: Edouard Drouot
    
Nos vies

Quel repos à l’aventure de vie
si l’étincelle ne ceint plus la terre,
si la pierre ne recèle de
secret
sur les mots d’hier, paisiblement saignés
dans le soir, et l’adieu sur le trottoir?
Silhouette allongeant l’arbre de la main,
ainsi pour élever l’au-revoir
en arme de lumière ; y chante l’antienne,
interrogation sur le point du matin
ou vole des cendres encore chaudes ?

Que vaut la pensée lorsque se joue
la fugue ; la philosophie du soleil
n’éteint pas le feu. Il faut abandonner
le rêve qui ne serait plus qu’un rêve,
car l’étoile seule a droit sur toi.
Homme, ton repos est une fausse note
ton brouillard se lèvera sur l’azur.
Quel usage ferons-nous de nos vies ?
Dériverons-nous sur le chaleil et l’eau ?
car au premier signe il faut guetter
la démesure d’un Absolu possible :

le bonheur parfois s’écrit sur un radeau

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Ceux qui marchent en se tenant par la main (Roberto Fernández Retamar)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Daniele Guido
    
Ceux qui marchent en se tenant par la main,
Avec leurs mains élèvent une tour,
Construisent une maison,
Organisent le monde,
Lavent l’air de ses feuilles mortes,
Saluent l’aube,
Couchent le crépuscule,
Défendent les premiers fruits,
Assurent, affirment, unissent.

Et nous brisent le cœur.

***

Los que caminan cogidos de las manos,
Con sus manos levantan una torre,
Construyen una casa,
Organizan el mundo.
Limpian el aire de hojas rotas.
Saludan el amanecer
Acuestan el ocaso,
Defienden los primeros frutos.
Aseguran, afirman, juntan.

Y nos rompen el corazón.

(Roberto Fernández Retamar)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: anchita Gonzalez Batlle
Editions:

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Un peintre (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Un peintre

Un grand départ d’oiseaux pousse le ciel très haut
Tous les nuages délivrent ton aurore,
Une aurore quand ton corps est nu et reposé
Quand l’âge des lueurs t’abandonne

Mouvement encore ardent de ton enfance
Élevant des tentes grises dans le vent
Ô loi parfaite et vive de ton sang
Et la circulation secrète de tes sueurs

Tu pars pour un repos immense des images
Et tu désires déjà les feuilles
Celles seulement fragiles et jaunes des patries
Quand pour toi j’en recueille en mon fragile sein

Et tu désires encore que l’apparence soit
Toutes les vitres dévoilées
Entrouvre alors cette fenêtre sourde

Pour un ciel un grand ciel sans nuage d’oiseaux.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Qui appelons-nous (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Qui appelons-nous
lorsque le vent cesse enfin
de ramener les ombres
d’un chemin sans issue
autre que ce chemin ?

Qui appelles-tu, et comment.
cherches-tu à élever ton regard
et dépouiller ton âme ?

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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