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Poésie

Posts Tagged ‘éloigner’

L’un de l’autre (Ibrâhîm ibn al-‘Abbâs aş-Şûlî)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




    
L’un de l’autre un adieu sans cesse nous éloigne,
Mais en lui quelquefois la rencontre se déploie.

(Ibrâhîm ibn al-‘Abbâs aş-Şûlî)

 

Recueil: Le Dîwân de la poésie arabe classique
Traduction: Houria Abdelouahed et Adonis
Editions: Gallimard
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Je ne veux pas (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    

Je ne veux pas

Je ne veux pas vous entendre, je veux
vous ignorer tout le temps de la fête.
Si votre main se posait sur la mienne,
je brûlerais — éloignez votre main.

Ainsi parlais-je à la lune, au soleil,
à tout amour inconnu dont les lames
tantôt de mer et tantôt de couteau,
si près de moi luisent comme des crimes.

J’ai si grand crainte — ô mes instants fragiles,
d’être hors de vous, dans un temps hors du temps.
Je suis un oeil, je voudrais me fermer
pour ne plus voir que les eaux du dedans.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Vois-toi dans la rivière (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: Robert Hagan
    
Vois-toi dans la rivière
qui éloigne ton image,
comme s’en vont les soirs
libres de toi à l’oubli.

Incliné dans le geste
qui étanche la soif,
verrais-je au moins une fois
ton visage dans mes doigts ?

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’aveugle de l’aube (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



 Illustration: Carle Van Loo  
    
L’aveugle de l’aube

Beau monde où la lumière est la parabole du don de chair
Pensée du monde où je passe enveloppé de ce qui pense
Tout s’oublie le réel est ce qu’on ne peut oublier
Il ne voulait qu’éveiller tout entre ses bras grandir dans ce qui le liait à son vœu
Les images ont fait la lumière plus seule et le vent et les jours

Je ne suis presque rien je suis ce qui me perd
Tombe pour devenir la main qui te retient
l’homme naît de rêver qu’il ne se connaît pas
Une femme est passée elle devient sont rêve
Rend à l’homme une chair en se prenant pour lui

La nuit a froid
Il est le jour d’avant ses yeux où son regard fit son asile
l’amour de son amour durera sans le voir
Sous tant de chants la même étreinte avec l’oubli la même absence

Il est ce qui la voit comme un espoir dont ce qu’il vit serait l’épreuve
Ton être a choisi ton malheur pour demeurer en toi
L’amour s’unit à ton amour t’écrase avec ce que tu es s’emplit d’un espoir d’outre-tombe
Qui t’enterre en se déterrant

Le son des cloches et l’aurore
et l’oiseau du froid dans ton souffle
entre les ailes de ton souffle
et qu’il soit plus près de toi que ton cœur

Ce que l’aurore a traversé entre les feuilles
et les eaux tous les fantômes des caresses
quand mon regard devient la chair de ce qu’il aime
et que rien ne lui ment

Mon cœur est enterré dans ce qui les éloigne
comme il a sa prison dans ce qui lie les jours
Femme je crie vers toi à travers ce qui passe
pour que mon corps soit mon secret comme le tien

(Joë Bousquet)

 

 

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Seule la caresse peut dissoudre l’angoisse (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
— Comme elle décontracte les muscles noués
seule la caresse peut dissoudre l’angoisse,
spasticité de l’âme que l’espoir abandonne
et qu’aucun discours ne peut distraire du doute ;

Caresse-moi, toi dont j’ignore le nom,
je donne tout pouvoir à tes mains que je baise,
caresse-moi bienfaitrice anonyme
dont je ne veux pas connaître le visage,
caresse-moi, généreuse passagère
qui me calme et t’éloigne avec ton silence ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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J’ignore si demain me gardera intacte (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
J’ignore si demain me gardera intacte
Je dis que l’espoir de se laisser être
Éloigne le désespoir

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

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Yeux d’azur (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Yeux d’azur

Circassienne beauté, ces brasiers lumineux
ne sont pas faits pour le mépris qui blesse,
ou la fureur. Ils offrent, flambeaux généreux,
l’amour qui va nous rendre heureux,
du plaisir la douce promesse.

S’ils étaient faits pour éloigner un coeur aimant,
accroître ses souffrances,
s’ils étaient envoyés par un dieu inclément,
alors la différence

serait nette, et la voûte tranquille des cieux
ne leur donnerait point ce bleu turquoise,
le soleil bienfaisant se soucierait fort peu
de leur offrir ce même feu
qui de désir son corps embrase.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Le mouvement perpétuel (Delphine Popović)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Le mouvement perpétuel

Le désespoir même s’est lassé désormais
de rejouer la partie que je perds toujours
où il m’attend sans surprise
embusqué au bord du chemin
pour m’offrir un moment sa compagnie glacée
et s’éloigne
laissant entre nous la distance de son ombre
qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide
dans l’abîme des rêves sans lumière
que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube
tremblant au fond du chemin.

(Delphine Popović)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’ouverture du miroir et autres poèmes

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Chauve-Souris (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017




    
Chauve-Souris

Vampire sans horreur et Monstre sans effroi,
Chimère sans beauté, Chauve-Souris, ô toi
Qui vas heurtant du front les ténèbres divines,
Ivre d’ombre et d’horreur, de nuit et de ruines,

Comment ne pas t’aimer en pleurant, ô ma soeur ? —
Ta laideur de sabbat éloigne la douceur, —
Ton pitoyable élan se brise dans le vide
Tant l’effort maladroit de ton lourd vol stupide

T’affolle et te tourmente, et ne t’élève pas ! —
Et tes regards meurtris sont aveugles et las
D’avoir trop adoré les astres et la lune…
Tu sembles apporter la sinistre infortune

Et les pressentiments du danger et de la mort
Tandis que l’univers se délasse et s’endort.
Ta muette souffrance erre et rôde et s’égare.
Plein de tâtonnements, ton passage bizarre

Mêle l’inquiétude et la fièvre aux beaux soirs.
C’est toi le frôlement d’étranges désespoirs,
Furtifs, enveloppés de terreur et de haine.

Passe, spectre éperdu, pareil à l’âme humaine
Dans ce qu’elle a de triste et d’ignoble et de beau,
Avec ton corps de bête et tes ailes d’oiseau !

(Renée Vivien)

 

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Le Sablier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Etzy
    
Le Sablier

Le bien-être s’en va de mon corps douloureux…
Et l’ombre revenue emplit encor mes yeux.
O bien-être ! reviens dans mon coeur douloureux !

La terreur d’une proche et certaine agonie
Me hante brusquement d’une horreur infinie
O spectre horrible et prompt de la proche agonie !

Instant inévitable, éloigne-toi de moi !
Je veux vivre et n’ai point la ferveur de la foi
Qui ferait éloigner toute crainte de moi !

Comme en un sablier glisse et coule le sable,
La vie insidieuse échappe, inexorable…
Voici que lentement glisse et coule le sable !…

(Renée Vivien)

 

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