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Poésie

Posts Tagged ‘éloigne’

Que la nuit et la douceur (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
Que la nuit et la douceur du vent me cachent.
Chassé de chez moi et venu à toi
lent fleuve mon romantique ami.

Je regarde le ciel et les nuages et les lumières
des hommes là-bas toujours de moi
plus éloignés. Et je ne sais ce que je veux
aimer encore sinon ma souffrance.

La lune se cache puis reparaît
– lente manoeuvre inutile
sur ma tête fatiguée de regarder.

(Sandro Penna)

Recueil: Poésies
Traduction: Dominique Fernandez
Editions: Grasset

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MORALE D’ÉTOILE (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2018




    

MORALE D’ÉTOILE

Prédestinée à ton orbite,
Que t’importe, étoile, l’obscurité ?

Roule, bienheureuse, à travers ce temps !
La misère te paraît étrangère et lointaine !

Au monde le plus éloigné tu destines ta clarté ;
La pitié doit être péché pour toi !

Tu n’admets qu’une seule loi : sois pur !

(Frédéric Nietzsche)

 

Recueil: Le Gai Savoir
Traduction: Henri Albert
Editions: Gallica

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Quand la neige s’est effacée (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Quand la neige s’est effacée,
les monts de la sierra
se sont éloignés.
La vallée a reverdi
au soleil d’avril, la vallée
est pleine d’une verte flamme,
pleine d’une vie, sans souci,
et l’âme songe à un papillon,
atlas du monde, et songe.
Avec le prunier en fleur et la campagne verte,
avec la glauque vapeur du rivage,
autour des branches,
avec les premières ronces qui blanchissent,
avec cette douce brise
qui triomphe de la mort et de la pierre,
cette amertume qui m’étouffe
s’écoule en espérance d’Elle…

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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LE RAMEAU GRIS (René Ménard)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



 

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LE RAMEAU GRIS

Mort as-tu cette couleur de bois
Éloigné de la chaleur et du froid ?

Mort as-tu cette pierreuse force
Qui éteint le soleil sur l’écorce ?
Mort as-tu cette droiture négligente
Qui ignore les vents et la pente ?

Fibre oublieuse des racines
A jamais reposée de la sève
Es-tu cette égalité terne
Et les os définitifs de la liberté ?

Es-tu l’attente
La plus proche du feu ?
Toutes les couleurs de la terre
Tournent si vite dans le jour.

(René Ménard)

Illustration

 

 

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OBITUAIRE DU TEMPS PRÉSENT (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



 

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OBITUAIRE DU TEMPS PRÉSENT

Pour lui c’est tout un —
où il commence

et où il finit. Blanc d’oeuf, le blanc
de son oeil : il dit
lait d’oiseau, sperme

coulant de sa propre
parole. Car l’oeil
est inconstant,
s’accroche seulement à ce qui est, ni plus ni moins

ici que là, mais partout, à chaque

objet. Il n’en retient
aucun. N’écrit

rien. Il s’abstient
du coeur

des choses vivantes. Il attend.

Et s’il commence, il finira,
comme si son oeil s’était ouvert dans la bouche
d’un oiseau, comme s’il n’avait jamais commencé

à être en aucun lieu. Il parle

de distances
non moins éloignées que celles-ci.

(Paul Auster)

Illustration: Salvador Dali

 

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Départ (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Départ

Et les armoires se souviennent d’un grand départ clair
Une clef rouille sous la porte
Ton pas soulève encore l’écho
Endormi des passages

Une étoile éloignée te regarde peut-être
T’éloigner des chemins d’épines et de gravats

Retourne-toi encore, mon ami radieux
À quelques pas j’ai déchiré
L’absence qui t’emportait

À quelques pas seulement
Les armoires se souviennent
D’un grand ordre éclairé
Des fêtes dans les aubes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La tempête pleure (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Illustration: Pierrette Lilot    
    
La tempête pleure, tel un violon tsigane.
Fille aimée, méchant sourire, n’ai-je pas
À cause de ton oeil bleu perdu courage ?
Il me faut beaucoup; beaucoup m’est inutile.

Nous sommes si éloignés, si peu semblables —
Tu es jeune et j’ai tout vécu. Bonheur à
La jeunesse, je n’ai plus que la mémoire
Dans cette nuit de neige et de tourbillons.

Personne ne me caresse, la tempête est mon violon.
Ton sourire bouleverse mon coeur comme une tourmente.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Le poète (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
Le poète

Dur d’oreille et sans rêve, peu différent du plus vieux pâtre,
voici qu’un jour aussi peut-être et malgré lui l’esprit s’abat,
perce sa surdité, induisant le murmure — en lui le plus éloigné.

Voici qu’après des millions de tours le sort tombe sur lui,
homme dur comme une bille de lichen ou un fromage;
et dans le coeur pourtant la parole le fend.

La greffe prend à son flanc et maintenant avec une ramure de poème
il ressemble au dix cors de légende qu’il moquait.
La douleur a creusé une fenêtre par les tempes.
Un croisillon de sang draine l’épaisse cornée.
Des morts qui erraient font en lui leur sépulture

Le poète aux yeux cernés de mort descend à ce monde du miracle.
Que sème-t-il sans geste large sur runique sillon de la grève
— où de six heures en six heures pareille à une servante illettrée
qui vient apprêter la page et l’écritoire la mer en coiffe blanche
dispose et modifie encore l’alphabet vide des algues ?
Que favorise-t-il aux choses qui n’attendent rien dans le silence du gris ?

la coïncidence

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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LOIN, LÀ-BAS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
LOIN, LÀ-BAS

Ô boeuf qui soufflait de la vapeur quand un jour je le vis,
tout enfant, sous le soleil du Nicaragua aux ors éclatants,
dans la féconde hacienda, pleine de l’harmonie
du tropique ; ô colombe des bosquets résonnants
au bruit du vent, des haches, des oiseaux et des fringants
taureaux, je vous salue, car vous êtes ma propre vie.

Lourd boeuf, tu évoques la douce matinée
qui appelait à la traite de la vache laitière,
quand mon existence était toute blanche et rosée,
et toi, roucoulante colombe des hautes terres,
tu incarnes dans mon printemps éloigné
tout ce que recèle la divinité printanière.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Je voudrais approcher toujours (Fabienne Courtade)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



 Illustration: Evelyn De Morgan 

    

je voudrais approcher toujours
– et être toujours éloignée
de ce qui me tient

jamais le centre n’est atteint

(Fabienne Courtade)

 

Recueil: Il reste
Traduction:
Editions: Flammarion

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