Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘élucider’

Poussière d’étoile (James Noël)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



Illustration
    
Poussière d’étoile

Mille fois
plus que mille fois
vaut mieux être une luciole
rien qu’une luciole
pour élucider dans la nuit
l’éloquence fine d’un grain de poussière
qui attend sa révolution de jour
avec le vent qui arrive
à bout de souffle
charriant dans la gueule
son champ de paraboles du semeur

mille fois
vaut mieux être une luciole
qu’une étoile filante
fiancée à sa chute

(James Noël)

 

Recueil: Des poings chauffés à blanc
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Poème (Pentti Holappa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Heffernan interior3

Poème

Dans l’espace du cerveau, d’imaginaires roses livrent leur parfum,
des vols d’oiseaux, des vols d’étoiles, défient la tempête,
la pensée dessine le retour de l’instant unique.
Soudain, la peau et la toile de chair hurlent,
comme un nouveau-né, terrifié,
goulûment. Les tissus enflent pour devenir
l’humus de la mort, chair d’homme,
une vague opaque balaie les châteaux de sable
bâtis par les pensées.

Jamais le plus ardent des poèmes n’élucidera
l’aigre et furtive jouissance des sens.

(Pentti Holappa)

Découvert ici: Schabrieres

Illustration: Julie Heffernan

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La substance interne (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
La substance interne
n’est plus qu’un oeil

un oeil acharné
à s’élucider

à pénétrer
le plus enfoui

atteindre
le dedans du dedans

là où s’offrent
la paix et la lumière

l’inaltérable joyau
de la haute connaissance

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHIMIE (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Illustration: Gerrit Greve
    
CHIMIE

des vents
des eaux
des rêves
des lumières
les mêmes mouvements composent et élucident
l’ampleur de la course sans dessein

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au fond du visage (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Au fond du visage

Ce n’est pas en une fois
Que je saurai ton visage
Ce n’est pas en sept fois
Ni en cent ni en mille
Ce ne sont pas tes erreurs
Ce ne sont pas tes triomphes
Ce ne sont pas tes années
Tes entailles ou ta joie
Ni en ce corps à corps
Que je saurai ton corps

Ce ne sont pas nos rencontres
Même pas nos désaveux
Qui élucident ton être
Plus vaste que ses miroirs

C’est tout cela ensemble
C’est tout cela mêlé
C’est tout ce qui m’échappe
C’est tout ce qui te fuit

Tout ce qui te délivre
Du poids des origines
Des mailles de toute naissance
Et des cloisons du temps

C’est encore cette lueur :
Ta liberté enfouie
Brûlant ses limites
Pour s’évaser devant.

(Andrée Chedid)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POUR TOI (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017




POUR TOI

Je réalisais pour toi des miracles
Elucidais des secrets bien cachés
Et dessinais sur des papiers
Des silhouettes qui dansaient

Je peignais le vent dans tes cheveux
La pluie sur tes joues
La neige sur tes seins
Et la lumière dans tes yeux

Je faisais voguer sur le vert de la vague
Le vivant vaisseau de nos rêves
Qui virait dans le vent
Loin du rivage des contraintes

Nous naviguions sur des rivières joyeuses
Et quittions ces tristes rivages
Pour des îles rieuses
Sur des mers gaies
Nos chants accompagnaient
Le bruit lourd des vagues

Le vent soulevait cette gracieuse poussière
Sur la route de notre campagne
Où le papillon s’accouplait avec la fleur
Les ailes et les pétales mêlant

La fièvre de leurs couleurs
Chassés de leurs nids les oiseaux
Secouaient la fatigue de leur vol sur les toits

Pour toi
Je ramassais les cailloux du soleil
Et faisais des ricochets de lumière
Sur l’eau trouble de l’étang

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai tracé un dessin sur la terre (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



J’ai tracé un dessin sur la terre :
il donnait la mesure des étoiles du ciel.
Du corps de mon aimée j’ai étreint la douceur
sans rien élucider, du fond de sa pensée …

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Silence dans l’oiseau (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



Silence dans l’oiseau

à tâtons fait son nid.
C’est ainsi que le chant
lentement s’élabore.

Dans l’oiseau le silence
et le vol se conjuguent
pour élucider l’air
et distancer le cri.

Le pollen et l’oiseau
fertilisent l’espace
à force de silence
sous l’aile délébile.

Pour éluder l’abîme
l’oiseau se fait vertige
et se vêt de sa chute :
le risque est sa pudeur.

(Marc Alyn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand on rentre chez soi, délivré de la rue (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



Quand on rentre chez soi, délivré de la rue,
Aux fins d’automne où, gris cendré, le soir descend
Avec une langueur qu’il n’a pas encore eue,
La chambre vous accueille alors tel qu’un absent…

Un absent cher, depuis longtemps séparé d’elle,
Dont le visage aimé dormait dans le miroir;
O chambre délaissée, ô chambre maternelle
Qui, toute seule, eût des tristesses de parloir.

Mais pour l’enfant prodigue elle n’a que louanges…
L’ombre remue au long des murs silencieux :
C’est le soir nouveau-né qui bouge dans ses langes;
Les lampes doucement s’ouvrent comme des yeux,

Comme les yeux de la chambre, pleins de reproche
Pour celui qui cherche dehors un bonheur vain;
Et les plis des rideaux, qu’un frisson lent rapproche,
Semblent parler entre eux de l’absent qui revint.

*

La chambre fait accueil; et le miroir lucide
Pour l’absent qui s’y mire est soudain devenu
Son Portrait — grâce à quoi lui-même il élucide
Tant de choses sur son visage mieux connu,

Des choses de son âme obscure qui s’avère
Dans ce visage à la dérive où transparaît
Son identité vraie au fil nu du portrait,
Pastel qui dort dans le miroir comme sous verre !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Cyn McCurry

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ça a commencé comme ça… (Bruno Doucey)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Ça a commencé comme ça…

Ça ressemble à quoi l’amour?
Comment le reconnaître quand il pointe son nez
à la fenêtre de notre vie?
Peut-on décider de tomber amoureux?
Comment savons-nous que nous aimons?
Ces questions, je me les suis longtemps posées.
Comme tout le monde, peut-être…
Je ne savais pas.
C’est compliqué la vie…

Et puis, un jour, il s’est passé quelque chose.
Comme une étincelle ou le coeur qui fait boum.
J’ai rencontré une personne,
et cette rencontre m’a bouleversé.
J’ai voulu la revoir et la revoir encore.
Lui parler.
L’écouter.
La regarder.

Mon coeur battait la chamade en sa présence.
J’avais envie de toucher sa main,
d’effleurer son bras,
d’approcher mon visage de son visage,
mon corps de son corps.

Je ne pouvais plus dormir,
plus penser,
plus rêver à autre chose.
Je ne savais plus
où j’en étais
ni qui j’étais.
Un temps, je me suis éloigné,pour savoir,
mais l’autre m’a manqué et le mal s’est aggravé.

Alors, je suis revenu pour tenter d’élucider un mystère.
Pour atteindre l’être qui m’enveloppait comme un parfum.
Pour déchiffrer la place que j’occupais en l’autre,
et celle de l’autre en moi.
Pour rechercher des preuves d’amour.
Pour aimer.

Cette irruption brutale du sentiment dans la vie,
cette magie d’une présence,
cette impression de vivre pleinement,

c’est donc cela l’amour?

(Bruno Doucey)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :